Prends l’oseille!

oseille.jpgLe rapport d’enquête de Dominique Tian (Groupe parlementaire UMP) sur les fraudes de l’UNEDIC sera remis en décembre au gouvernement, au moment où la campagne électorale entrera dans sa phase de crise. Et c’est une bombe.
L’affaire, pour des raisons mécaniques, dramatisera le débat sur les questions d’immigration et d’intégration. On sait aujourd’hui que la population immigrée, clandestine ou pas, est celle qui subit le plus lourdement la précarité. Là où la demande est la plus forte, l’offre, officielle ou maffieuse, s’organise. On sera vite tenté de mettre en évidence l’émergence de réseaux crapuleux qui permettent à une communauté donnée, solidaire parce que culturellement homogène, de tirer parti d’un système par ailleurs désespérant en matière de contrôle. L’article de l’Expansion (janvier 2006) qui dénonçait un « réseau turc » en est un signe avant-coureur. On aimerait d’ailleurs disposer de données précises sur les contrevenants aujourd’hui identifiés, afin de raisonner sur des faits, et non sur des perceptions. Les débats sur le net ont immédiatement embrayé sur le thème « à qui profite le crime ? » On ne s’étonnera pas des réponses…
On revient en tout cas au dilemme fondamental qui divise le monde politique français : d’un côté renforcer les contrôles et la répression pour maîtriser les abus, une position Sakozienne qui sera vite taxée de karchérisation de la solidarité, et de l’autre un recours aux valeurs humanistes de partage, vulgate traditionnelle de la gauche, un discours qui sera vite taxé de complaisance irresponsable. En la matière et en France, le discours pragmatique, raisonnable a du mal à exister.
Je crois à un contrôle très strict et à la sanction appliquée, afin de débarrasser du soupçon et de l’amalgame ceux, individus ou communautés, dont l’intégration harmonieuse est devenue une urgence nationale.
La position de Nicolas Sarkozy est claire sur ce point, celle de la gauche aujourd’hui très floue, en dehors de timides et éphémères prises de positions sécuritaires de Ségolène Royal
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