Médias - Parti - Programme - Expérience

tele.jpgCe sont les quatre atouts de tous les candidats (crédibles) à l’Elysée. Encore faut-il les jouer dans le bon ordre et au bon moment. La singularité et la modernité de l’entrée en lice de Ségolène Royal tient à la façon dont, consciemment ou non, elle et son équipe ont exploité ces atouts.
Dans un premier temps, avant les autres, sortir du bois et construire l’image et l’opinion, en s’appuyant sur le maximum de « distinction » : une femme dans un monde d’hommes (ou de femmes trop masculines), jeune et directe dans un monde d’éléphants calvicieux, qui se démarque de la vulgate de son propre parti par quelques positions démagogiques mais secrètement espérées par beaucoup (en particulier par cette tranche oscillante et centriste qui peut faire basculer un scrutin) .
Dans un deuxième temps, exploiter ce capital, puissant mais vide, pour rassembler les fédérations et les militants (on saura vite) en exprimant sa loyauté au programme socialiste et en valorisant son expérience régionale. Expérience ou illusion, d’ailleurs, qui prend une dimension nationale compte tenu du contexte (quel électeur des Bouches du Rhône ou d'Alsace vérifiera le bien-fondé de son action de terrain ?).
Bref, le manque absolu de modernité du projet socialiste contourné par la modernité de la stratégie.