Une femme !?

degaulle.jpgComment ne pas remarquer que les attaques sexistes dont Ségolène Royal a fait l’objet sont toutes venues de l’aile la plus conservatrice de son propre parti (J-L. Mélenchon, L. Fabius, H. Emmanuelli), autrement dit le camp du NON rassemblé soudain pour rire d’une candidature féminine et la refuser par l’ironie. On dit en Asie que l’ironie commence où s’arrête l’honnêteté. Ils n’ont pas ri longtemps…
Comment, également ne pas remarquer que sur la carte, honteuse pour la France, de l’accès à la haute fonction publique pour les femmes, les pays du nord de l’Europe tiennent la corde. Et que justement, ces pays sont ceux qui ont su combiner intelligemment politique sociale et libéralisme économique, comme s’il allait de soi que ce gain de liberté ouvrait aux femmes une voie que tous les caciques leur refusent ?  Certainement une coïncidence… La folie de cette gauche conservatrice (pléonasme?) est d’avoir fait de "social-libéralisme" un oxymoron alors qu’à moins de cinq cents kilomètres, la preuve est faite qu’il est possible d’associer ces deux mots dans une politique fructueuse.
Par ailleurs, aucun des ces pays n’attend de la France la moindre leçon de démocratie. Mais peut-être nos hiérarques malmenés ont-ils une vision archaïque, post révolutionnaire, autoritaire, patriarchale, de la république, et se méfient-il autant de la démocratie qu’ils se méfient des femmes. Que Marianne reste donc un buste dans les mairies, en somme. Pour autant, faire de la féminité un attribut supplémentaire en politique, une valeur en soi, c'est faire l'erreur inverse, comme l'a bien illustré le rapide passage d'Edith Cresson à Matignon. 
Quand viendra donc le temps où l’on ne remarquera même plus que le candidat est une femme, ou le présentateur un noir ?