Facho-coco
Troublante, la similarité de discours - en particulier de la part des sympathisants socialistes - entre ce qui se disait de Chirac dans les années 70 et ce qui se dit aujourd’hui de Sarkozy. « Mais… j’ai peuuur… si Chirac vient au pouvoir… ça sera le fasciiiiiiisme ! ». Il est venu. Ca n’a pas été grand-chose, pas été très clean (on avait été bien préparé), mais en tout cas pas le fascisme. Chaque bloc aime à se faire de gentilles frayeurs. Le fascisme pour les uns, la Commune pour les autres, tant il est vrai qu’en France, le discours raisonnable se voit vite accolé la honteuse étiquette de centriste. Pourquoi cette emphase ? Outre les tropismes culturels français, sans doute pour aveugler un peu cette frange minime d’électeurs qui vote sur le programme et non par réflexe identitaire. La grande majorité de l’électorat vote en référence à sa culture politique d’origine, sans réelle considération pour les discours dont chacun sait qu’ils n’engagent que faiblement le candidat. Le génie de Mitterrand aura été de casser le vote identitaire communiste en créant l’union de la gauche et, ce faisant, en s’appropriant une partie importante de son électorat. Le PC ne s’en est jamais remis. C’est tant mieux.
Le manque de confiance dans les institutions est affligeant. Il n’y a pas plus de risque de voir le fascisme en France avec Nicolas qu’il n’y a de risque à voir empaler les enfants de bourgeois sur les grilles du jardin des Tuileries – la Commune - si Ségolène accède au trône.
claude a écrit :
- la difference entre les deux discours est que la Revolution et la Commune ont vraiment existe, ont fait des milliers de morts et quantite de destruction. le fascisme lui n’a jamais eu prise en France, meme les historiens anglo-saxons, toujours prets a nous trouver des poux sur la tete, s’accordent sur ce point.
- l’affaiblissement du parti communiste tient certainement a la strategie de Mitterand. peut-etre aussi un peu a l’effondrement de l’URSS.
- le manque de confiance dans les institutions est sans doute affligeant, mais assez comprehensible : la Republique est nee dans le sang, a scelle son pacte dans le crime. le pouvoir est constamment l’objet de guerre civile sanglante, la derniere en date ayant eu lieu a la Liberation. il n’est rien de moins assure que la legitimite du pouvoir en France.
- cependant, ces dernieres decennies, les luttes internes se calmaient, seule demeurait la rhetorique enflammee et les exactions de quelques excites. avec les emeutes dans les banlieues, la peur revient pour de bon, en grand, en vrai.
Posté le 27-Oct-06 à 9:12 am | Permalink
olivier a écrit :
C’est bien c’est simple ca permet d’agiter les masses : on sort le loup et on fait peur. Bien sur le loup ne revient jamais comme le petit chaperon rouge le gardait dans sa mémoire. Finalement c’est juste un gros chien un peu méchant.
Mais ce n’est pas parce que les comparaisons sont toujours fausses, qu’il ne faut pas crier au feu, même pour une allimette mal eteinte.
regardez, entre autres, Sarkozy aurait bafoué la présomption d’innocence : Finalement, c’est souvent Sarko qui crie au loup le premier…
Posté le 27-Oct-06 à 1:42 pm | Permalink
Charles a écrit :
Impossible, en lisant l'article du Nouvel Observateur, de ne pas penser à Arnaud Montebourg et ses accusations répétées contre Jacques Chirac. Encore un viol caractérisé de la présomption d'innocence…
Posté le 27-Oct-06 à 3:08 pm | Permalink
olivier a écrit :
la difference est que, Lionel merci, Montebourg n’était pas Ministre d’état, Ministre de l’intérieur, et prétendant au poste de la magistrature suprème…
Posté le 28-Oct-06 à 12:35 pm | Permalink