Du Bolchoï au bolcho

bolchevique.jpgIl y a quelque chose de troublant dans le trajet politique de Laurent Fabius. Comment ce grand bourgeois, brillant cavalier survolant avec élégance le « jumping » d’un jeu télévisé des années 70, appelé très jeune à Matignon pour amorcer le virage pragmatique de la gauche en 1983, un jour nageur de combat dans le port d’Auckland, remarqué pour ses fêtes dispendieuses données en l’Hôtel de Lassay lorsqu’il en habitait les lambris, sommé brutalement de répondre des inconséquences morales et économiques de son gouvernement dans l’affaire du sang contaminé, abhorré (et adoré à l’extrême gauche) pour sa trahison tactique alors qu’il brandissait un imaginaire plan B pour tuer une constitution et relancer l’Europe aujourd’hui groggy, qui peine à se relever sur le ring mondial, comment donc peut-il maintenant s’appuyer sur la gauche de la gauche pour retrouver les ors que la république accorde au premier d’entre les siens ? Addiction ?
La qualité de bretteur est là. Mais rappelons-nous le désastreux face à face qui l’opposa à Chirac lorsqu’il était premier ministre. L’épaisseur physique, émotionnelle, n’y est pas. Peut-être tuée par l’intelligence.
Trop de torsions dans ligne directrice, trop de cynisme, trop d’opportunisme, trop d’incohérence ont eu raison de sa crédibilité politique. C’est justice.