Coup d’état

napoleon.jpgLa similarité entre le protocole de pré-campagne adopté par Ségolène Royal et celui, plus ancien, de Nicolas Sarkozy est étonnante.
1. Apparaître comme un acteur « nouveau », en décalage avec la génération précédente qui ne peut faire grand-chose sur son âge…
2. Une occupation maximale des médias pour créer un effet d’opinion significatif, c’est-à-dire une stratégie sarkozienne dénoncée hier par celle-là même qui l'adopte aujourd’hui.
3. La volonté de se démarquer, et de s’installer au centre du débat en déstabilisant son propre parti par des positions ou des idées qui en dérangent le conformisme idéologique.
4. Une utilisation plus ou moins maîtrisée de la sphère personnelle pour exacerber la singularité du candidat, lui donner chair, en somme, et mobiliser l’émotionnel avant l’intellectuel. (Le cas « c » en a marqué la limite).
5. Un aller et retour permanent entre le domaine des valeurs de la république et la référence à l’action de terrain en éludant ainsi la question difficile de la réforme de l’Etat.

C’est sans doute en cela que l’un et l’autre se voient taxés de bonapartisme masqué, l’un ayant inventé le coup d’état médiatique, l’autre l’ayant repris à son compte. Pour autant, rien ne dit que cette stratégie, qui cible large, soit une garantie de victoire au soir du scrutin, celui des primaires pour la gauche, et très probablement celui de mai pour les deux.
Si les candidats en lice sont bien ceux que l’on imagine aujourd’hui, ils seront à égalité, les rancœurs futures au sein de la gauche n’ayant d’égal que les haines qui traverseront la droite.

Mais si Ségolène a su intégrer un peu de Nicolas, on voit mal encore comment ce dernier pourrait intégrer un peu de la séduction de sa royale rivale.
Quant aux programmes, who cares ?