Le réel et le présent

loupe2.jpgLe monde en entier s’accorde sur le fait que la France est aujourd’hui en difficulté, en particulier du fait de sa lenteur s’adapter à des évolutions internationales auxquelles nul n’échappe. A l’exception du Parti Socialiste qui, à l’inverse, pense que nos difficultés viennent de l’incapacité du reste du monde à adopter ses propres idées, au point d’en faire le fer de lance de sa vision de l’Europe du futur. Le pan B planétaire, en somme. Pour lui, le déclin du pays est une idée de droite, sarkozienne, électoraliste. Nous voilà rassurés.
A preuve, la France reste d’une terre d’accueil économique, comme le souligne le Figaro (samedi 28 octobre 2006) qui célèbre une France au quatrième rang mondial des investissements étrangers, avec 64 milliards de dollars (dont il remarque pudiquement que ce chiffre comprend les opérations financières). En effet, on sait depuis longtemps la place qu’ont aujourd’hui les fonds d’investissement et les fonds de pension anglo-saxons au capital des fleurons de notre économie…
On parle de 120.000 cadres qui ont rejoint l’hexagone, de 7200 chercheurs étrangers dans nos laboratoires et de 256.000 étudiants qui ont choisi notre université (par ailleurs dévastée, là-dessus tout le monde s’accorde). Mais ces chiffres se comparent à quoi ? A quel autre pays européen ou non européen ? Qui sont ces cadres, ces chercheurs, ces étudiants, alors que les ministres français font le tour des campus américains pour essayer de convaincre nos meilleurs éléments de rejoindre le bercail ?
Encore le refus du réel et du présent, du pragmatisme, cette attitude jugée insupportable qui consiste à voir les choses telles qu’elles sont et non comme on les rêve, en ne faisant du « ici et maintenant » fameux des années 80 qu’une évocation jubilatoire du principe de plaisir.
On a joué à cela pendant quelques décennies, plus à l’est, mais la réalité a fait grimacer l’enthousiasme idéologique.