Paris, du donjon à Pol Pot

donjons.jpgQui oserait encore contester l'objectif de diminution de la pollution atmosphérique ? L'automobile en surnombre tue les grandes capitales, Paris comme les autres. Pour autant, on peut discuter la méthode, parfois les résultats. Alors que je m'étonne, au cours d'un dîner, de l'absurde dessin du boulevard Saint Marcel, ou des zigzags contestables de Magenta, un convive Vert parisien me répond: "Ca, c'est plutôt marrant". Léo Ferré disait "On peut rire de moi, ça dépend de quel rire…". Tout est là.
Les quelques portraits distillés par le service de presse très actif de Denis Baupin, adjoint aux transports à la mairie de Paris, donnent quelques éléments de réponse, pas des plus rassurants.
Quelques signes faibles mais qui, associés, permettent de mieux comprendre la méthode. Selon le Monde, il a sacrifié sa passion du jeu, et du jeu de rôle en particulier pour la politique. Question de disponibilité. De Donjons et Dragons au plan masse de la circulation parisienne, apparemment, un petit pas. Et quand on sait combien ces jeux sont l'expression fiévreuse, chez les adolescents, de la frustration d'impuissance, on comprend mieux la jouissance explicite de se voir offrir Paris comme défi. En effet, "c'est plutôt marrant…"
A quoi s'ajoute, dans les mêmes articles, l'évocation des valeurs politiques qui sous-tendent l'action des principaux responsables verts de la mairie. "Khmers verts" contre "Mao verts" dit la presse… Baupin contre Lemaire ou Contassot… On rit moins quand on sait ce qu'on été historiquement le parcours et l'action politiques de ces modèles, et la nature du pouvoir qu'ils ont exercé.
On retrouve masquée derrière le prétexte d'un nécessaire volontarisme, une vision de l'action politique quasi névrotique, portée par un élu qui jouit de son propre pouvoir et qui trouve dans ses erreurs (marrantes) et dans le mépris de l'administré les preuves de son omnipotence (magique).
Dans le parcours du donjon, Denis engrange ses "pouvoirs" comme un gamin frustré s'habille d'une nouvelle épée.

Commentaires (4) to “Paris, du donjon à Pol Pot”

  1. Une fois de plus c’est la question de la méthode qui est en cause. Et qui fait la différence. Combien de réunions de “concertations” où la partie en position de force arrive en expliquant ce que seront les résultats de cette concertation…Face aux syndicats, aux associations, et même à la représentation nationale, le pouvoir (gouvenrment, mairie, conseil général,..) explique ses raisons plus souvent qu’il ne les discute. Et boum, 2 millions de personnes dans les rues contre le CPE.

    La méthode de gouvernement, l’intégrité des hommes qui l’exerce, devrait être au centre de la campagne interne du PS comme de la campagne présidentielle. Ce serait un moyen d’aborder la question du doute démocratique actuel.

    Et les jurys populaires ne sont pas à mon avis la bonne réponse à cette question. Mais elle mérite d’être posée ouvertement.

  2. Accuser la méthode est une façon aisée d’éviter le débat sur l’objectif. Je ne vois pas d’abus de pouvoir dans la méthode employée par nos élus Parisiens. Ils exercent le pouvoir que leur électeur leurs ont attribué, pas plus. l’usage du pouvoir brutalement et sans concertation est fort heureusement possible sinon pourquoi aurait on besoin d’alternance ? cet argument de la méthode est d’ailleurs régulièrement employé pour contester l’action des verts en général. En effet il est très “politiquement incorrect” de refuser une action politique qui vise à diminuer la pollution, à améliorer l’environnement et l’urbanisation, et à préserver notre planète en général. Pourtant le problème est bien là et il n’est pas accessoire de se poser la question de savoir pourquoi ce sont ceux qui défendent, ou ont défendu, des thèses totalitaires (mao, troskiste, khmer…) et le bonheur du peuple malgrès lui , qui se cachent, comme dérrière un cache sexe, des argument si irréfutable et quasi-universels . la défense de l’environnement n’est pas le monopole des verts, reprise aujourd’hui par la totalité du paysage politique. Alors qu’est ce que les verts cachent dérrière un programme politique uni (vert), monocorde, monomaniaque, monolithique ?
    le retour d’une petite bourgeoisie d’apparatchik décidé à confisquer le pouvoir à leur seul profit et pour le bien de tous. comme ils ont su confisquer des quartiers de Paris et s’enfermer dans leur ghetto.

  3. D’abord le blairisme triomphant et méprisant, ensuite le crachat sur les rôlistes.
    Dieu sait qu’on en voit des cons sur le Net, mais vous, vous êtes superbe.

  4. Du rôlisme aux rollers… pour circuler. Merci, Tony, d’en être resté au vouvoiement.

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