La rupture a eu lieu!
La pensée libérale progresse en France. Quinze ans après les autres. Un sondage La Tribune - IPSOS montre quelques surprises. Pour 54% des français, aller vers plus de libéralisme est une bonne chose, avec une pointe à 60% pour les jeunes et 50% chez les fonctionnaires. La rupture libérale, prônée par la partie la plus progressiste de la droite, aurait-elle eu lieu à gauche, illisible sous le discours convenu des politiques et celui, paresseux, de la presse?
Elle expliquerait soudain le décrochage – et l'erreur de stratégie – d'un Laurent Fabius au cours des primaires. L'attaque frontale contre la "spirale libérale" - qui s'appuyait sur une analyse incomplète de l'échec du référendum - n'a fait recette ni chez les jeunes, ni chez les mystérieux nouveaux adhérents. Ils ont sans doute vu dans "l'imposture crypto-blairiste" de Ségolène Royal une réponse pragmatique et sensée à la situation de la France (jugée déclinante par 54% des Français). Son intuition aura été la bonne, celle de choisir une voie que l'aveuglement dogmatique des anciens rendait tabou, qu'il s'agisse d'économie, de durée du travail ou d'insécurité. Quant à la notion de rupture, elle est acceptée par 48% des français, le plus haut score.
Ainsi c'est au sein même du PS que se fait aujourd'hui la rupture, entre ceux qui se demandent "ce qu'ils vont faire", et ceux qui embarquent sur le navire de la Royal. Sommes-nous pour autant débarrassés de cet absurde anathème qui faisait que toute évolution de nos mentalités en faveur d'un peu de dérégulation était immédiatement suspectée d'ultralibéralisme? Est-ce enfin l'émergence d'un discours raisonnable, sans cet "ultra" qui bloque tout et enferme chacun dans sa propre caricature ? Nous verrons pendant la campagne… L'entrepreneur, cet ennemi de classe, qu'il faut entraver et briser à tout prix, pourrait même devenir un acteur positif du système comme le montre également l'étude. Les grandes entreprises, elles, subissent encore le poids de vingt années de délocalisations et de réductions d'effectif. Pourtant, 57% des français sont favorables à un assouplissement des règles en matière d'embauche et de licenciement…
Ce que la droite libérale et modérée appelle de ses vœux s'accomplit et lui donne raison, mais Nicolas Sarkozy saura-t-il en exploiter le mouvement quand Laurent Fabius aura opportunément rejoint Jack Lang dans le chœur social-libéral des Ségo Boys?
La 7ème mort du prince.
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