Frères humains, qui après nous vivez…
Sunday, December 31, 2006
Drôle d'année sur le toboggan des voyages, à se perdre dans les bizarreries du temps, à errer entre fuseaux et heures perdues, entre crépuscules trop lents vers l'ouest et aurores-minute vers l'Asie. Relent des matins glauques d'aéroports quand la bétaillère libère ses clones. Et le soupçon dans l'œil de celui qui tamponne, où qu'on soit, et la passion pour ces villes, pour ces gens étranges, pour toutes ces images qui s'arrêtent hélas sur la dernière, celle du corps d'un pendu.
Meilleurs vœux, santé, bonheur et succès…
La France vue de loin comme de près, on la résume en un mot, en un nom: Zidane. "Vous êtes français? Ah, Zidane! Coup de boule! Ah ah ah! Yes, yes, great Zidane!" (Shanghai, Lima, Sidney, Buenos Aires, Sao Paulo, Johanesbourg, Séoul, Santiago, San Jose, Bangkok, Taipei, etc…). Je dis bien, d'où qu'ils soient, ça les a fait marrer, ils comprennent.
Ce que confirme d'ailleurs le Journal du Dimanche (31 décembre) en publiant son top 50 des personnalités préférées des français. Trio gagnant, le même qu'en 2005, Zidane, Noah, Hulot. L'intégration réussie, la télé-écolo.
Qu'on ne me fasse pas dire ce que je n'ai pas dit mais – biais sexiste de la liste proposée ? le journal ne dit pas comment elle est construite - il n'y a que huit femmes sur les cinquante nominés. Les autres sont des hommes. Je crois. Ca fait 16%. Où est la parité? Voyons de près. Dans l'ordre: Mimie Mathy (4ème), Sœur Emmanuelle (8ème) et Ségolène Royale (23ème), la martyre, la sainte et la mère de famille, et trois positionnement de générosité énergique. Trompe l'œil ou réalité, on n'en sort pas. Suivent Muriel Robin, Simone Weil et Claire Chazal.
Pour les sex-symbols on verra en 2007.
Pour le reste on est dans la confirmation, les lauréats se partagent entre la télé, le sport, la chanson et le cinéma. A l'année prochaine.
En filigrane de cette fin d'année médiatico-compassionnelle où la politique - obscène, comme toujours - se joue au bord du canal Saint Martin, je crains qu'on ne retienne que cette image, celle de ce type qui va mourir, celle du pendu, avec au cœur le paradoxe de la justice rendue à l'encontre du monstre et de la compassion pour l'homme.
"Hommes, ici n'a point de moquerie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !"
Gravure et citations: François Villon
Rentrer d'Arabie Saoudite et trouver la blogosphère parisienne balayée par le tsunami de la War On Christmas… ça interpelle. Si j'ose dire. La presse anglo-saxonne s'émeut de voir Noël - une fête qu'on disait chrétienne - dissoute dans le méchant brou du politiquement correct. Tabou! Noël est un gros mot. On en est presque à se souhaiter "Bon Solstice" du côté de Boston, dans les banques de Londres ou à Paris dans le 11ème arrondissement converti au
Quelques hiérarques socialistes, anticonstitutionnellement entravés depuis 2005 dans le grand sac du NON, nous offrent aujourd'hui quelques contorsions réjouissantes pour en sortir. C'est Noël. Montebourg, le premier, a repéré la truffe. Bravo. A leur tour, Mélenchon et Chevènement, artistes d'exception, ont amorcé quelques jolies figures dans l'axe d'un strapontin et de quelques circonscriptions. Après la magie des contorsionnistes, les clowns, et nous savons tous qu'avant peu Fabius émergera sous les lambris qu'il affectionne. N'a-t-il pas toujours cru en l'Europe?
Une société doit savoir nommer le mal. N'est-il pas le premier des repères? Faute de quoi l'énergie flotte et se consume sans but, voire se retourne dans une volte-face suicidaire. La décadence.
Le match va enfin commencer puisqu'à la surprise générale Nicolas Sarkozy s'est imposé comme LE candidat à même de rassembler le front anti-dirigiste. L'impétrant devrait vite recevoir l'adoubement du Président, après ultime négociation du plan de recasage des amis de toujours.

… is equal to the love you make.



Abonné depuis peu à Désir d'avenir, je reçois par e-mail l'oracle quotidien de M-SR. Le poulet de ce matin parle d'Europe: "Il nous faut construire l'Europe des gens, qui réussit à lutter contre le chômage, contre la vie chère, contre toutes les formes de précarité. […]. Il nous faut construire aussi l'Europe de la matière grise, de l'intelligence, des qualifications, l'Europe de la recherche, de l'environnement et de l'après-pétrole." Vous avez bien lu et compris. Ctrl+H, remplacez "Europe" par "France" et vous savez que la victoire de mai ne sera pas hexagonale, mais européenne, voire globale. La croisade est engagée, retour au rayonnement de la France, une idée dont on parlait moins. Marie-Ségolène had a dream. Les maux du pays sont ceux de la planète, donc leurs remèdes dans l'intelligence collective du peuple français – qui nous a conduits où nous sommes. Nous offrirons au monde le projet socialiste et les 35 heures comme les américains la démocratie en Irak. Avec le succès que nous savons.


On rêve d'un débat télévisé George Frêche – Jean-Marie Le Pen. Mais en face à face, pitié, pas le truc des pupitres, œillades en coin, sourires crispés, cher camarade… Et pourquoi pas un deuxième tour?
Ségolène Royal frappe un grand coup. Elle crée la surprise, voire la stupeur sur la scène mondiale en suggérant depuis Beyrouth une conférence internationale sur le Liban – un choc pour le monde, une approche inédite. Elle ouvre la voie vers un dialogue sous conditions avec la Syrie. Bientôt les "Accords de Melle". Un désir s'exporte…
Règle de base de marketing: lorsqu'un acteur nouveau apparaît sur un marché, il ne se contente pas de faire émerger une référence nouvelle, il modifie mécaniquement la position de tous ses concurrents. Et voilà Ségolène. Et ça bouge à peu près partout sur l'échiquier, passées quelques semaines de stupeur générale.
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