And in the end, the love you take…

beatles.jpg… is equal to the love you make.
Rien à voir avec Ségolène. Membre à vie du Club des Quatre de Liverpool – chapitre français animé depuis toujours par le dévoué Volcouve – je ne vais pas en rester là et passer sous silence la sortie de Love, le cru 2006 des Beatles rescapés.
Donc le Mac a mangé la galette et c'est parti.
D'abord le choc, la perfection vocale des chœurs de  Because, inégalable, a capella… très grosse déprime chez les Beach Boys, c'est sûr. Suit une intro de Get Back, mâtinée de drums arrachés à la face 2 d'Abbey Road, qui mute soudain en Glass Onion et échoue dans un Eleanor Rigby qui touche à la perfection. Ouf. Mais il en va ainsi du reste, mélange de collages hasardeux et de masterisations parfaites. Des cordes comme on ne les avait jamais entendues, tout leur parfum de colophane et de bois ancien est là, qui vibre dans la pièce. Guitares électrique mordantes (elles sont trois, en entrelacs pour déchirer Revolution), on ferme les yeux, on est assis devant le Vox de John, dans la déferlante sonore. Enfin, double hommage, on suit note à note les basses mélodiques de Paul, et l'injustice faite à Ringo éclate au grand jour (non mais qui avait entendu la caisse claire hyper-tendue de Help?).
Pour autant, question Beatles, je reste assez tradi. Il ne faut pas me les triturer trop, les quatre. Et le petit Martin a dû se paumer dans ses fichiers Pro Tools parce que d'un seul coup, ça déconne complètement. Qu'est-ce qui lui  pris de tout mélanger comme ça? Et d'ailleurs, quelle légitimité il a, le "fils de". Il devait être à peine né quand Yoko démarrait la psychothérapie du groupe. Non mais qu'est-ce qu'il a voulu dire? Faudrait pas le lâcher dans un musée, celui-là. On retrouverait Mona Lisa incrustée dans le Déjeuner sur l'herbe, la Belle Heaulmière de Rodin repeinte façon Niki de Saint-Phalle. A quoi ça sert de montrer que la grille de Good Night peut habiller Octopus Garden? Pour information, on peut très bien chanter Tous les garçons et les filles sur celle de Belles Belles Belles (Cloclo). Essayez.
J'ai écouté, et écouté encore, redécouvert le quatuor de Yesterday, retrouvé la voix de cristal de George dans la version Anthology de While My Guitar Gently Weeps, bien orchestrée par George Martin (le père),  et halluciné une fois encore sur le texte du Walrus.
Je me suis dit que non, on n'avait pas fini de parler du Sergent Poivre.
Tentation régressive?