Au Pays de l’Or Noir

jeddha1.JPGIl fait nuit à Djeddah. Le long de la baie, une sculpture monumentale tous les cents mètres. On sent l'achat par lots de vingt-cinq dans les grandes galeries du monde entier. Plantée au milieu de la baie, la colonne d'eau pulsée à trois cents mètres de haut et son immense panache qui ondule dans la lumière blanche des projecteurs. On a le Manneken Pis qu'on peut. Un autre plat pays, en somme, mais on rigole moins que sur la Grand-Place. On ne rigole pas du tout d'ailleurs. Pas d'alcool. Pas de discothèques. Ombres rares, furtives et voilées de noir des quelques femmes que l'on croise. L'Arabie Saoudite, c'est premièrement du pétrole…
Non, on ne rigole pas. Pour les distractions, c'est Dubai. Ici, le journal annonce les exécutions capitales, au sabre, une par mois en moyenne, sur un parking en centre ville. On vient en famille. On décapite. On passe le jet et les voitures peuvent revenir. Grosses cylindrées.
Les Saoudiens qui travaillent sont fonctionnaires, banquiers, employés de la compagnie aérienne nationale. Prestige. Les autres sont des expatriés de la région, Egyptiens, Jordaniens, Palestiniens, Syriens, Pakistanais pour les cad