La défaite de Noël

huitres.jpgRentrer d'Arabie Saoudite et trouver la blogosphère parisienne balayée par le tsunami de la War On Christmas… ça interpelle. Si j'ose dire. La presse anglo-saxonne s'émeut de voir Noël - une fête qu'on disait chrétienne - dissoute dans le méchant brou du politiquement correct. Tabou! Noël est un gros mot. On en est presque à se souhaiter "Bon Solstice" du côté de Boston, dans les banques de Londres ou à Paris dans le 11ème arrondissement converti au Radical-Chic néo-païen. On nous ressert encore le mercantilisme de l'événement, l'insupportable orgie des grands magasins, des cadeaux, des marchands du temple, on compte une à une les calories qui étouffent la chrétienté pendant deux jours, avant que le païen qui sommeille en chacun ne prenne le relai à la Saint-Sylvestre. Huîtres et foie gras double, entrailles où se lit notre avenir compromis. Bref, pour ne vexer personne, on se doit d'oublier qu'il y a en France au moins un clocher par village…
Quelle connerie!
Pourquoi ce choc au retour du Moyen Orient? Parce qu'au départ - Hadj oblige - j'étais entouré de types en peignoirs qui grelottaient depuis un quart d'heure dans la navette qui nous conduisait à l'avion. Parce qu'à Djeddah dans ma chambre d'hôtel, un sticker placé sur ma commode me désignait la direction de la Mecque. Parce que le lendemain matin, le muezzin était à l'œuvre avant le wake-up call. Parce que les réunions de travail s'interrompaient en milieu d'après-midi pour la prière. Parce qu'en entrant dans l'avion de Saudi Airlines, au retour, l'écran indiquait notre position. Pas par rapport à Paris, mais par rapport à la Mecque… Une semaine de rappels permanent, spatiaux, temporels, vestimentaires, spirituels et mentaux.
L'islam ne craint pas la perte de ses repères et se nourrit de leur puissance.