Frères humains, qui après nous vivez…

villon.jpgDrôle d'année sur le toboggan des voyages, à se perdre dans les bizarreries du temps, à errer entre fuseaux et heures perdues, entre crépuscules trop lents vers l'ouest et aurores-minute vers l'Asie. Relent des matins glauques d'aéroports quand la bétaillère libère ses clones. Et le soupçon dans l'œil de celui qui tamponne, où qu'on soit, et la passion pour ces villes, pour ces gens étranges, pour toutes ces images qui s'arrêtent hélas sur la dernière, celle du corps d'un pendu.
Meilleurs vœux, santé, bonheur et succès…
La France vue de loin comme de près, on la résume en un mot, en un nom: Zidane. "Vous êtes français? Ah, Zidane! Coup de boule! Ah ah ah! Yes, yes, great Zidane!" (Shanghai, Lima, Sidney, Buenos Aires, Sao Paulo, Johanesbourg, Séoul, Santiago, San Jose, Bangkok, Taipei, etc…). Je dis bien, d'où qu'ils soient, ça les a fait marrer, ils comprennent.
Ce que confirme d'ailleurs le Journal du Dimanche (31 décembre) en publiant son top 50 des personnalités préférées des français. Trio gagnant, le même qu'en 2005, Zidane, Noah, Hulot. L'intégration réussie, la télé-écolo.
Qu'on ne me fasse pas dire ce que je n'ai pas dit mais – biais sexiste de la liste proposée ? le journal ne dit pas comment elle est construite - il n'y a que huit femmes sur les cinquante nominés. Les autres sont des hommes. Je crois. Ca fait 16%. Où est la parité? Voyons de près. Dans l'ordre: Mimie Mathy (4ème), Sœur Emmanuelle (8ème) et Ségolène Royale (23ème), la martyre, la sainte et la mère de famille, et trois positionnement de générosité énergique. Trompe l'œil ou réalité, on n'en sort pas. Suivent Muriel Robin, Simone Weil et Claire Chazal.
Pour les sex-symbols on verra en 2007.
Pour le reste on est dans la confirmation, les lauréats se partagent entre la télé, le sport, la chanson et le cinéma. A l'année prochaine.
En filigrane de cette fin d'année médiatico-compassionnelle où la politique - obscène, comme toujours - se joue au bord du canal Saint Martin, je crains qu'on ne retienne que cette image, celle de ce type qui va mourir, celle du pendu, avec au cœur le paradoxe de la justice rendue à l'encontre du monstre et de la compassion pour l'homme.
"Hommes, ici n'a point de moquerie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !"
Gravure et citations: François Villon