Les affres de la toise
Wednesday, January 31, 2007
Le problème des classements et des comparaisons, c'est que ça oblige à classer et à comparer. Non? Et ça, ça n'est pas égalitaire. Il y a un risque majeur, on pourrait voir qui sont les bons et qui sont les mauvais. Et ça pourrait faire des vagues… dit le Ministre.
Ce qui fait que lorsque paraît le classement mondial des universités, proposé par Shanghai Jiao Tong University, on en conteste avant tout les critères. La preuve? Facile, la meilleure université française n'apparaît qu'au 45ème rang en 2006, derrière, les Anglais, les japonais, les canadiens et, écrasant tout le monde, les Américains, ces types idiots qui prônent cet insupportable inceste entre recherche, universités et entreprises. Un baromètre honnête nous aurait naturellement mis en tête…
Et cette semaine, nouveau pavé dans la mare! La valorisation de la recherche en France. Les analyses du collectif crypto-syndicaliste Sauvons la Recherche se trouvent mises en question par un rapport réalisé par l'Inspection Générale des Finances et l'Inspection Générale de l'administration de la Recherche et de l'Education Nationale. Conclusion du rapport? Le secteur est moins performant que celui de nombre de nos voisins et pourtant davantage doté en ressources. Mais des conclusions qui ne placent pas la France en tête sont forcément "grossièrement fausses et ne peuvent être apportées, dans cette forme lapidaire, que par des ignorantins" s'insurge le Ministre. (voir le CV des ignorantins… c'est édifiant). La polémique sur la santé de la recherche en France n'est pas nouvelle. Ceux que le sujet intéresse peuvent consulter l'excellent Blog Sur Science.
Derrière ces débats souvent vifs, le même syndrome, celui du refus systématique de voir le réel et de s'y confronter. En refusant les chiffres, par exemple, on fait du "déclin" le "déclinisme", c'est-à-dire une tendance parmi d'autres, une idéologie à combattre, une position électoraliste. On sort du réel, on entre en politique, un tour de passe-passe rhétorique tellement usé qu'il en est transparent.
Mesurer c'est accepter de ratifier des performances et des échecs, c'est aussi mettre le doigt sur des abus, des passe droits, des compromis politiques crapuleux, des fonds de commerce inavouables, toute cette cuisine publique qu'on ne veut pas connaître. Mesurer c'est, pour le politique français traditionnel, prendre le risque de "faire des vagues" et d'être soudain confronté à la peur ancestrale de la secousse révolutionnaire. Mieux vaut la complaisance. Mieux vaut l'abandon progressif des principes, et préférer à la grandeur des Trente Glorieuses le confort médiocre et sans avenir des Trente Piteuses que nous venons de vivre.
Pire que tout, il se pourrait qu'un jour, quelqu'un de mal intentionné compare et mesure enfin le Grand Interdit, et qu'on se rende compte que le monde entier, finalement, ne nous envie pas nos services publics.
Une secousse terrible!
Vignette: Isaac Newton




A l'époque je n'avais pas ce blog. J'étais donc salement énervé ce jour là, seul sous la douche. J'en ai fait tomber mon Ushuaia au monoï. Mais revenons sur les faits, Ségolène, avant même le Débat des Primaires Socialistes (DPS), commençait à bourder lourd. Elle ne savait pas combien la France possédait de sous-marin nucléaires! Un détail quoi. (Non, Ségolène, un sous-marin "nucléaire", ça n'est pas un sous-marin qui a un noyau, c'est l'une des clés de la stratégie de la dissuasion française). Un détail oui, pour celle à qui les militants devaient très vite et en toute confiance déléguer la responsabilité d'appuyer sur le bouton, en cas de victoire au deuxième tour. Cheffe des armées, elle serait. Et des boutons, combien y'en a? J'appuie où? Où est la touche Eco? D'accord c'est affligeant mais ça n'a pas empêché Royal de battre les deux autres à plate couture. Et la dissuasion nucléaire française a été revue depuis par 22 profs barbus à catogan au cours de quatre débats citoyens hyper-créatifs au Lycée Pierre Brossolette de Guéret.
Marie-Georges Buffet et François Hollande partagent un vrai désir d'avenir. Politique, je veux dire. Ils promettent de casser les riches. Ils ne les aiment pas, on le sent bien, ils l'ont dit. Etre riche - ou vouloir le devenir - c'est sale, c'est un péché. Que les entrepreneurs aillent s'éclater chez ces salauds de Suisses ou d'Anglais, cette racaille libérale, cette pourriture capitaliste, ces verrues. Il restera en France ceux qui font le coeur de la gauche, ceux qu'elle aime: les fonctionnaires pour obéir, les salariés pour les financer, les chômeurs pour se taire et les sans-papiers pour se donner bonne conscience au 20 heures les jours de régularisation. Enfin, des citoyens qu'on contrôle vraiment et qui, rassemblés, constituent les forces vives d'une vraie RDF (République Démocratique de France). Les riches, François et Marie-Georges leur feront rendre gorge, d'abord fiscalement, ensuite on verra. Au-dessus de 4,000 euros, on écrête. L'ISF, on le quadruple.
Il est sorti, chez
Janvier 2007, Channel 4, en Angleterre, diffuse sa fiction The Trial of Tony Blair, (le procès de Tony Blair), une "fiction" qui met en scène le Premier ministre britannique plusieurs années après qu'il ait quitté la pouvoir. Aux Etats-Unis, Hillary Clinton en est à son second mandat, Gordon Brown est installé au 10 Downing Street. En Irak, la spirale de l'horreur persiste et un Tribunal International est saisi de l'affaire. Tony Blair comparaît et doit répondre de ses décisions. Prudents et donc non signataires, les Américains ne relèvent pas de cette juridiction et font passer un message à Tony, l'allié fidèle : oui, ils auront à témoigner et sans doute à dire sur lui "des choses une peu désagréables" mais ce sont des choses que, naturellement, ils ne pensent pas vraiment. De vrais alliés, de vrais amis.
Marcel Barbu est une belle figure du combat politique français. Le général de Gaulle l'affublait d'un affectueux surnom: "le brave couillon". Autoproclamé "candidat des chiens battus" pendant la campagne présidentielle de 1965, il restera gravé dans le marbre républicain comme celui que son propre discours fit un soir pleurer à la
Fatigation dans le camp Ségo. On craint un peu pour le votage de mai. C'est l'UMP qui trinque et le PS a la gueule de bois. Où est passée l'énergie des vœux? Dur. Trou d'air? Quel trou d'air? On a à peine perdu cinq points dans les sondages…
J'aime les "signes faibles", toutes ces petites infos qu'on lit dans la presse, qui n'accrochent pas vraiment l'attention, qui semblent posées là parce qu'il y avait une colonne à compléter, un article à finir mais qui, rassemblées, mises bout à bout, éclairent d'un coup la situation et la rendent lisible.
"Ce que veulent les Français…" C'est la phrase clé. La preuve de l'écoute. Ca se dit face à la caméra, Bayrou le fait très bien… D'abord un léger silence, les yeux dans l'objectif, on sait qu'on entre dans la confidence… "Ce que veulent les Français? Je vais vous le dire, moi…" autrement dit, et moi je le sais et je suis seul à y répondre.
Dialogue. Acte I, scène 1.
On ne passe pas sans dommages du 14mg au 7mg. Blues velu, garanti. J'ai dû leur laisser le prix de mon immeuble, à Nicopatch. Depuis le temps.
Ca castagne chez les Ecolos. Yann Wehrling, qui porte la parole nationale des Verts, tance vertement Nicolas Hulot dans Le Monde (9 Janvier) parce que ce dernier n'a pas sa carte du parti, parce qu'il a parlé à l'oreille de Chirac et parce qu'il ne s'enchaîne pas aux grilles du MEDEF pour dénoncer l'outrage fait à Gaïa par l'Abominable Grand Capital. Et même pas un mot sur sa coupe de cheveux !
Le parti socialiste met depuis peu à la disposition du public une étude impartiale sur Nicolas Sarkozy afin de contribuer de la manière la plus objective possible au débat électoral à venir. Elle est téléchargeable gratuitement sur son site. Le document, d'une petite centaine de pages, fascinera les foules comme elles le furent il y a peu en découvrant avec passion la Constitution Européenne. Bonne lecture!
C'est avec une certaine lassour, pardon lassitude, que je lis et relis, aussi bien sur les blogs que dans la presse de gauche, les billets narquois et sarcastiques que provoque l'invention de la bravitude par Ségolène.
"C'est comme quand un souffle de vent fait tournoyer quelques feuilles et que, bientôt, quelques autres viennent s'agréger autour d'elles, formant un tourbillon qui retombe avec le vent…" Cette bien jolie phrase, tirée d'un article titré "Huit jeunes gens très ordinaires" (Le Monde, 28 décembre) décrivait la "bande" de djeunes qui a incendié un bus à Marseille et très gravement brûlé une passagère, il y a quelques semaines. Lyrique, non? De bons garçons un peu turbulents.
L'euthanasie est un sujet embarassant. En fin de dîner, la conclusion s'impose, "y'a du pour, y'a du contre et inversement". On passe. Allez, on change d'assiettes pour le fromage…
Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy sont-ils des 


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