Staline, une vision “singulière” de la démocratie…

accuse.jpg"C'est comme quand un souffle de vent fait tournoyer quelques feuilles et que, bientôt, quelques autres viennent s'agréger autour d'elles, formant un tourbillon qui retombe avec le vent…" Cette bien jolie phrase, tirée d'un article titré "Huit jeunes gens très ordinaires" (Le Monde, 28 décembre) décrivait la "bande" de djeunes qui a incendié un bus à Marseille et très gravement brûlé une passagère, il y a quelques semaines. Lyrique, non? De bons garçons un peu turbulents.
"Nicolas C. n'était pas considéré comme particulièrement dangereux…" est tiré d'un autre article du même journal (7 janvier). Les mots s'appliquent au détenu de Rouen qui a assassiné un compagnon de cellule avant de faire cuire et consommer partiellement l'un des poumons de sa victime. Bien sûr, il avait été auparavant condamné à cinq ans pour braquage, puis mis en examen pour tentative de viol avec arme et fait quelques séjours en HP. Rien que de très normal. De là à le considérer comme dangereux…
Dans la même veine, on pourrait proposer: "En massacrant une génération entière du peuple cambodgien, Monsieur Pol Pot a sans doute involontairement engagé une stratégie politique discutable…" Ou bien "En faisant briser les doigts du guitariste chilien Victor Jara, les supporters d'Augusto Pinochet ont sans doute voulu montrer leur détermination à ouvrir une sur nouvelle conception de la démocratie"
Il y a quelque chose d'aussi choquant dans la mollesse des mots que dans la brutalité qu'ils veulent gommer. Les exemples sont pléthore. Comme si le journaliste ou le commentateur, la peur au ventre, n'osait plus dénoncer, établir une responsabilité, présenter des faits - nommer le mal, en fait - et que seuls la litote, l'antiphrase, l'amphigouri, l'auxèse, l'euphémisme, l'ellipse, la métaphore (etc.) devenaient les figures exigées par un lectorat (une rédaction?) qu'effraye toute position marquée. Pas question de laisser ses traces de doigts sur l'opinion d'autrui.
On appelait ça tourner autour du pot. On ne peut pas mieux dire.

Commentaires (3) to “Staline, une vision “singulière” de la démocratie…”

  1. Ceci contraste avec la récupération du vocabulaire de la seconde guerre mondiale pour désigner la Droite : “rafles” de sans-papiers, “jeunesses ssarkozystes”…

    Toreador

    PS: Je t’ai mis en lien. Espérons que ça va booster ta fréquentation !

  2. Merci Toreador! It does.

  3. l’euphémisme serait donc unilateral ? comme la cuisson du saumon. il y avait déjà la cuisson du homard, métaphore de l’insensibiisation progressive des consciences. quelle bravitude de la pensée abracadabradantesque ! elle est, n’est-elle pas ?

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