Democracy

blair2.jpgJanvier 2007, Channel 4, en Angleterre, diffuse sa fiction The Trial of Tony Blair, (le procès de Tony Blair), une "fiction" qui met en scène le Premier ministre britannique plusieurs années après qu'il ait quitté la pouvoir. Aux Etats-Unis, Hillary Clinton en est à son second mandat, Gordon Brown est installé au 10 Downing Street. En Irak, la spirale de l'horreur persiste et un Tribunal International est saisi de l'affaire. Tony Blair comparaît et doit répondre de ses décisions. Prudents et donc non signataires, les Américains ne relèvent pas de cette juridiction et font passer un message à Tony, l'allié fidèle : oui, ils auront à témoigner et sans doute à dire sur lui "des choses une peu désagréables" mais ce sont des choses que, naturellement, ils ne pensent pas vraiment. De vrais alliés, de vrais amis.
En attendant, Tony écrit, chez lui, dans sa maison de Connaught Square. Oui. Sur son destin, sur l'histoire dont il a bien souvent "senti la main se poser sur son épaule". Son éditeur met quand même le doigt sur quelques phrases surprenantes, dont celle-ci: "J'ai prié tant et tant qu'à la fin de cette nuit là, j'ai su que donner le feu vert pour un cinquième terminal à Heathrow était la chose à faire"… Thanx God!
L'Angleterre est l'un des ennemis favoris de la gauchosphère antilibérale. Pas de ça chez nous! Cela dit, où sont nos docu-fictions français? Où sont rangés les scénarios, les synopsis, le déroulé dramatique des décisions qui présidèrent au massacre d'Ouvéa en Nouvelle Calédonie, au grossier torpillage du Rainbow Warrior dans le port d'Aukland, à la pose de micros chez une actrice à la beauté altière et au bassin étroit, au montage des pompes à fric électorales en banlieue parisienne ou en région PACA, à la braderie des stocks de sang, à toute cette turpitude républicaine si souvent pressentie, parfois dénoncée, si rarement sanctionnée.
Les leçons de démocratie - comme celle de courage et d'indépendance des médias - ne se prennent que rarement à Paris. Et qui se souvient encore de ces mots français adressés aux anglais, qui s'élevaient dans la lumière douce du Westminster Hall, un jour de 1960.
"Ainsi, dépourvus de textes constitutionnels minutieusement agencés, mais en vertu d'un irrécusable consentement général, trouvez-vous [les Anglais] le moyen d'assurer, en chaque occasion, le bon rendement de la démocratie, sans encourir, cependant, ni l'excessive critique des ambitieux, ni le blâme sourcilleux des juristes."

Photo: Robert Lindsay dans le rôle de Tony Blair

Commentaires (20) to “Democracy”

  1. il y avait aussi un régime qui n’avait pas de constitution écrite, et fonctionnait pas si mal : la monarchie. au fait, le Royaume-Uni n’est-il pas un royaume ?

  2. Claude, la monarchie était un régime qui ne “fonctionnait pas si mal”, selon vous ?
    Hmm, hmm…

  3. tout est relatif, certes. mais comparée à notre “démocratie” un peu république bananière, la monarchie me semble moins arbitraire, et moins hypocrite. le roi de France n’avait pas autant de pouvoir que le Président de la Vème, les contre-pouvoirs étaient vivants, le droit ne croulaient pas sous les 580 000 textes normatifs, les prélévements obligatoires étaient bien moindres que 50%. les privilèges ? chacun sait qu’ils sont abolis : alors pourquoi les fonctionnaires et assimilés en ont-ils encore ? certes il y avait les lettres de cachet, condamnables sur le principe évidemment, mais utilisées surtout par Voltaire (Cf le dernier livre de Xavier Martin sur le sujet, très instructif).
    il me semble que le regard porté sur la monarchie est celui du vainqueur : Vae Victis, ou pour le dire autrement “quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage”. il fut un temps où le Moyen-Age aussi était supposément l’âge sombre, celui de l’inculture, etc. on en revient, évidemment.
    du reste, je confonds volontairement royauté (comme au Royaume-Uni) et monarchie. comme le dit Charles, il y a beaucoup de démocratie au Royaume-Uni.

  4. qu’en pensez-vous ?

  5. I wonder where the third way is in this whole discussion. Is the current economical prosperity of the brits because of the Iron Lady or his Tonyness. I use economical prosperity as a gross measure of wellbeing and the well working of a democracy, as one might argue that prosperity of a country must be the goal of it’s democracy.
    If there is a problem in France it is that the top politicians, top business men and goverment functionaires act like they all live as nobility in a country where the king lets them do whatever they choose to the people (even funnier the people let them).

  6. From an economical standpoint, I don’t see no third way. I see thirld world, France’s destinity if Sego makes it. For sure.

  7. comme dit JPM, “even funnier, the people let them”. precisement, les gens laissent faire d’autant plus que c’est au nom de la democratie, pour le bonheur de l’humanite, etc. et non en vue du bien commun. celui-ci etait bien mieux incarne, et defendu, par … je n’insiste pas. la democratie francaise, pour autant qu’elle existe, en-dessous de la Republique, au service de la REPUBLIQUE, est polarisee par des enjeux qui la depasse. c’est un pb indeed.

  8. Claude,

    J’entends bien une bonne part des reproches que vous faites à notre république, ainsi que le diagnostic historique (vae victis) que vous portez sur le sort réservé à la monarchie.

    Tout cela est juste et même, probablement, encore en-deça de la réalité. On pourrait mentionner la collusion entre les médias et les politiques (le taux de mariages et de liaisons étant un bon indicateur de la promiscuité de ces deux mondes), de l’impératif économique qui prend le pas sur toute autre valeur, des manœuvres indispensables qui conduisent nécessairement un politique ambitieux à abandonner tout idéal et toute sincérité, etc.

    Mais, mais, mais de là à regretter un système politique totalement figé et inégalitaire dans ses principes mêmes, il y a un grand pas que je ne franchirai pas au risque d’une déchirure des adducteurs !

    Vous écrivez que “la monarchie me semble moins arbitraire, et moins hypocrite”. Certes, elle est moins hypocrite parce qu’elle affirme qu’en effet, tous les sujets ne sont pas égaux. Dans nos démocraties, l’égalité des citoyens a incontestablement de gros progrès à faire, mais est-ce une raison pour l’enterrer définitivement en promulguant l’inégalité ? Autant adopter un régime d’apartheid sous prétexte que le racisme existe, ou légaliser l’inégalité de traitement entre hommes et femmes parce que, dans les faits, les femmes gagnent 25% de moins que les hommes, à poste équivalent.

    Quant à l’”arbitraire” de la monarchie, il est indépassable ! Comment considérer que n’est pas arbitraire un régime où le pouvoir est héréditaire, où la majorité est maintenue dans un état de sujétion éternelle, où le sort de chacun est strictement lié à sa naissance… ?

    Les privilèges de la noblesse ne sont en aucune façon comparables à ceux des fonctionnaires ! Il ne m’apparaît pas que des hordes de fonctionnaires aient le droit de saccager votre propriété, ni de violer votre femme, ni de vous faire enfermer ou tuer si ça les amuse…

    Non, vraiment, si la démocratie française me désespère souvent, c’est précisément parce qu’elle demeure (ou redevient) un peu trop proche d’un pouvoir monarchique.

  9. True that govermental employees are not aloud to rape the women (one of things I really don’t fear from M.Sarko) however it is incredible how untransparent and corrupt the system seems to be. So although they are not violating our women, I wouldn’t be able to say the same about the mo