Victoire, j’écris ton nom…

victory-800x600.jpgPrenons les choses là où elles commencent.
Comment s'appellent nos deux principaux  prétendants au trône? Ségolène et Nicolas. Et rendons nous sur l'un de ces nombreux sites qui proposent leur version de l'éthymologie des prénoms. Et que lisons-nous?
Ségolène, étymologie germanique : "sig", victoire et "lind", doux
Nicolas, étymologie gréco-latine : "nikê", victoire et "laus", louange
Match nul! Nous passerons sur les jeux de mot faciles que Joe Star et les amis hip-hop de Ségolène ne manqueront pas de faire, et nous chercherons un niveau de conclusion qui convient à l'enjeu. Il va donc nous falloir choisir entre deux types de victoire.

Celle de Royal d'abord qui, parce qu'elle est mère, comprend mieux la banlieue d'aujourd'hui et l'approche avec une grâce toute germanique en mobilisant la Légion s'il le faut. Impossible de retrouver dans la version écrite du discours ces quelques secondes très touchantes où la candidate regarde la France au fond des yeux et prête serment, le serment de Villepinte, l'engagement à résoudre par la grâce le problème des banlieues. Là où d'autres perdraient leur temps dans d'imbéciles débats techniques, sociologiques, culturels, budgétaires, structurels, Ségolène fera prévaloir la seule logique qui compte, celle du cœur, celle de l'amour. Oui, c'est doux, un amour de candidate pour un désir d'avenir, cohérence maximale.

Nicolas, victoire et louange. On a encore en mémoire la longue apologie "des visages de la France", ces masques où l'histoire du pays a tracé ses épreuves et ses joies. On se souvient de l'hommage rendu à ses pères en politique, de Gaulle, Chaban, Balladur, Chirac… Panégyrique de l'esprit de la France et de ses fondateurs, oui, Sarkozy "s'inscrit" dans une continuité, dans l'histoire, dans le terreau et le projet d'un "peuple" qu'il souhaite convaincre au-delà des appartenances partisanes. C'est tendre et doux comme le Panthéon de nos racines gréco-latines.
Chacun reste donc sur son centre de gravité, même si de part et d'autre, on cherche à déborder un peu, dans l'empathie pour Nicolas, dans la confrontation chez Ségolène.
En Arrivant en Amérique, au début de la deuxième guerre mondiale, Saint John Perse est questionné par un officier d'immigration. Il lui demande "Où logerez-vous?". Il répond "J'habiterai mon nom".

Si François, s'y met aussi, la menace est grande pour les autres…