De la providence institutionnelle à la providence compassionnelle

marie.jpgIl ne date pas d'hier, le deal qui lie l'Etat français et le peuple: providence contre dépendance. "Tu auras la sécu et tu te tiens à carreau". On l'a vu s'installer, avec son lot de compromis, de caricature, et éliminer lentement tout ce qui, hors de la sphère publique – bien maîtrisée – pouvait ressembler à l'initiative, la responsabilité et la réussite, individuelles. Proscrites!
Cette esprit de "providence", on l'a vu  se déployer au cours du débat hier soir sous une forme nouvelle, sans la sécheresse institutionnelle des grands systèmes, mais plus compassionnelle, plus émotionnelle, plus maternelle. A croire que le plateau avait été conçu pour permettre à la candidate d'inonder les ondes d'un pathos humanitaire parfois dérangeant. Nicolas a été moins gâté.
Dans la tranchée, quand tout est perdu, le poilu appelle sa mère. Pas son père. Figure féminine contre figure masculine. La femme, qui donne la vie, n'a pas son pareil pour accompagner dans la mort. En sommes-nous là? On pense aux affiches de la première guerre mondiale quand la république-mère enlace le soldat à l'agonie. On pense à Michel Ange, à sa Pieta, figure magique de marbre blanc où une mère-vierge d'à peine quinze ans enlace le c