The Winning Team (post ad hominem)

naufrage.jpgOn dit de la nouvelle équipe socialiste qu'elle apporte à Ségolène Royal une compétence qui sera déterminante pour lui assurer l'accès au trône. Soit, mais c'est en creux valider le fait que la candidate en manquait, malgré le CV impressionnant qu'elle a cru bon de dérouler devant 9 millions de téléspectateurs qui attendaient les pubs pour se distraire un peu.
La voilà donc, la nouvelle équipe, complétée d'un conseil stratégique, d'un board, quoi. Interrogeons-nous sur ce qui fait une équipe gagnante…
1. D'abord la clarté de la vision. Mais à laquelle se fier? Celle de Ségolène, celle de Fabius, celle de Strauss Kahn, celle du projet socialiste? Il y aura là quelques synhtèses, quelques torsions douloureuses à réaliser dans la semaine pour éviter que les porte-parole ne se trompent de bréviaire.
2. Clarté sur les objectifs. Battre la droite. Certes. Faire barrage à Sarkozy. Oui. A Bayrou, aussi, ce parasite crypto-libéral… Mais encore? On veut quoi? Le socialisme rudimentaire de Fabius pour casser du riche? La social-démocratie Strausskannienne pour relancer la croissance? Le bordelo-créatif de la démocratie participative pour discuter dans les salles paroissiales?
3. Un processus de travail stable. Hum…On part de loin. Mais ça se définit, ça se rôde, ça prend un peu de temps. Combien en reste-t-il? Il va falloir faire vite.
4. Un code de conduite explicite sur lequel on s'accorde, auquel on adhère et qu'on respecte. Pardon, je ris nerveusement en écrivant ça. Ca sonne comme une définition de la vie politique, non? La seule présence de Montebourg donne à la chose une dimension vaudevillesque.
5. Des relations de bonne qualité. Alors là, qui en douterait? Les primaires et le feuilleton qui a suivi ont été tels qu'on n'imagine pas que le moindre ressentiment et la moindre faille puissent corrompre l'harmonie chez Solférino.
Restent deux atouts qui font vraiment la différence. D'une part l'engagement de chaque participant de ne mettre sur la table que sa compétence, et elle seulement, et de laisser l'ego où doit être, c'est-à-dire hors du projet. Et là, c'est gagné. Qui irait imaginer qu'un Jospin, qu'un Fabius, qu'un Strauss Kahn, qu'une Aubry aient des egos encombrants? Non. Des modestes, des gens simples et dévoués.
Enfin, la confiance. Confiance dans le projet (lequel?) confiance en soi, confiance en l'autre. Pas d'inquiétude, elle est là, forgée des mois durant au cours de ce début de campagne unitaire, solidaire, tellement cohérent.

Alors, la droite? L'équipe n'est certes pas inattaquable, mais elle fait mieux sur l'ensemble des critères. Sa stratégie? Placer systématiquement le débat sur les sujets de désaccord les plus profonds du concurrent, pour l'épuiser dans la recherche de positions communes. Inlassablement. Jusqu'à ce que les éléphants sortent à nouveau de leur réserve - naturelle. Pour le compte.
Pour peu qu'une légère baisse des sondages viennent faire douter l'équipage, on ne voit comment il échappera au naufrage.

Vignette: Naufrage. Vernet 1759.