Français, je vous M

ecole.jpgLa Délégation Générale à la Langue Française ("DGLFLF", un peu le bruit d'un pigeon qui s'envole transmis par SMS) sous tutelle du ministère de la culture et de la communication, reprend le dossier les anglicismes qui polluent, salissent, pervertissent, abîment, corrodent, minent, sapent, brisent défoncent, rongent, étouffent et finalement anéantissent la langue française. On ressort donc la Loi Toubon, de 95, mais sans Toubon. Qui s'en plaindrait? Ce matin donc, tôt, on débattait à la radio de la traduction la plus juste de la "free-box". Oui. Free-box, c'est simple, c'est direct, c'est punchy, pardon, c'est coup de poing, alors pourquoi pas "Libre boitier de services de connexions multiples permettant l'accès au téléphone, à l'internet et aux chaînes audio-visuelles". C'est simple, c'est punchy, pardon, c'est direct. Non?
Pendant ce temps, Nicolas Sarkozy peaufine un projet de ministère de l'identité nationale et de l'immigration. Ségolène trouve ça ignoble. J'ai écouté Nicolas. Je suis assez d'accord sur le fond, sur l'argument. L'identité est une chose importante et l'immigration l'est aussi. Les rapprocher ne me semble pas idiot dans la mesure où l'équilibre entre diversité et uniformité culturelle est obligatoirement modifié en cas d'immigration massive. On l'aura remarqué, et pas seulement en France. Il faut s'en occuper. La multiplication des langues ne facilite pas la vie. Le métro de New York, par exemple, est couvert de publicités qui prônent l'apprentissage de l'anglais… Par ailleurs, ma grand-mère, qui avait eu son certificat d'études en 1913, n'a jamais fait une faute d'orthographe dans sa vie… La langue a été depuis un siècle et demi l'un des principaux moteurs de l'intégration nationale. Il n'est donc pas étonnant de la voir bousculée aussi bien par la technologie que par la mondialisation ou l'immigration. D'où la question de l'identité nationale, ou républicaine.
Mais pour autant, pourquoi sombrer à nouveau dans ce réflexe hexagonal qui veut qu'on crée un ministère à chaque fois qu'un problème se pose? La question de l'identité est transverse par essence. Comme pourraient l'être la culture (ah, Jack Lang et ses 40 ministres de la culture) ou l'écologie (ah, Nicolas et son pacte écologique). A chaque ministre d'assigner des objectifs spécifiques à son administration, et d'en mesurer l'exécution. Point. Non, il faut un Ministère et des 607 avec gyrophares, sinon rien.
Même la solidarité, vertu admirable, mais individuelle avant d'être collective, s'est vue transformée en ministère, puis en impôt dans un pays qui, peut-être, en manque singulièrement. Pourquoi pas une police de la solidarité, de la langue, de la fraternité, de la compassion..?
Oui. Chirac a raison, la France n'a "pas fini de nous étonner".