Le Grand Blues de Besson

jeanne2.jpgFin décembre 2006, Eric Besson publiait pour ses amis d'alors un portait honnête et objectif de Nicolas Sarkozy, repris en chœur par le parti socialiste qui trouvait là, enfin mise dans l'ordre, la nosographie complète des troubles psycho-politiques du futur candidat UMP. Du vitriol, disait-on. Un pamphlet dont la cible, touchée à mort, ne devait pas se relever. Car toujours, et seule, la vérité est révolutionnaire! Ta ta tzoum ! Pris de remords, il semblerait qu'ensuite Eric ait transmis à Nicolas un petit signe d'amitié. Allez, Nico, c'était pour rire… Cohérence. En tout cas, ce document, si la personne qui l'a lu visite ce blog, qu'elle me contacte, j'aimerais échanger avec elle avant d'acheter.
Et le portraitiste biographe récidive cette semaine, après avoir claqué la porte du parti et n'être pas revenu. Le voilà donc avec un Procès de Ségolène dont quelques morceaux choisis ont filtré dans la presse du weekend. C'est édifiant. Rien de très nouveau, mais posé avec ce sens des nuances qui nous avait déjà séduits en décembre. Marine le Pen trouve le livre formidable. On se masse autour du bucher. Là où Montebourg - qui lui aussi a connu le purgatoire - nous aurait offert quelques alexandrins, le verbe haut, et proposé des bouts rimés, Besson se contente d'une interview cathartique au point qu'on se demande si le journaliste n'a pas exigé de mener l'entretien au parloir de la prison de Donzère. Attachez le, bordel, vous voyez bien dans quel état il est!
Et nous voilà face à deux questions. La première: lequel des deux pamphlets faut-il croire, puisque l'une et l'autre sont tirés au même bidon. Sarkozy est-il vraiment le fasciste mystique que dénonce l'auteur et Ségolène la catin variqueuse qu'il abhorre? Jeu à somme nulle. La deuxième: comment peut-on faire confiance à type qui "vient du privé" comme ne manque pas de le souligner la presse. Pas même capable de la boucler devant une caméra, ou de répéter le même truc sans y croire… Le mensonge n'est-il pas la première des disciplines?
Comme elle ne peut plus renvoyer Besson pour rétablir l'ordre juste, Ségolène a balayé l'objection d'un geste et appelé l'auteur à user de son talent pour parler de la France. Franchement, on n'aime autant pas.
On dit que le mistral rend fou… On dit aussi, sur les berges du Rhône, qu'il préparerait un Bayrou.

Vignette: Jules Eugène Lenepveu, vers 1890