Politique et Fatalité Agricole

tracteur.jpgDrôle de campagne. Drôle de moisson. Chacun s'accorde sur le constat, la France ne va pas fort. Elle ne se redressera qu'à long terme. L'analyse du contexte, tous l'ont fait.
Chômage? Comment passer de 9 à 4% de demandeurs d'emplois dans des conditions socialement acceptables?
Retraite? Comment assurer qu'en 2020, la retraite par répartition ne sera un pas RMI déguisé?
Dette? Comment faire pour qu'à horizon de 20 ans, le simple remboursement de la dette ne consume pas deux fois ce que l'impôt sur les revenus rapportera à l'état?
Insécurité? Comment briser la spirale de délinquance qui fabrique à la fois des zones de non-droit et des ghettos de riches?
Education? Comment ramener le système scolaire et universitaire à des standards de performance compétitifs sur un plan international?
Recherche? Comment réorganiser la recherche de telle sorte que la France retrouve son rang en matière de publications et dépôts de brevets, qu'elle sache valoriser sur le marché les fruits de ses innovations et qu'elle arrive enfin à fidéliser ses propres chercheurs?
Croissance? Comment redonner du souffle à la croissance et développer ces small buisnesses, tous directement mis en joue par les industriels des pays émergents, quand ça n'est pas par leur propre administration, alors que de leur côté et depuis longtemps la plupart des grandes multinationales françaises ont investi off-shore et se développent avec succès dans un monde ouvert?
Lourdeur de l'Etat? Comment réduire le poids et la centralisation administrative afin d'en diminuer le coût insupportable sans perdre en efficacité et sans bloquer l'ensemble des services publics, devenus au fil des ans des fonds de commerces syndicaux?
Face à quoi les médias, et la télévision en particulier, nous ont proposé un Loft Politique ininterrompu, au point qu'on s'attendait à voir Loana ou Vincent McDoom invités chez PPDA et poser leurs questions à des candidats sommés de répondre dans l'instant à de vrais gens, sur les vrais problèmes du quotidien, des problèmes qui, à l'évidence, n'ont pas ni anticipés ni réglés depuis trente ans.
L'affligeante opération des débats participatifs n'a fait que renforcer cette ruée sur le chèque à court terme, sur le détail, alors qu'on sait qu'aucun des sujets mentionnés plus haut ne trouvera de solution immédiate et douce. On satisfait l'électeur au détriment de sa descendance, c'est connu. D'une main, le vrai gens se plaint du manque de vision, de l'autre il empoche la monnaie qu'on lui tend. Peu importe, en somme, que tel ou tel candidat propose des options pour l'avenir, la réponse ne sera pas dans la bande passante de l'électeur moyen. Sans doute Bayrou ou Sarkozy ont-ils mieux résisté à la dérive… ils ont fini par y venir. Dans une société dont la culture reste profondément agricole - tiens, le tracteur -, le cycle est celui de la terre. Il est d'une année, de moisson à moisson. La campagne reste à la campagne. Mais le paysan, la vrai, travaille dur et ne brûle pas la terre qu'il transmet.
Donc l'avenir? Dieu s'en occupe?