Aux armes, Ségolène!

louise9.jpg"Tous les Français devraient avoir chez eux le drapeau tricolore " pour l'afficher " aux fenêtres, comme cela se fait dans d'autres pays, le jour de la fête nationale"  C'est Elle, Royal,  qui dit cela. On a cru à une blague… mais non. On fera donc comme aux Etats-Unis où chaque maisonnette arbore stars and stripes pour fêter les boys qui cassent du muslim dans la banlieue de Bagdad en écoutant du metal rock. Jusque là, le drapeau, c'était réservé aux transports en commun le 14 juillet et aux soirs de finales. Quand la France gagne. Pour le reste, le pays avait réussi à échapper au syndrome de l'étendard-sanglant-est-levé. Le rouge, on l'oubliera, on l'aura au front en brandissant le tricolore, emprunté au voisin, le type sympa qui milite au Front National. Bref, c'est la déclinaison que - toute liberté reprise - la candidate propose au peuple de gauche à la suite du tour de piste identitaire de son concurrent. Allez, de Gaulle sur tous les teeshirts! On oublie l'Internationale, on chantera tous la Marseillaise, mais en expliquant bien qu'un sang impur c'est juste une image pour désigner la droite ignoble et grimaçante.
Moi ça m'enchante. Après l'armée pour encadrer les sauvageons, le drapeau pour leur donner un repère - ils en manquent, paraît-il - Claude-Joseph Rouget de Lisle pour leur donner du cœur, le retour des comités de salut public, pourquoi ne pas revenir à la conscription, réhabiliter la Ligne Maginot, rétablir l'Algérie comme département d'outre-mer, refonder l'Afrique Equatoriale Française, ressusciter l'Empire…
Elle y revient toujours, "Aller sur les idées de droites avec les valeurs de la gauche", avait dit Assouline. On y est puisque tout est possible dans ce trajet politique qui zig-zague comme un canard sans tête et tient du racolage passif. Quand Royal parle de nation, c'est dans la lumière de Louise Michel (Galieni-Pont de Levallois), poète, héroïque ambulancière qui court de barricade en barricade à l'heure où Thiers brise dans le sang tous les espoirs de la Commune. Quand Sarko parle de Nation, c'est naturellement à l'ombre Michel Bizot (Balard-Créteil), qui à la même époque s'illustre au sein de l'armée de Versailles et reprend Paris avant d'aller civiliser les Aurès.
Bientôt il ne restera plus à Philippe de Villiers qu'un souverainisme vendéen hyper-porteur.

Vignette: Louise Michel