François Baroin, magicien ?

bouchonschampagne015.jpgJe suis né à Troyes, en Champagne, donc un peu ministre de l'Intérieur depuis hier. Ca s'arrose. J'y retourne assez régulièrement. J'ai rencontré François Baroin une fois ou deux. François est cordial, sympathique et articulé. Il sait écouter en donnant à son interlocuteur l'impression qu'il est unique et providentiel. Après, on verra… Il a donc les véritables qualités d'un homme politique, né dans le sérail, un ADN parfaitement tricolore. Un destin. Député à 28 ans, maire et ministre à 30, président à…
Jeune consultant, j'avais rencontré son père, peu avant sa mort, un grand commis de l'état coiffé avec un pétard, mutualiste, maçon par dérogation spéciale des autorités ecclésiastiques (elles imposèrent des obsèques religieuses), ancien de la DST et de la police, ami de Jacques,  tragiquement disparu dans le crash - tout à fait accidentel - de son avion alors qu'il menait une mission en Afrique et que, selon certains, le dialogue franco-iranien sur Eurodif se tendait légèrement.
Jacques n'a pas oublié et a pris le petit François sous son aile. On se dit qu'avec un tel parcours et un tel sponsor, tout est possible, tout est facile. Mais ça n'explique rien. Il est aussi des "fils-de" qui trébuchent.
Revenons donc au maire. Depuis qu'il a remplacé Robert Galley (gaulliste historique, Division Leclerc à la libération, homme froid et distant) à l'Hôtel de Ville, quelques détails ont changé: entre autres, on l'a vu à la terrasse des cafés, ou faire ses courses, l'autoroute a rompu l'isolement, l'université rajeuni la ville, le centre a été réhabilité de façon somptueuse, les magasins d'usines de confection attirent une noria incessante de cars. Côté culture, une médiathèque, un festival de chanson française à l'automne et, quand le printemps revient, une décoration florale quasi obscène qui, personnellement, me donne envie de vomir… J'en oublie beaucoup, bien sûr, mais la ville est sortie d'un long sommeil, à l'image du Havre ou de toutes ces autres cités qui dormaient depuis la guerre et auxquelles un maire volontariste a su proposer un projet, sans attendre que la traditionnelle péréquation à la française ne viennent, au nom de la solidarité, combler un manque de courage et d'idées. Et le prince charmant a gagné son second mandat, sans difficulté. La démocratie locale reste pour moi l'épreuve reine en politique. François a donc 41 ans. Il entre place Beauvau après un parcours citoyen exemplaire.
A deux pas de l'Elysée.