Eric Besson a les boules

boece4.jpgLe premier opus d'Eric, le portrait de Sarkozy, je l'ai lu à Noël. Le dernier, je l'ai attrapé au Relai H de la gare du Nord - avant qu'elle ne brûle dans le jamboree de mardi soir - et lu avec un brin d'amusement. On sent une touche d'amertume dans le ton. Un beau traité d'équarrissage, en somme.
Ce qui m'a frappé dans ce témoignage impartial, ça n'est pas tant la charge contre Ségolène Royal - on s'y attendait, et à vrai dire le texte ne révèle rien que nous n'ayons ressenti en suivant la surprenante équipée royaliste – que les raisons profondes, culturelles, idéologiques, qui ont présidé à la rupture spectaculaire entre le parti et celui dont on disait qu'il avait pour mission de chiffrer les propositions de la candidate. "Chiffrer", le mot est lâché. Quelle sale manie que celle de placer une mesure, un nombre, quelque chose qui renvoie au réel, au possible, ou à l'impossible, en acceptant la marge d'erreur inhérente à l'exercice. Et c'est bien là qu'est l'inacceptable pour le militant sous hypnose, qu'un chiffre, qu'une réalité, puisse contredire un élan d'espérance livré à la foule avec la pureté d'une parabole et un sourire de prêtresse. Sur quelle échelle et depuis quand mesure-t-on l'espoir ? Un blog de gauche que j'aime parce qu'agile et désespéré, propose cette vision des chiffres: "Expérience collective, contrôle, réduction. Voila toute la dimension perverse des chiffres, ou de ce qu'on en fait. Réduire les programmes à un paquet de milliards d'euros, c'est pouvoir résumer, trancher et comparer des choses incomparables, complexes, parfois fausses également mais toujours irréductibles à de vagues calculs." Conclusion, ne chiffrons pas, débarrassons-nous des pisse-froid, ne mesurons pas au risque de tomber sous la domination du réel, ce tueur de rêve, ce gel posé sur nos émotions. Quand Ségolène passe de 20% de réduction de la production nucléaire à 50%, puis de 50% à 20% dans la foulée, elle n'inquiète que Besson… Le poids du nucléaire – une bagatelle pour la France – sera donc établi grosso modo. Que voulez-vous d'autre? Il en faut davantage pour faire tousser Pierre Mauroy ou arracher Hollande à sa catalepsie socialo-conjugale. L'extraordinaire incohérence qui traverse l'appareil socialiste français est mise à jour par les déclarations toujours inattendues de la candidate - je veux dire toutes ces photocopies recyclées des thématiques de Sarkozy.
Comment ne pas se souvenir du bilan "globalement positif" que les communistes français, alors alliés des socialistes,  attribuaient à leurs camarades soviétiques dans les années soixante-dix? "Globalement", c'est combien? Quand le délire idéologique prend le pas sur la mesure, sur le réel, sur la vérité, et qu'il se double d'un moralisme sectaire et étriqué, le risque est lourd de voir une gauche française infiniment plus totalitaire que ne pourrait l'être son concurrent direct. C'est, je pense, ce que n'a pas supporté Besson. Le socialisme soviétique, référence profondément ancrée dans les valeurs de la gauche, a fait 85 millions de morts en son temps. Ah, les chiffres.
Le Pen aurait dit, "un détail".
 

Vignette: Concours d'arithmétique entre Boèce et Pythagore. Grégoire Reish, gravure sur bois, 1508.

Commentaires (36) to “Eric Besson a les boules”

  1. J’ai trouvé l’ouvrage de Besson très lucide et pas très carticatural, et toi ?

  2. Ce papier est délirant, j’adore.
    S’appuyer sur le deuxieme ouvrage de commande de Besson pour associer les socialistes français aux 85 millions de morts soviétiques, il fallait y penser. Trop fort.

    Quand au chiffrage, on en reparlera quand la rue d’Enghien aura pris sa calculette. D’ici là, je reflechis à comment associer la proposition sarkozyste de baisse de 4% des prélèvement au génocide rwandais.

  3. Pour avoir entendu besson s’exprimer en direct et à la radio (Sud Radio) , je crois pouvoir dire que la seule et simple raison de sa démitrahison est qu’il est de droite.
    Une jolie droite sociale-libérale encrée dans le réel. Un élu local bien implanté et réaliste, un type de bon sens…il est probable qu’il s’achètera bientôt un tracteur.

  4. Bon, Olivier est un peu ‘rationaliste raisonneur’. C’est curieux comme parfois cela peut gêner pour voir la réalité .
    Beaucoup de plaisir à lire votre papier qu’on aimerait avoir écrit en réponse à celui , génial, de Guillermo

  5. Olivier,
    A force de faire de Sarko un clone de Le Pen-le-nazi, il faut s’attendre à se voir rappelées les vielles connivences honteuses du PS. Non?
    Le Gab,
    je le sens plus libéral que centriste, le maire de Donzère. Mais qui sait?
    Oppossum,
    j’aime beaucoup Guillermo, également, bien que très légèrement sur sa droite…

  6. Très bien, bonne analyse,rien à ajouter. Et j’aime beaucoup votre choix d’illustrations.

  7. Les vieilles connivences électorales du PS…vous vous aventurez là en terrain délicat (le regretté Guy Lux aurait dit : “lourd”).
    Quid des vieilles connivences de la droite française ?…comme l’a fait remarquer ce bon M. Le Pen, Maurice Papon n’a jamais été membre du Front National.
    Quant à Eric Besson c’est avant tout, je le crains et désolé si l’expression est dure, un sale beauf de droite qui s’est trompé de parti et ne rêve plus que de faire payer cette erreur à Ségolène Royal (voire se faire payer, lui, comme le laisse entendre François Mitterrand, de retour parmi nous).
    Enfin, puisque vous appréciez les rapprochements historiques à la hussarde, je me permets de vous rappeler que l’Union soviétique était, elle aussi, extrêmement douée pour le “chiffrage”, avec son XXIIIe plan quinquennal qui augmentait la production de charbon de 12,4 %. Attention donc, derechef.
    Sinon j’aime bien votre iconographie.

  8. Je ne me souviens pas avoir jamais comparé Sarkozy à Le Pen. Ni même pensé qu'il était raciste. 

    Mais puisqu'on en est à sortir les cadavres des placards, rappelons quand même "l'immigration zéro" longtemps pronée par Sarkozy. La préface italienne de son livre-programme par le néo-fasciste Gianfranco Fini. Sans oublier la reprise du trop célèbre "la France tu l'aimes ou tu la quittes". 
    Mais bon c'était surement avant qu'il ait "changé". Désolé pour le reality-check, cher Oppossum. Et bonne sieste.
  9. Manu,
    J’ai été beaucoup en Russie post-communiste (93-97). L’approche soviétique des chiffres, nous pourrions en parler. On sait en tout cas où ça les a conduits.

  10. @ Olivier
    Disons que les socialistes étaient associés aux communistes qui eux même étaient associés aux 85 millions. C’est tout. Maintenant chacun sait que les socialistes ainsi que le 1er d’entre eux, Mitterrand, etaient profondément anti communistes.

    Pour ce qui est des chiffres disons que la gauche a toujours eu une sorte de tendance à les nier à coups de menton ‘politique’ . Pour s’y plier ensuite (Fabius succédant a Mauroy comme 1er Ministre), une fois au pied du mur .
    Et disons qu’en général , il y quelque chose de malsain à ‘fétichisiser’ le chiffre et quelque chose de dangereux à le nier . Rocard avait repris la formule ‘Quand on ne compte plus c’est la peine des hommes qu’on ne compte plus’.

    En ce qui concerne Sarko, vous avez raison il n’est pas raciste (Mais Le Pen non plus).Je crois que dans son placard il y a un peu tout et son contraire, ce qui est pratique pour n’importe quelle schématisation : il suffit de se servir.
    Pour ce qui est de l’immigration zéro c’était aussi dans le placard d’Edith Cresson qui offrait des retours ‘gratuits’ … sans parler de discrètes poignées de mains entre Mitterrand et Le Pen, de signatures de parrainages à Le pen par des élus etiquettés socialistes … bref d’une certaine ‘instrumentalisation’ du FN à son profit. C’est tout.

    J’arrête là, car de toute façon ni l’un ni l’autre ne sont dans mon vestiaire à moi.

    PS/ C’est vrai que charles passe parfois facétieusement mais lapidairement du coq à l’âne

  11. Charles, l’approche soviétique du “chiffrage”, c’était exactement ce que je voulais dire. Merci de m’avoir compris : un chiffre, on peut l’utiliser et lui faire dire ce qu’on veut. Ce qui ne veut pas dire qu’une politique digne de ce nom peut s’en passer.
    Par exemple, Olivier Besancenot chiffre la gratuité du RER en Ile de France à 1,5 milliard d’euros par an. Soit l’équivalent d’un nouveau sous-marin nucléaire dont tout le monde se fout.
    Qu’en pensez-vous ?
    (Je précise tout de suite que je ne vote pas Besancenot, ceci afin que nous restions concentrés sur le sujet).

  12. Manu,
    Pardon, j’avais mal interprété. Le RER gratuit, c’est bon pour les vitrines de la Gare du Nord, soit. Je ne crois pas que la France ait besoin d’un sous-marin nucléaire par an. Donc je comprends mal le rapprochement entre les deux propositions. Que coupe-t-on en année 2 pour financer le RER? On avait eu porte-avion contre écoles…
    L’état du monde est tel que, personnellement, je ne me fous pas de notre capacité de défense.

  13. Moi je suis pour la gratuité des transports en sous-marin.
    Meme si, comme les 2 autres, j’ignore toujours combien on en a.

  14. Moi aussi Olivier, puisqu’il semble que ce soit un mode de transport moins dangereux que le RER.

    A ce propos je tiens à souligner la qualité du bilan “sécuritaire” de Nicolas : d’un mot il enflamme les banlieues, d’un contrôle de billet il enflamme la gare du nord……
    C’est à croire que les hordes barbares sans papiers tapies dans l’ombre des tourniquets de la gare du nord, guettent l’uniforme pour lui voler sa carte d’électeur.

    Charles, un tracteur pour Besson ! La place est prise coté droite libérale, je suis sur que Besson acceptera la proposition de Bayrou.

  15. Le Gab, où est le lien entre Sarkozy et le djeune resquilleur de 35 ans qui engage la conversation avec le contrôleur par un coup de boule? La RATP n’a pas le sens du dialogue… C’est ça?
    Olivier, je suis avec toi. Le problème des sous-marin, c’est qu’on a du mal à les compter, même depuis la plage.

  16. le lien est les uniformes casqués qui ont participé à la sauterie avec un talent évident pour la médiation.

    Comme Nicolas je m’en tiens au résultat, leur boulot c’est le maintient de l’ordre…à l’évidence il y a un problème de compétence.
    le complot mafieux-musulman aurait il infiltré les couloirs de la gare du nord (lieu central du pouvoir de la république) à l’insu du plein gré du ministère Narcozy ?

    Soyons sérieux….Nico S. question bilan ça vaut pas Nico Anelka.

  17. Une formidable leçon de calme et de maitrise de soi. On voit bien sur ce document l’exercice raisonné de la force publique contre de dangereux clandestins armés de coups de boules.

    http://www.lemonde.fr/web/articleinteractif/0,[email protected],[email protected],0.html

  18. Ca devient très cool ton blog, les comments sont marrants, zyva les arguments à coup de milliards d’euros. Un vrai mirroir de la campagne. Mais ici on rit au moins.

  19. Que coupe-t-on en année 2 ?
    Derrière cette élégante expression se pose une vraie question.
    Ma foi, compte tenu de la boursouflure de notre budget de défense (plus de 40 milliards d’euros), nous n’avons que l’embarras du choix, ainsi que pour l’année 3, 4…et toutes celles que vous voudrez.
    Mais vous avez tout à fait raison : compte tenu de l’état du monde (ah, il est dangereux ce monde ! plus qu’il ne l’a jamais été ! d’ailleurs, il était plus sûr avant) il nous faut impérativement un deuxième porte-avions par exemple, aussi performant et bon marché que le Charles de Gaulle. Et puis c’est utile, un porte-avions, pour lutter contre la mobylette du mollah Omar.
    M. Lance-Burger a bien raison : ici on rit.
    Toujours drôle de voir les libéraux se rappeler soudain l’importance de l’Etat lorsqu’il s’agit de défendre la catégorie la plus parasitaire qui soit : les militaires.

  20. Le départ d’Eric Besson est symptomatique: il indique que dans la campagne socialiste, tout doit être fait afin de préserver l’aura de la candidate (ou ce qui en reste), aura qui a été créée à la suite d’un mouvement d’opinion. D’autre part, il indique que la référence publique à une réalité budgétaire contraignante, quand bien même elle serait honnête vis-à-vis des électeurs, ne jouerait pas dans le sens de l’effet d’image recherché et ne rentrait donc pas dans les options envisagées par le PS. Ce qui, au passage, trahit un choix que SR et le PS ont fait concernant leur attitude face à l’électorat.

    Besson, pour sale gueule qu’il puisse être, selon certain (opinion que je ne partage pas), a en fait tenté de jouer un rôle nécessaire: celui du mec qui tente de ramener une partie du débat à la réalité. Les mesures sont-elles finançables? Aurons-nous seulement la POSSIBILITE de les mettre en oeuvre? A mon sens, insister sur ce genre de détail relève de la simple honnêteté politique.

    Il semblerait que non seulement il ait été un des rares responsables socialistes à tenter de faire ça, mais qu’en plus, au vu de ce qui est arrivé, on n’aime en fait pas trop ces mecs-là, au PS. Ce qui n’est pas un signe d’intelligence stratégique. Tactique, peut-être, mais stratégique, certainement pas. Si SR devait être élue, et que ses promesses devaient commencer à passer à la trappe ou à être redimensionnées pour cause d’irréalisme électoraliste, il ne servirait à rien de vanter l’efficacité (toute relative d’ailleurs) avec laquelle son équipe de campagne aurait malgré tout géré son image (qui est par ailleurs son unique actif politique).

    Le seul tort de Besson est au fond d’avoir prévenu que si SR continuait sur sa lancée, elle risquait, une fois éluue, rien moins qu’une chiraquisation de son action politique, et la précipitation de l’implosion du PS après coup.

    Et là, même Guillermo ne lui aurait pas pardonné.

  21. Manu! Même Royal ne dit pas de mal des militaires! J’ai cru comprendre. Et les libéraux ne contestent pas le rôle de l’état. D’où sortez-vous cela?
    Que le monde ait été dangereux avant n’implique pas qu’il ne le soit pas demain. Que voulez-vous démontrer?
    Demain, l’Iran sera une puissance nucléaire, comme le Pakistan, la Corée du Nord et tous ceux qui vont suivre, dont ni les mécanismes “démocratiques”, ni la coopération avec les institution internationales ne sont des garanties de sang-froid. Etes-vous sérieux lorsque vous semblez nier l’impératif de défense? Ou est-ce une simple bouffée de colère?

  22. L’impératif de défense…c’est beau comme du Kant.
    Enfin soyons sérieux. Vous me parlez de prolifération nucléaire, et vous avez raison. En quoi le Charles de Gaulle et les passezmoilexpression branleurs qui sont dessus nous protègent-t-il contre ce risque ? Ce ne sont pas les quelques bombinettes nucléaires “nécessaires” pour préserver ce bel équilibre de la terreur qui grèvent le budget de la défense de 40 milliards d’euros.
    Cela dit, vous avez encore raison : les néolibéraux ne contestent pas le rôle de l’Etat. Surtout en ce qui s’agit de flics et de militaires (cf. certains Etats-Unis). Je me suis toujours demandé pourquoi (je plaisante, tout le monde le sait très bien).
    Quant à l’opinion de “même” Mme Royal…à moins que ce “même” ne soit de l’humour ?

  23. Manu,
    Le Danemark, comme les Pays-Bas sont des pays libéraux. Pour autant, leur “militarisme” ne saute pas aux yeux et le rôle de l’Etat n’y est pas contesté. Vous mélangez tout. Vous n’êtes plus libre.
    Quant à l’humour de Madame Royal, il est involontaire et ne fait plus rire personne. Le livre de Besson est en tête des ventes.
    Préparez-vous à un exil volontaire à Pyong Yang. Pour être protégé.

  24. Personnellement je choisirai la Havane.

  25. Manu est un grand nostalgique, je crois. Qu’est-ce que tu déplores dans le libéralisme, déjà, qui puisse être réglé par un bon vieux socialisme orthodoxe?

  26. Euh, je ne suis plus libre de quoi ?
    Euh, je suis nostalgique de quoi ?
    Euh, David-David, qu’est-ce que le “bon vieux socialisme orthodoxe” ? Staline ? Mélenchon ? La Confédération paysanne ? Bruno Rebelle ?
    Pourriez-vous m’en donner une définition ?
    Pour l’humour, je parlais du vôtre, Charles. Il est évident que Mme Royal n’en a aucun, mais après tout, MM. Barroso et Delors non plus. Ce ne devrait pas être un problème en politique.
    Quant au Danemark et au Pays-Bas, je ne sais pas s’ils sont militaristes ou pas, ultralibéraux ou pas, et cela n’avait aucune importance, dans la mesure où la question était, je vous le rappelle : pertinence des 45 milliards annuels de dépenses militaires en France. Enfin, n’allez pas me dire que sous Reagan ou Bush, l’ultralibéralisme ne s’est pas accompagné de dépenses militaires obscènes. Alors le Danemark, hein…d’ailleurs, il est nettement plus libéral que les Etats-Unis, c’est connu.
    Au fait, David-David, vous savez ce que je pense du tutoiement de caserne (suisse ou autre).

  27. alors je pr;cise ma question: qu’est-ce que tu reproches au liberalisme?

  28. Franchement ce blog (de droite) est bien. Ca discute sérieux et j’ai même l’impression que les gens de gauche s’y sentent à l’aise, ou presque. D’ailleurs, qui aurait pensé qu’un post sur Eric Besson, un type que personne ne connait :) , aurait provoqué autant de réactions et de débats argumentés.
    Bon, bien sûr, c’est un peu “trop” écrit, ca se vouvoie presque qu’autant que dans un gala de l’Automobile Club de France, mais le niveau est au dessus de la moyenne quand même. Oui, bon, OK, sauf parfois quand je m’énerve…

    Félicitations, Charles, pour votre régularité, réactivité, sensibilité et plein de mots en té. Y compris l’honneteté de dire “d’où vous parlez”, comme on disait chez les Lacaniens. Et aussi pour replacer le débat politique dans un affrontement d’idées plus que d’image.

    Juste une critique : Dans cette campagne où, une nouvelle fois, personne ne se “révèle”, vos critiques sont plus féroces et argumentées envers Ségolème Royal que Nicolas Sarkozy. On sent pourtant que votre choix, bien que différent du mien, n’en est pas pour autant plus inconditionnel. Critiquer ouvertement son camp, ce dont je ne me suis jamais privé, fait souvent progresser ses idées, pour peu qu’on ne se “Béssonise” pas. Un méchant billet sur ce qui ne vous plaît pas dans l’offre Sarkozy (je suggère les incohérences mais j’ai d’autres sujets à disposition) donnerait plus de poids aussi bien à votre soutien qu’à vos Royales critiques. Sinon on va tous finir par penser que vous voulez le boulot de Secrétaire d’Etat aux PME. Et du coup, on pourra plus se tutoyer.

  29. Charles, je continuerai à te tutoyer même si, sainte Ségo nous garde, tu deviens ministre.

  30. Manu,
    Les Etats Unis ne sont pas “ultralibéraux”. Ils sont libéraux. L’ultralibéralisme on le trouve en Asie où les lois sociales et les instruments de régulation des marchés sont très fragiles et faiblement appliqués. Je pense que ce lien, qui vous semble évident, entre libéralisme et dépenses militaires me semble à moi une explication trop courte. Le 11 septembre, la menace terroriste, la guerre de l’énergie qui sous-tend les oppositions mondiales aujourd’hui doivent être considérées dans ces choix. Même le Japon et l’Allemagne font machine arrière en matière de défense et investissement dans un armement significatif…
    Olivier,
    Je suis touché. Je vais moi-même sur quelques blogs de gauche que je trouve bien. Quant à Sarko, je l’ai déjà allumé ici, plusieurs fois, en particulier quand il a commencé à se prendre pour Malraux.
    Le Gab, mon camarade, dès que je suis ministre, tu montes une assoc et je subventionne… c’est bien comme ça qu’on fait, non?

  31. Oui Charles c’est comme ça. Ensuite tu commanderas à l’association, pour le compte de ton nouveau parti, un rapport détaillé (2 pages) sur l’opportunité de prolonger le tramway Parisien autour de Troyes.

  32. Charles, merci de l’honnêteté de votre réponse. Votre gradation me semble intéressante…d’autant plus qu’il me souvient d’avoir lu, exprimée par Eolas, grand “libéral” s’il en est, l’opinion suivante : “la Chine, c’est pas le libéralisme (parce que la propriété d’Etat, tcétéra)”.
    J’avais trouvé cela fabuleux, parce que cela nous autorise toutes sortes de choses du style “Staline et PolPot, c’est pas le communisme” (et vive le communisme).
    Après si vous voulez me faire dire que le militarisme n’est pas l’apanage du libéralisme, most certainly. Mais c’est le libéralisme qui domine le monde actuel (Japon, Allemagne, dont vous nous parlez, et qui se réarment : précisément, ce n’est pas une coïncidence). Le capitalisme porte la guerre comme la nuée porte l’orage, disait Nicolas Sarkozy.
    Alors un peu de sérieux : j’attends toujours que vous m’expliquiez comment le Charles de Gaulle ou M. Dassault nous protègeront contre la “menace terroriste” (qui a toujours existé, et tue infiniment moins de gens en France que les accidents du travail).

  33. Manu, je n’achète pas le lien direct entre capitalisme et guerre. Les 85 millions de morts de Staline et les 75 millions de Mao n’étaient pas dans les salles de marché. Le Charles de Gaulle n’en fera jamais autant dans toute sa carrière… Ce qui fait que “vive le communisme” est discutable. Non?

  34. Charles, pour rester précis, nous parlions de guerre. Outre que vos chiffres “staliniens” me semblent franchement exagérés (et ceux de Mao ? même un site intitulé “cercle libéraux” chiffre à 60 mais bon, ne pinaillons pas), il ne s’agissait pas d’une guerre. Disons que pendant la guerre, les affaires continuent, et que les fauteurs des deux guerres mondiales n’étaient ni Staline ni Mao.
    Enfin, le propos était de Jaurès, dans un contexte historique précis, et non de moi.
    Quant à “vive le communisme”, nous sommes bien d’accord : tout dépend de ce que l’on entend par ce terme. Idem pour le libéralisme.
    C’est ce que j’essayais de montrer, de manière pas assez explicite semble-t-il.

  35. Ah, et un petit oubli : les guerres actuelles ou mal terminées en Afrique (RDC, Soudan, Sierra Leone/Liberia…, soit un total de 5 millions de mort “and counting”) sont-elles le fait de régimes marxisants ?
    Et qui vend les armes aux protagonistes ? Marie-George Buffet ?

  36. Quand j’étais jeune, il y avait une blague qui consistait à dire:” ma femme et moi, on s’est partagé les tâches: elle se charge de la cuisine, la vaisselle, la maison, les gosses et moi des questions internationales….”.
    Donc, je fais ma part de boulot:
    Si on compte les morts dus aux uns et aux autres, la plus haute marche revient probablement aux religions. Le capitalisme, l’impérialisme, ont aussi leur part du bilan, quand la priorité de leurs intérêts a ruiné des économies, fourni des armes à des gens dangereux, pillé des ressources, mis en place des gouvernants fantoches impitoyables pour leurs administrés, mais très coopératifs avec leurs commanditaires. Au nom du communisme…. mais d’autres, ici, l’ont déjà dit.
    Conclusion qui s’impose: ce n’est pas un système particulier qui est générateur de massacre, mais un aspect que les systèmes ont en commun.
    Cet aspect, à mon avis, c’est le POUVOIR.
    Tous les systèmes mettent à leurs têtes les mêmes types d’individus gonflés d’égo qui trouvent dans les dogmes la justification dont ils ont besoin pour dominer, et dans la puissance des Etats, des outils qui devraient les dépasser mais dont ils disposent comme des jouets.
    C’est pour cela qu’il faut des contre pouvoirs puissants et dans l’opinion publique, un vivifiant esprit d’anarchie.
    Cet esprit là conteste le pouvoir. Sans relâche. Il ne peut y avoir ni république ni liberté sans lui.
    Qui nous fait cruellement défaut aujourd’hui, à nous peuple de France, qui l’avons troqué contre l’esprit de consommation et qui nous préparons à donner le pouvoir suprême à quelqu’un qui n’a qu’une ambition, qu’il nous serine depuis cinq ans: l’obtenir.

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