Je m’voyais déjà…

affiche.jpgLa bataille fait rage dans la blogosphère autour de l'affiche de campagne de Ségolène Royal. C'est singulier quand on sait le peu d'importance qu'elle aura comparée à la moindre intervention au 20h. Les uns y voient une vraie réussite, de belles connotations nostalgiques et douces avec les affiches des groupuscules d'extrême gauche qui sévissaient en Allemagne et en Italie dans les années 70, celles qui de temps à autres abattaient un patron et le livraient à la presse déjà faisandé dans un coffre de voiture. D'autres en contestent le graphisme et le traité un peu flou, la typographie trop lourde, le noir et blanc un peu indigent. Il y a dans tout cela un côté timbre poste, effigie figée et vaguement inquiétante de la république. Je veux dire, imaginez que cette femme, avec ce regard, et ce demi sourire soit la personne qui vous accueille à l'hôtel des impôts pour régler un "petit différend". Vous m'avez compris.
Personnellement j'y vois aussi l'ennui. Pas le spleen baudelairien et sa profondeur poétique, non, juste cet air las des soirées qui n'en finissent pas, chéri j'aimerais bien qu'on mette les bouts il est déjà deux heures du matin, je tombe de sommeil et je me lève à sept heures demain et arrête s'il te plait de pérorer devant cette pétasse qui ne fait même pas bien la cuisine, toute cette conversation sur les énergies renouvelables, je m'en tape, mais alors complètement
D'une autre façon, si le slogan nous propose une France Présidente, le visage semble nous dire j'y ai cru un moment, c'était chouette les débats. Mais comment celle dont le sourire a conquis la presse internationale a-t-elle pu se laisser aller à une image qui déjà esquisse les stigmates de la lourde déprime qui suivra le deuxième tour?
Et tout cela alors que le référentiel d'image est si riche! Par exemple cette jolie affiche chinoise, et bien que dit-elle? "Chantez pour le succès! Chantez pour votre grand pays!" Voilà un message, un vrai! Il y a à peine une semaine, elle était sur la voie, Ségolène, et toutes les cellules révisaient leur Marseillaise, le plus libérales la prenaient même en canon. Il suffisait de lui coller un accordéon et un bonnet Phrygien…
Elle avait son image!

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