A qui le jambon?

cocagne.jpegLes voilà en fin de course, groupés dans le virage des tribunes, les quatre pur-sang, qui s'invectivent maintenant avec une bonne humeur et une fantaisie communicatives. Si j'ai bien compris nous aurons à faire un choix en une arriviste mentalement limitée, un néo-fasciste cacochyme, un surexcité violent et un lourdaud ambidextre. Dernier sprint pour chacun. Voilà donc une belle semaine en perspective. Une ambition nationale. Place à la concorde!
C'est donc demain soir, et pour trois semaines, que j'arrête de lire la presse, d'allumer la radio, d'aller chercher l'info sur l'internet, de consulter les blogs amis et ennemis, d'analyser le moindre sondage - que j'en ai mal au cœur de bouchonner sur cette houle d'opinion -, de répondre quand on me demande de prendre position sur le caractère inné ou acquis du mensonge en politique. J'irai voter. Je ferai la queue rue de Poitou. Je m'isolerai. Je ferai semblant d'hésiter une dernière fois avec un petit pincement au cœur, le destin du pays en main… J'irai boire une bière avec les blogueurs et fêter comme il se doit la victoire triomphale, au premier tour, de Frédéric Nihous.
Rien qu'en écrivant tout ça, je sens la boule, là, se détendre un peu. Je commençais à trouver le film pesant. Tiens, je retire mes chaussures, du coup, pour flotter un peu. De ma fenêtre, je vois les gros bourgeons du platane qui éclatent dans la cour avec un pof de bonheur, toujours en retard sur les marronniers, celui-là, mais digne et courageux.
Donc je vais travailler, c'est un un hobby très impliquant. Je vais écrire et jouer de la musique. Lire, aussi. D'abord finir Les amants de Boringe (Pascale Gautier, chez Losfeld), magnifique, et entrer dans Christian Gailly, Les oubliés (Minuit), puis Motherless Brooklyn, (Jonathan Lethem, chez Faber & Faber). Tout ça sur le canapé du salon, sur le balcon ou au soleil à la campagne. Question musique, je vais terminer avec Formixxa II une adaptation hard-rock de Belles belles belles de Claude François, et réinvestir Tous les garçons et les filles, de Françoise Hardy avec le regard d'un David Lynch sous hypnose. Deux chefs d'œuvre dont, à ma connaissance, personne n'a encore décodé l'argument prémonitoire. Mixés, ils seront sur le blog, je m'y engage, section Musik, mais plus tard.
C'est ce qu'on appelle "Fin de la phase I".
De quoi vais-je parler ici la semaine prochaine?