Voyages voyages

espagne.JPGLe temps des voyages reprend, comme on peut le voir sur cette photo où les connaisseurs auront immédiatement reconnu l'Espagne, Madrid, l'érotisme rugueux du flamenco, l'air qui s'affole sous les talons d'une danseuse qui tournoie, le souffle d'un cuatreños de Miura qui voit briller le fer avant d'encorner son destin, les orangers de Séville qui tendent leurs fruits aux mains gantées des filles, le cauchemar extatique de Goya, le pincement langoureux d'une corde de ré dans le soir sanglant, toute la fierté sourde et concentrée de la péninsule. Bref, écrire devient plus compliqué, sujet à des horaires de vols, à des heures tardives dans des bars qui se ressemblent tous, puisqu'on est à New York partout, au coin de Mercer et de Prince ou 3 On The Bund, à des hôtels normés, à des zones industrielles clonées en douce par les vampires du grand capital.
Mais le blog dépend de la connexion comme de l'inspiration…. Alors…
Ce qui fait que la distance, je n'ai pas besoin de la prendre, elle s'impose. Le paso-doble socio-démocrate français impacte peu la une des journaux locaux et je ne regarde ni TV5 ni Pay-TV. C'est qu'en général, là où je passe, on a laissé le dance-floor depuis déjà longtemps. On attendait que la Gaule s'affranchisse. Elle a franchi le Rubicon. Elle affranchit le… je n'aime pas les contrepèteries.
Mais ça fait un choc, un réveil sans sondage, un café sans Ségo, un taxi sans Sarko. On a vite les mains qui tremblent. Même avec un patch. Une sensation de vide, quelque chose de flou, de mal mesuré, la vie peut-être. Un truc à se planter en boutonnant sa chemise.
Ca va continuer, deux ou trois mois, avec même une parenthèse en mer, ni connexion ni GSM, la nuit et la Voie Lactée comme couverture.
Comme tous les ans, à la même époque.