Séguéla et les métamorphoses

fish.jpgLe 1er mai sur RTL, Jacques Séguéla carabosse la ségosphère et annonce publiquement sa décision de voter Sarkozy. Jacques, lui! Le ségomaniaque de la première heure, autrefois prince du paradoxe qui, en une affiche, fit du socialisme fiévreux de tonton l'image même d'une sagesse agricole vaguement pétainiste… Lui, le sculpteur d'opinion, l'oracle des têtes de gondoles, vigile au Carrefour des idées… Lui, le verbe de la modernité, maître de la Séguésphère. Lui, Nicolas l'a appelé.
- Allo, Jacques? C'est Nico. Tout baigne?
- RAS. Como esta?
- I need you! SOS… Tu dois me sortir du TSS. Tu es où?
- A Gstaad, en RTT
- Dis bonjour aux copains… et saute dans le TGV
- OK!
Jacques a voté Royal au premier tour et votera Sarkozy au deuxième. Preuve qu'il fait les choses dans l'ordre. Dans l'ordre juste. L'inverse eût été risqué. Il l'a senti. Très tôt. Avec ce flair de cochon truffier qui a fait sa carrière. Et l'enjambement du cadavre UDF, encore chaud, donne à la manœuvre une solennité somme toute assez républicaine.
Alors on peut se demander. Combien sont-ils, les Séguéla en puissance? Pour un qui l'admet, combien glisseront secrètement Nicolas dans l'enveloppe est se disant qu'après tout, il a raison, Jacques, il faut que les choses changent. Car l'argument est là, celui en tout cas que le démiurge des temps modernes invoque: avec Royal, l'attelage se figera dans l'ornière, les éléphants sont épuis&ea