Même pas mal!

savate.jpgFallait-il ou non organiser ce débat? Qui sait? En tout cas on aurait pu en débattre. Un débat sur le débat, en somme. Avec les partenaires sociaux, par exemple. Je m'étais dit que je ferais un billet sur autre chose, sur Pete Best et Paul McCartney par exemple. Le temps a fait son œuvre, le batteur évincé des Beatles naissants serait prêt à revoir Sir Paul, sans haine… Mais parlant de haine, ça me ramène au débat. Allons-y.
D'emblée, Royal m'a convaincu avec ce petit langage qu'elle nous a appris à aimer. Moi aussi, comme elle, je suis contre l'agressivité de la violence… comme elle l'a d'ailleurs démontré tout au long d'un échange où, une fois encore, s'est vérifiée cette vieille loi qui veut qu'on ne dénonce jamais mieux chez les autres ce que nous n'acceptons pas de nous. Car enfin, on nous avait annoncé un Sarkozy excité, haineux et agressif, on a vu un homme calme et méthodique, plutôt courtois, plutôt maîtrisé et calé sur un discours dans l'ensemble cohérent avec le programme annoncé depuis des mois. On nous avait annoncé une Royal sûre d'elle et compassionnelle, elle a été méprisante, cassante, inélégante et vague dans ses propos, revenant sans états d'âme sur quelques unes de ses promesses phares et trouvant dans le compromis syndical français la solution miracle à son manque de conviction sur les dossiers difficiles… Et comme cela pendant deux heures. Pendant ce temps, le Milan AC…
Alors qui a gagné? On ne peut répondre qu'en revenant sur l'objectif car on finit par oublier quel était l'enjeu électoral du show: convaincre le maximum d'électeurs parmi les 18% qui ont voté Bayrou au premier tour. Point. Pour le reste, chacun est dans son camp et y restera. Je ne vois pas dans le débat d'hier ce qui pourrait amener un électeur de Royal à voter Sarkozy au deuxième tour, et inversement. La question est donc: à quel type de discours cette population centriste est-elle sensible, en majorité? Elle a montré, pendant toute la campagne, qu'elle se méfiait de la sclérose politique française et cherché des réponses claires aux chantiers qui doivent être pris en charge par le nouveau pouvoir. A cet égard, Royal s'est placée sur une posture socialiste traditionnelle, la résolution du mécontentement par la dépense. La stratégie du chèque. Sarkozy s'est positionné sur un discours de contenu et de résolution concrète des problèmes, un programme économique assez proche de celui développé par le candidat UDF et n'a donné aucune prise au TSS en s'agitant de façon inconsidérée ou en grognant comme un pittbull. C'est même l'inverse qui s'est produit…
Je n'ai plus aucun doute sur l'issue du scrutin.