Body language

body.jpgUn long voyage, ça permet de voyager. Je veux dire, par exemple, de finir un bon livre. Life of Pi, de Yann Martel, l'histoire extraordinaire d'un jeune indien naufragé qui dérive des mois durant sur le Pacifique, dans un canot où ont trouvé refuge un zèbre blessé, une femelle orang-outan, une hyène et un tigre du Bengale. Ca va saigner. Qui va survivre?
On n'en sort pas…
Ca permet aussi de lire la presse en détail. Et de tomber sur quelques prouesses du genre. Par exemple cet article d'Anne Chemin, dans le Monde, qui rapporte une expérience extravagante menée par Jonathan Littel, (Les Bienveillantes, Goncourt 2006). Jonathan a regardé le Débat deux fois! Déjà on s'enthousiasme. Mieux, la deuxième fois, il n'a pas mis le son pour entrer dans la sémiotique de l'événement et décoder le body language des candidats. Ca interpelle, un débat sans le son. Moi, je l'avais laissé. Par moment, c'est vrai, j'ai regretté. Mais décodons avec Jonathan. Un frémissement de la narine droite de Nicolas, ça veut sans doute dire augmentation des petites retraites? Ségolène plisse les yeux et incline légèrement le buste en avant, ça veut peut-être dire une idée qui va son chemin? La main droite de Nico, légèrement levée, le majeur seul bien dressé et les quatre autres doigts ramenés sur la paume, ça veut certainement dire bienvenue à nos amis UDF. Le même, qui se fait invectiver depuis deux heures, se tortille et  implore du regard les animateurs, ça veut dire de grâce, jetez-lui un seau d'eau? Pour finir, le petit Littel conclut de façon définitive à la victoire de Ségolène. Pour lui, c'est évident. Il est fort. N'est pas sémiologie qui veut… Mais Jonathan et la sémiologie ont leur limite.  Le body language d'Arlette Chabot restera une énigme.

Aujourd'hui, c'est le jour J, ou le jour S, après les dernières manœuvres au cours desquelles une candidate parmi les deux candidats s'inquiète du réveil des violences en banlieue en cas de victoire adverse, histoire de ne monter personne contre personne et surtout de ne pas jouer sur les peurs des français. Enfin un véritable argument de campagne…
Ici, à Singapour, la presse ne fait état d'aucun mouvement de chars en France, et pas même des élections. Il fait bien trop chaud.
Les magasins sont ouverts.

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Commentaires (6) to “Body language”

  1. Enfin une petite friandise ! Isabelle va se régaler avant d’aller voter. Moi aussi.

    NS/ Ah cette Ségolène ! Monter les uns contre les autres ! : c’est pas Nicolas qui ferait ça .

  2. Et ce voyage en bateau ? c’est pas encore pour aujourd’hui ?

  3. Les Suédois n’en reviennent toujours pas, ils cherchent encore. Où se trouvent donc ces fameuses entreprise qui auraient réduit la durée du travail à 32 heures? A l’heure qu’il est on ne les a toujours pas trouvées.

  4. Quoi!!! la guerre civile n’a pas encore été déclenchée. J’aurais aimé voir Ségolène telle une Jeanne d’Arc des temps modernes en haut des barricades le bras levé motivant ses troupes dans sa guérite blindée pour éviter surtout les coups dans le dos

  5. dans Life of Pi, le Tigre s\’apprivoise … y vois tu le rappel (trop tard) des éléphants par Ségo ou la zénitude de Nico lors du débat ?

  6. Domi, il n’est pas apprivoisé, je crois, il est dressé, soumis. Elle n’est pas domesticable, je le crains…

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