Mise à nu de La femme fatale

fatale.jpg"L'ai-je bien descendu?"
- Qui, Hollande?
-  Mais non, pas lui, vous voyez bien qu'il bouge encore! Et arrêtez de m'agacer avec le passé. Je parle de l'escalier qui va du pinacle où l'on m'avait mise, oui, Moi, au saloon du Solférino. Ca va cogner au bar, vous allez voir, ça va chier sa race, dit elle en souriant à ses adeptes en pleurs, certains se flagellant déjà.
Oui, je referme La femme fatale, le livre de Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin, qui retrace la campagne épique et victorieuse de Royal, ce moment d'histoire inédit de l'histoire de la république, I, II, III, IV et V.
J'en sors stupéfait. C'est très bon. Beaucoup d'entre nous, sur nos blogs un peu critiques, en recoupant les images et les mots déversés sur la France pendant six mois, avaient eu l'intuition de ce que masquait le sourire mystico-cybernétique de la candidate. Là, la description vient valider l'intuition. L'équipe de campagne était donc bien une pétaudière d'adeptes dominés par le mesmérisme reptile de la cheffe, ce New Social Glamour borderline qui a fait se pâmer les plus fragiles. Psychologiquement, je veux dire. Voir à cet égard les déclarations web-évangélisatrices de Mnouchkine. On baigne dans le mysticisme culturel mondain, on déconne à bloc. N'est pas Artaud qui veut. Même BHL s'y est laissé prendre. En moins d'une demi heure, il a convaincu la candidate que le Darfour n'était pas une enseigne d'hypermarchés et qu'il fallait, oui, qu'elle soit elle-même. Et qu'elle l'écoute. Trop fort. En un dîner dans un bon endroit, un petit blanc sec de pays et un sourire, elle l'a convaincu… de quoi, au fait?
Autour d'elle, dans la pagaille du chenil, on croise des sémiologues alchimistes qui savent transmuer quelques hypothèses en quelques certitudes, qui savent, eux, que la vague de féminisation de la société - et l'obsolescence du modèle d'autorité masculine, ridicule, si naïf, si pataud - ne peuvent que porter la candidate vers un triomphe; des sondeurs à qui ont fait sonder si fort qu'ils en ont la nausée; des gériatres bon-enfant, pas tout à fait sortis des séquelles du curare, mais retrouvant une libido toute léonine; tout un petit monde archéo-bobo qui s'agite dans l'ivresse laïque d'un succès garanti par Notre Dame de La Garde; des politiques, aussi, des vrais, fatigués de rire nerveusement, qui rejoignent sans états d'âme d'autres équipages, sur d'autres barques. Ca aurait pu gouverner le pays. On disait, je crois, qu'il fallait avoir peur de l'autre. Lisez.
Pensons à l'avenir. J'ai là-dessus une opinion. Une conviction. Je souhaite - et je le ferai savoir au moins à mes proches – que le Congrès Socialiste se réunisse en septembre. Je souhaite qu'il élise Ségolène Royal à la tête du parti, sur la base des 17 millions d'indécis qui ont fait barrage à Sarkozy et qui donc le méritent.
Je souhaite en effet deux quinquennats à Nicolas.