Femmes…

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Des femmes, de la Femme avec un grand F, d'Elle, universelle et différente, il a été question pendant la campagne. Ségolène est une femme. Ca nous changeait des Pompidou du genre. Elle se découpait en blanc sur le gris des costumes de Bianco et de Dray, de DSK et de Fabius. Elle souriait, radieuse et triomphante, parfois sévère, mais maternelle et juste. Quel homme aurait parié sur un sourire? Blair, peut-être, dont elle frôlait les convictions par instant avant d'être ramenée au bercail par les gardiens du dogme. On disait en octobre, sondage à l'appui, qu'elle avait gagné les primaires précisément parce qu'elle était une femme. Etait-ce un cadeau? Certains y ont vu un avantage, d'autre un handicap, d'autres rien.
Face à elle, pas d'ambiguïté. Sarko, pas très moderne, a peu joué de sa probable et secrète féminité, et davantage cité Jaurès qu'Oscar Wilde dans ses diatribes. Lorsqu'il met un short, ça n'est pas un mini-lycra-moulant-effrangé-fuchsia, c'est pour courir et faire suer François. On sent que ça l'amuse moins, François. Il serre les dents et il court avec le chef. Et hop, à poil dans la douche, on a la CGT à voir.
Donc deux modèles, l'un féminin, l'autre masculin, dont on dit qu'ils convergent (pardon…), que la modernité fait se recouvrir (pardon…) dans un mouvement de va-et-vient (pardon…) et d'inexorable similarité. L'androgyne progresse. La planète se réchauffe.
C'est pour moi l'occasion de signaler l'excellent livre d'Olivier Postel-Vinay, La revanche du Chromosome X, enquête sur les origines et le devenir du féminin, chez Lattès. Dans son introduction, il écrit: "Le féminin est le sexe de base. Eh oui. Le masculin est dérivé du féminin. Cela se voit de manière tout à fait claire quand on examine la croissance de l'embryon puis du fœtus. Si nous étions tous hermaphrodites, comme les escargots, mon livre perdrait beaucoup de son intérêt."
(La vie aussi, soit dit en passant…)
La place était donc prête, chaude, bordée. D'Olympe de Gouge à Simone Veil, en passant par Louise Michel, Mary Wollstonecraft ou Flora Tristan, elles ont été nombreuses à se battre pour faire en sorte qu'en 2007, il soit rendu possible qu'une femme accède à l'Elysée. Que s'est-il donc passé?
C'est sans doute qu'il ne suffit pas d'être une femme, comme il ne suffit pas d'être un homme pour convaincre. Ma conviction est que si Ségolène Royal avait organisé sa campagne avec méthode, si elle avait proposé un projet stable et crédible, si elle avait su rassembler son parti, au-delà des couleuvres avalées pendant les primaires, elle aurait gagné. On me dira oui, c'est vrai, et si les tortues avaient des roues, elles iraient bien plus vite. Certes. Mais entre un modèle de leadership fort et masculin, incarné par Sarkozy, et celui, plus féminin, autoritaire mais compassionnel de la candidate, l'opinion a oscillé longtemps. Qui pouvait prédire que la sainte ne connaissait pas son catéchisme?
Ce qui me ramène à l'Asie, où je suis et où les femmes ont encore un peu de terrain à couvrir. Dans cette belle multinationale de Singapour, lorsque l'on s'échappe pour un petit biological break, on hésite entre trois portes. Celle des femmes – l'image la montre se maquillant -, celle des hommes – il a un haut-de-forme, et celle des Executives, les chefs – qui portent un haut-de-forme et pas de rouge à lèvre.
Pas encore.

Vignettes : signalétique, les portes des toilettes.

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