Je serais de gauche (bullshit N°1)
Mes camarades,
Nul besoin de jeter l'anathème sur quiconque. Ces élections, nous ne les avons pas gagnées. Il revient à chacun d'en titrer les conclusions qui s'imposent. "La pire erreur, disait François Mitterrand, n'est pas dans l'échec mais dans l'incapacité de dominer l'échec." Et bien, j'ai confiance dans la capacité de notre parti à se rassembler sur ses valeurs, celles d'une république de progrès, laïque, égalitaire et juste, aujourd'hui menacée par la spirale libérale d'un gouvernement qui méprise une souffrance populaire que le candidat de la droite avait grossièrement mais habilement placé au cœur-même de sa campagne. Il faut nous en tenir à nos engagements, à notre calendrier. François Mitterrand ne disait-il pas "Le socialisme n’est pas un dogme, ni une philosophie, moins encore une religion. C'est une méthode". Appliquons-là comme a su l'appliquer l'homme qui fit la victoire historique de 81.
Oui, l'espoir suscité au cours de ces derniers mois, il nous appartient d'y répondre dans le calme et de proposer au peuple de gauche un projet rénové, un programme ancré dans le réel, qui redonne espoir à ceux qui sont aujourd'hui interdits devant l'arrogance des forces de l'argent, à l'œuvre depuis le 6 mai. Car, "Il est dans la nature d'une grande nation de concevoir de grands desseins". Ainsi parlait François Mitterrand.
Le socialisme, notre socialisme, nous devons le mesurer à l'aune de la modernité, et si nous avons pêché par manque de reconnaissance du réel, il nous incombe de trancher, sans complaisance et sereinement, afin de renouer avec un électorat que nous n'avons pas su convaincre. François Mitterrand ne disait-il pas "L'action politique, à certaines heures, est comme le scalpel du chirurgien, elle ne laisse pas de place à l'incertitude". Et bien discutons, débattons et sachons redonner un contour net à un futur que l'incertitude et la dureté du monde ont rendu flou. "Quand la France rencontre une grande idée, elles font ensemble le tour du monde." Ainsi s'exprimait François Mitterrand. Et bien tel est l'enjeu, tel est notre défi pour les mois à venir.
Le socialisme, notre socialisme, c'est le mouvement, ainsi que le disait François Mitterrand. "Tout se ramène à ceci : gagner ou perdre. On ne reste jamais stationnaire. Car ne pas bouger, c'est commencer à perdre." Mais le mouvement impose un ordre de marche faute de quoi il n'est qu'agitation stérile et chaotique. Donnons du temps au temps. L'heure n'est pas aux ambitions personnelles. Mitterrand n'a-t-il pas dit "Quel premier communiant n'a rêvé d'être pape ?"
Rassembler la gauche, rassembler à gauche, voilà notre défi, pour mettre un terme au projet libéral, à l'arrogance des puissants et des riches, à l'asservissement et l'avilissement des plus faibles. Il s'agit de la France. Il s'agit de l'Europe. Il s'agit du monde, oui, de cette planète fragile et malmenée qui est notre bien universel, notre chance de vie, ce bien commun dont certains jouent le destin chaque jour sur le tapis - soi-disant vert - des puissants. Car, comme le disait François Mitterrand, "Laissez la tyrannie régner sur un mètre carré, elle gagnera bientôt la surface de la terre".
Vignette: Le Petit Journal, illustration de couverture, juin 1919 "La République montrant à Jaurès les pertes de Strasbourg".
olivier a écrit :
L’ouverture sarkozienne va donc jusqu’à Mitterand. De plus en plus fort…
Posté le 18-Jul-07 à 12:01 pm | Permalink
domino a écrit :
Bonjour Charles, L'ordre marchand du Monde a fait s'écrouler le communisme. Et j'aurai tendance à croire qu'il va aussi donner un coup très rude au socialisme français, idéologie que tous nous envient, généreuse et ô combien adaptée au monde moderne. Je ne vois donc pas comment refonder une idéologie aussi égalitaire dans les temps actuels. Soit elle se radicalise et ne parviendra jamais au pouvoir, soit elle devient social démocrate et "perd son ame". En attendant elle pourra se vanter d'avoir fait tout le mal possible au pays tiré vers le bas par ces idéologues….
Posté le 18-Jul-07 à 12:36 pm | Permalink
olivier a écrit :
oui, Domino, tu as raison, ces socialo-communistes sont responsables de tous les maux, vendent le pays au parti de l’étranger, sans parler de ce temps pourri du mois de juillet.
Posté le 18-Jul-07 à 1:05 pm | Permalink
domino a écrit :
@ olivier.
surtout la météo o:)
Posté le 18-Jul-07 à 1:43 pm | Permalink
Peter33 a écrit :
A lire ce billet, j'ai trés envie de remplacer le "ainsi parlait François Mitterrand" par ainsi parlait Zarathoustra ou bien ainsi parlait Boudha ou Muhammad. J'hésite sincèrement a prendre ce texte au premier degré tant il respire l'idôlatrie aveugle ce qui n'est pas l'impression des textes lus par çi par là dans ce blog. Avoir confiance dans le parti socialiste a avoir la capacité de se rassembler sur ses valeurs. Quelle belle phrase finement ciselée !Qui mérite de s'y arrêter l'espace d'un instant pour comprendre tout l'aveuglement qui prévaud a cette profession de foi. Le parti socialiste! Bon, soit. Il y aurait donc encore un parti socialiste. C'est vrai. Mais il ressemble plus a une espèce en voie de disparition qu'il est urgent de protéger qu'a cette force sortie du congrés d'Epinay. ma
Posté le 19-Jul-07 à 3:09 pm | Permalink
Peter33 a écrit :
mais puisque ce parti n’est ni un dogme, ni une philosophie et encore moins une religion, considérons que la méthode demeure. Bel exemple que ces discours de la méthode allant de Mme Royal a Mr Fabius en passant par Mr Dray ou Mr Vals, sans parler de MMr Strauss Kahn, Lang et, noblesse oblige, Hollande. Je trouve que la méthode ressemble plutot a une sorte de salade composée en ordre dispersée au gré d’une cuisinière un peu folle. Rassembler sur ces bases est une gageure, un puzzle démoniaque. Mais la foi fait vivre.
L’espoir suscité au cours de ces derniers mois impliquerait donc une réponse calme et pleine d’espoir. Là encore trés belle formule mais qui reste dans le domaine éthéré de la reflexion intellectuelle si chère aux caciques du parti socialiste. Quel espoir peut donc avoir le peuple “de gauche” l’autre, obligatoirement de droite, n’étant pas concerné ? Hardiment, une citation du Grand Homme transforme le peuple de gauche en une grande nation, le projet rénové l’étant a un tel point que l’ensemble du peuple français en fait son immense tasse de thé. Un peu utopique , non ?
Notre socialisme c’est le mouvement. Trés bien. Mais qu’a fait le socialisme français depuis la disparition de son Grand Timonier ? Il c’est pourtant bien donné du mouvement depuis ce 8 janvier 1996 ! Il a suffit de la synthèse du Mans pour tout faire voler en éclats satellisés dans tout l’Univers de la gauche. Et depuis chacun tourne sur sa petite orbite personnelle en se regardant le nombril en veillant bien a “flinguer” celui du voisin. Joli mouvement qui prend des allures perpétuelles.
Rassembler la gauche est en effet un défi. Mais faut-il encore qu’elle ait une chance de se survivre dans la phase d’auto-destruction qu’elle connaît et qui fait les délices gourmands de la droite libérale qui n’a aujourd’hui que l’arrogance de la gauche en 1981 lorsqu’elle portait sa rose au Panthéon ou qu’elle entretenait, secrétement dans l’ombre des palais de la République et aux frais du peuple, de gauche comme de droite, le fruit de ses amours coupables ou bien le mensonge d’Etat porté en méthode de gouvernement ou encore le harcélement des écrivains qui avaient l’heur de déplaire au Prince.
Ce que disait François Mitterrand sur la tyrannie est juste, sauf qu’il a omis, de manière tout a fait jésuitique, de s’appliquer a lui-même cette sentencieuse sentence.
S’en servir de modèle a cette heure de crise de la gauche me paraît relever du conseil qui tue.
Posté le 19-Jul-07 à 3:49 pm | Permalink
Charles a écrit :
Peter, désolé, ces commentaires était dans la boîte "modération" et je ne les avais pas vus. Problème réglé… Naturellement, mon texté était ironique. Un "à la manière de" qui annonçait le suivant. Mais je suis en phase avec vous…
Posté le 22-Jul-07 à 7:33 pm | Permalink