HK Bonus

hk2.JPGL'avion est passé. Il a survolé le port, lentement, un bel aller et retour du grand oiseau blanc et silencieux que les Hongkongais ont salué hier. L'A 380 a fait son tour d'honneur au ras des tours. L'ouest déclinant fascine encore. Mais pour combien de temps ? Ce matin, je vois dans la presse locale que le cours du plomb s'envole, effet induit de la demande chinoise. Le béton prend aussi son envol. Qui croire ? Et le cuivre. Et l'acier. Et le blé, comme toutes les matières premières qui disparaissent en tourbillonnant dans le siphon d'une croissance que renforceront bientôt l'Inde, la Russie et le Brésil. Tout s'envole, donc, dans cette alchimie du développement qui empile sur l'empire du milieu, et bientôt ailleurs, son torrent de plomb vite changé en or et réinvesti sur les places mondiales.
La première des matières premières, la grise, fera bientôt l'objet des enchères les plus folles. C'est la plus précieuse, celle qui nous reste. La chasse aux talents est ouverte. Elle sera sans merci et ses règles ne sont pas les nôtres. En Asie, il y avait la saison des pluies, et le reste de l'année. Il y a maintenant la saison des bonus, ce moment de magie où les managers de vingt-cinq ans s'arrachent de leurs écrans et quittent en courant les salles de marché pour passer chez Bentley et commander le dernier coupé de la marque
Qui résistera au chant des sirènes asiatiques ?

Vignette: des tours et des tours, HK