Singie blues

grape2.jpgLa Chine ne menace pas que l'Europe. L'Asie aussi voit la puissance du dragon avec d'autant plus d'inquiétude que les relations de voisinage n'ont pas toujours été cordiales. La diaspora est partout, souvent puissante, victime traditionnelle de la méfiance, voire de pogroms comme aux Philippines ou en Indonésie. La voilà soudain adossée au grand frère qui non seulement ne la rejette plus, mais qui compte sur elle pour asseoir une partie de son développement international. Autrefois peu expansionniste, la Chine sinisait mécaniquement les peuples qu'elle absorbait. Aujourd'hui, héritage du timonier sanguinaire, elle se projette. Elle est ouvertement, presque violemment nationaliste.
Singapour n'échappe pas à la règle. Les chinois y sont puissants et le gouvernement s'interroge sur la raison d'être du pays quand bientôt trois ou quatre grandes places financières s'imposeront en Chine. Il a donc décidé d'asseoir sa stratégie sur trois axes : conforter sa position de place financière, au même titre que Hong Kong, et profiter de la croissance régionale en servant les fortunes extraordinaires qui se créent chaque jour dans cette région du monde, incluant l'Inde. Se positionner comme un centre d'excellence universitaire et miser aussi bien sur les formidables besoins en éducation qui existent dans cette partie du monde que sur la culture profondément confucéenne qui met l'apprentissage au cœur de la vie. Développer les services de santé et de médecine de haut-de-gamme auxquels les plus fortunés n'accèdent qu'en allant en Europe ou aux Etats-Unis. Plus discutable, une ambition dans le domaine des centres de recherche. Pour y parvenir, le gouvernement investit de façon spectaculaire. La ville est un champ de grues où poussent les unes après les autres les tours de cinquante étages, prêtes à accueillir les cliniques, banques, universités et états-majors commerciaux du monde entier. Ajoutez à cela une pincée de sexe et un casino, c'est le boom garanti.
Singapour fait aussi valoir ses atouts dont le moindre n'est pas la sécurité des citoyens, un thème qui, me semble-t-il, peut nous rappeler quelques chose, encore que sur la définition des standards, il reste quelques nuances entre eux et nous. Jeudi, le journal télévisé a ouvert sur une information qui m'a laissé sans voix. Un voyou indélicat, en pleine ville, sur un passage clouté, arrache le téléphone portable d'une jeune fille alors qu'elle traverse une avenue. Incroyable ! Par chance, une voiture de police passant par là peut intervenir immédiatement et arrête le malandrin. On respire. Il sera jugé dans l'heure et puni. C'est normal. Donc, un an de prison ferme et 6 coups de bâton. Le bâton en question, entendons-nous bien, pénètre la chair de telle sort qu'à six coups, il n'aura pas trop de son année de taule pour cicatriser. L'ordre juste, quoi.
On peut donc téléphoner en ville pour un moment sans exploser son forfait.

Vignette: au marché de Singapour, pour Carrie . 

Commentaires (9) to “Singie blues”

  1. ah cette belle démocratie totalitaire singapourienne.

    Et cette bonne odeur de Durian.

    Tout ca me manque autant que les snacks de black-pepper crab dans les rues.

  2. Bonjour Charle’s,

    Merci pour ces news de globe-trotter et un point de ve intéressant. Mais est-ce que Sinagpour est un endroit intéressant pour se délocaliser?

  3. @ Olivier, j’en profite en pensant à toi.
    @ Domino. Tout dépend du secteur d’activité. Le gouvernement a de grands espoirs d’attirer du monde, dans le tertiaire essentiellement.

  4. dans la finance…

  5. @ Domino. Idéal.

  6. je me doutais un peu…lol

  7. Excellent article. Du peps un gouvernement ambitieux pour son économie et pour ses gens. Enfin, des peines vraiment dissuasives et la racaille qui en est pour ses frais ! Quelques coups de bâtons sont plus dissuasifs que tous les beaux discours des experts français, et surtout, ça coûte moins cher.

  8. Singapore ! Je me souviens de cette ville, propre, policée. Pisser derrière un arbre ! N’y penses même pas. Des toilettes propres nickel au bar du premier hotel business-standing venu.
    Des portes de toilettes minimum (pas jusqu’au sol et pas jusqu’au plafond), pour dissuader d’odieux actes homosexuels. N’étant pas homo, je me surpris à trouver cette idée logique avant tout. La chaleur surement. Pas de prostitution visible non plus dans mon Marina Oriental, hotel business class, avec des hotesses toutes aussi affolantes les unes que les autres. Mais tous les soirs à 19h00, une main anonyme glissait sous la porte de ma chambre, une petite pub cartonnée avec des numéros de téléphone pour “meeting a friend”. Ce jour, je réussissait à surprendre le facteur clandestin. C’était le concierge de l’hotel. Toujours souriant avec moi, de ce moment là, il devint hautain et méprisant. Tabou. Voile. Singapore…. ville de faux-cul mais qui me manque quand même, moins que HK, la toupie.

  9. Les portes des chiottes, c’est pour pouvoir passer la serpillère plus facilement… au pays des ladyboys.
    Quant à la prostitution, ça n’est qu’une question de quartiers… c’est très organisé, bien qu’illégal comme dans beaucoup de pays d’Asie…

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