Rudolph
Monday, October 29, 2007
La campagne bat son plein aux États Unis et Rudolph bat la campagne. Interrogé lors d'une réunion publique sur le waterboarding, cette approche sophistiquée du questionnement qui consiste à attacher solidement un individu sur une table et le faire suffoquer en lui versant de l'eau en continu sur le visage, pour simuler la noyade, Adolph Giuliani, pardon, Rudolph Giuliani, répond en substance : "It depends on how it's done. It depends on the circumstances. It depends on who does it."
"Ca dépend comment c'est administré. Ca dépend des circonstances. Ca dépend de qui le fait…" Bref, ça dépend. C'est du bon sens.
Donc, d'abord de comment c'est administré. On ne peut pas, en effet, laisser n'importe qui nous saloper un warterboarding. On veut que les candidats se livrent avec bonne humeur, il nous faut des types formés, des praticiens, des types qui ont lu la doc, récemment traduite du cambodgien. Pol Pot ne sous-estimait pas le waterboarding, entre autres délicatesses. Bref on veut des types qui ne versent pas n'importe comment, qui tiennent la position, appui jambe gauche, le bassin dans l'axe, épaules ouvertes. D'accord ça fait mal, et c'est pour ça qu'on s'entraîne. Il faut tenir, c'est dur, mais il faut tenir. Et ça n'est pas tout. Il faut aussi que le prévenu soit correctement entravé, bien serré aux jointures, pas de mou, qu'il n'aille pas glisser ou je ne sais quoi.
Deuxièmement ça dépend des circonstances. Par exemple, prenons une circonstance au hasard : il s'agirait d'interroger un type que les experts de la CIA suspectent de vouloir détruire les États Unis et tuer tous les Américains d'un seul coup d'un seul. On fait quoi ? Qui d'entre nous n'accepterait pas un certain aggressive questionning, qui dans cette salle ? J'ai pas dit torture, j'ai dit aggressive questionning. Nuance.
Enfin, ça dépend de qui le fait. La torture, c'est inacceptable. Là-dessus nous sommes tous d'accord et nous ne transigerons pas. Surtout lorsqu'elle est pratiquée par d'autres. C'est encore du bon sens. Mais si les nôtres veulent chatouiller le muslim pour sauver l'Amérique… qui va le leur reprocher ? Les libéraux, naturellement, qui déforment tout et veulent du mal au pays…
La vraie question est de savoir si Bush peut être remplacé par plus con. La question fait débat, mais une évidence s'impose.
Ca a l'air possible.
Vignette: Rudolph Giuliani, candidat à l'investiture.
C'est samedi que fermera l'exposition Rock'n Roll à la Fondation Cartier. Restent donc deux jours pour ceux qui n'ont pas visité le sanctuaire. Juke Box, banane, Gibson et Cadillac. Un joli moment en 45 tours et puis s'en vont. Mais plus touchants encore que le papier jauni des affiches de l'époque, les deux cent lycéens - Sweet Little Sixteen - nés en 1991 qui papillonnent dans l'expo, un papier et un crayon à la main, à prendre fébrilement des notes sur les idoles de Papi, encadrés par quelques profs dépassés. Lagarde et Little Michard. Ouap Ba Badou Ouap Dap Dap…
Retour d'Asie pour enchaîner sur une belle journée de grève générale en France. La semaine de travail, à Hong Kong, est souvent de soixante heures… Ca n'est pas la panacée, certes. Juste une différence qu'il faudra financer. Mais comment ? Un seul point commun avec l'Asie, j'ai passé la journée à bicyclette, entre les vélo-taxis, comme dans la concession internationale de Shanghaï en 1934. Un beau soleil de fin de saison, ça roulait très bien, merci. Juste la cuisse un peu chaude. Les chaînes avaient bien préparé l'événement, chacun y allant de son micro trottoir, les sympathisants sur France 2, les opposants sur TF1. Chacun son lot.
En Thaïlande à nouveau… un an après le coup d'état du 19 septembre 2006. Hasard, hasard, j'y étais également ce jour-là. Le 16, alors que je débarquais, mon client m'avait annoncé dans la voiture : « On attend le coup d'état. La presse l'annonce, peut-être pour vendredi, ou samedi… ils attendent que le Premier Ministre soit à l'étranger ». Donc pas de quoi s'affoler… Juste quelques mouvements dans les casernes. Le lundi, c'était parti. Nous devions voler le soir même vers Taïwan… un peu inquiets sur le statut de l'aéroport. Mais non, juste un ou deux chars devant le parlement - sans doute loués par CNN - les militaires allaient le lendemain rendre hommage au roi, le premier ministre annonçait qu'il ne rentrait pas au pays, et pour le reste, business as usual.
Y avait Fernand y avait Firmin
Un livre très réjouissant vient de sortir, 
RSS 2.0 (XML)