Paulette et les Velibs

velo.jpgY avait Fernand y avait Firmin
Y avait Francis et Sébastien
Et puis Pauleeeeeeeeeette

J'ai toujours détesté cette chanson sautillante, mais plate comme la Beauce en été. D'ailleurs je n'aimais pas Montand. Il en faisait trop, le Papet, en cabotinant sur sa palette d'acteur, de chanteur et de bellâtre coco repenti (cette colère factice de la bonne conscience trahie, je n'y ai jamais cru).
Tout ça pour en revenir au vélo. En une saison ou deux, les Verts aidant, Paris est devenu un cauchemar automobile. Les deux-roues se sont mis à pulluler comme des mouches sur un poisson tombé du camion. On ne s'arrête pas à un feu rouge sans être immédiatement encerclé par la masse vrombissante des scooters et le mépris altermondialiste des cyclistes, une fois sur deux à contresens. Moi j'accélère, pour leur en mettre plein les narines. Du coup, je me lève un peu plus tôt, histoire de pouvoir faire une petite pointe à soixante, sans avoir à slalomer entre des types en cravate aux trajectoires incertaines, sans risquer de bousiller mes jantes sur un Vélib, sans risquer les quolibets d'un catogan barbu. Je ne dis rien. J'affecte de ne pas entendre. J'attends l'hiver. On en reparlera…
Fin septembre, après un dîner somptueux dans un couscous extraordinaire du 19ème (L'Atlantide), nous devions redescendre, un ami et moi, sur le troisième arrondissement. Nous avons sauté sur un Vélib. Carte bleue, on pianote, on prend l'engin, on règle la selle et hop. Douceur d'une soirée de fin de saison, Laumière - Beaumarchais, ça descend tout le temps… Mépris pour les voitures. Salauds de pollueurs ! En selle, mon ami et moi, nous parlons de l'opération, de cette initiative qui change la ville, de ce maire qui ose, de ces verts qu'il a déshabillés avec tant de grâce, de toute cette joie qui enfle dans la cité à chaque tour de pédale parisienne, bref, c'est tout juste si nous ne mettons pas pied à terre pour chercher des mûres le long du canal… mais sans Pauleeeeeeette. Enfin, nous voilà convaincus.
Il faut s'adapter. J'ai donc hésité, entre un 4X4 et un vélo. J'ai choisi vélo. Je suis maintenant le propriétaire responsable et citoyen du monde d'un cycle urbain de qualité, d'origine hollandaise, noir et chrome.
Parfaitement assorti à mon Blackberry.