Ségolène is Back

royal.jpg« Chers amis,
Le PS vient de dire oui à une nouvelle étape pour l'Europe et je pense, comme je l'ai dit récemment que nous devons avancer aux côtés de la gauche européenne pour peser sur les prochaines étapes et contruire (sic) l'europe (sic) sociale par la preuve.On sait aujourd'hui que le référendum que j'aurais organisé si j'avais été élue n'aura pas lieu car Nicolas Sarkozy n'a pas la même conception de la démocratie que moi. Cette abscence (sic) de référendum ne doit pas nous empêcher de prendre position pour avancer.
J'entends dire certains que j'ai changé d'avis sur le référendum. Ce n'est pas exact. Je tiens compte de la situation pour avancer sur des convictions qui n'ont pas changé sans me réfugier derrière une question de procédure (importante) pour ne rien oser dire. »

C'est un message électronique signé Ségolène Royal. Il interpelle-en-profondeur le sympathisant Désirdavenir que je suis. Regardons-le ensemble, un peu en détail et en toute bonne foi, naturellement.

1. Tout d'abord arrêtons-nous sur ce « je pense, comme je l'ai dit récemment ». C'est, je crois, un pur ségolénisme. L'ex-future-candidate pense, certes, mais n'en reste pas là. Elle ne pense pas n'importe comment, elle pense comme elle l'a dit récemment. Elle met ainsi sa pensée en référence à une citation, à un événement, à une prise de position antérieure. Une sorte d'appui sémantique, en somme. S'appuyer sur une citation, c'est utile. Cela permet de faire écho à sa propre pensée en invoquant celle d'un autre et, de fait, d'en enrichir et d'en renforcer le sens. Mais c'est aussi un risque. Car après tout, cet autre - que nous croyons penser comme nous - pourrait penser ce que nous ne pensons pas ou, pire, ne pas penser ce que nous pensons et donc nous faire dire autre chose. Ainsi, il est prudent, en disant ce que l'on pense, d'appuyer cette pensée sur ce que l'on a dit soi-même. Précédemment de préférence. C'est ce que fait Ségolène qui pense donc comme elle l'a dit. Et que pense-t-elle, comme elle l'a dit ? Elle pense qu'il faut avancer. Mais elle se garde bien de penser qu'il faut avancer avant de l'avoir dit. Elle le pense après l'avoir dit. Ségolène pense donc après avoir parlé, alo