Dîner en Ville

riches_heures.jpgLocal ? National ? Européen ? Planétaire ? Galactique ? Universel ? Eschatologique ? Depuis deux mois la presse chauffe la salle en évoquant le « Test des Municipales » et s'étonne aujourd'hui de ce que Sarkozy « politise » un enjeu qui bientôt n'aura de local que le résultat… C'est-à-dire, en fin de compte, le plus important. En d'autres termes, mars 2008 sera la sanction du quinquennat. Tout s'accélère.

Les municipales seront donc un test national et l'argumentaire en sera, en parallèle à la vague réformatrice, une nouvelle politique de la ville dont, sauf conflit majeur avec la cheffe, Fadela sera le porte-parole d'ouverture. Enjeu national, donc, c'est maintenant établi, avec ce qu'il faut de pertes ou de gains potentiels.

Le risque pour le président ? De voir, non pas sa politique, mais son style éméché sanctionné. L'électorat semble en effet agacé par des comportements disons, inhabituels, dans l'exercice de la fonction. Pompidou-Carla, ça aurait moins bien fonctionné. Enfin, je dis ça, c'est intuitif…  Le Français, bien qu'il s'en défende, reste malgré tout un peu poujadiste, un peu chrétien de gauche, peu flambeur, vivons cachés, paysan, méfiant du m'as-tu-vu. Quant à sa rationalité au moment du vote, 2005 a montré qu'il pouvait passer aux oubliettes une constitution européenne qu'il avait à peine lue, simplement pour adresser à l'Élysée un message de mécontentement… Un vol en Falcon vaut-il Bordeaux ou Marseille ? Paris vaut-il une fesse (pardon…). On peut tout craindre, le pire en particulier.

Le risque pour le PS ? En politisant au plan national, Sarkozy contraint la gauche, et le PS en particulier, à inscrire sa campagne non seulement dans un cadre politique général - et donc au cœur du débat idéologique qui l'entrave aujourd'hui -, mais encore dans la guerre feutrée, polie, souriante que se livrent les chefs pour la prise de contrôle d'un appareil moyennement solidaire et le leadership de militants déboussolés et excédés. En tout cas ceux qui restent. Or qui, aujourd'hui, peut parler au plan national des positions du PS ? Personne. L'affaire de la ratification du mini-traité vaut pour run-test du bordel qui préside au débat. Et c'est donc sur l'évidence du vide, sur la division et sur l'obsolescence idéologique que s'épanouiront les conflits de personnes et que se feront les ralliements futurs. Beau programme. Pour la droite.

Une fois encore, Sarkozy ne sera pas l'intégrateur négatif qu'on a voulu construire en 2007 avec le TSS puisque, précisément, le PS se divisera au préalable pour savoir qui de ses hiérarques serait seul en position de gagner contre lui en 2012. Le mot d'ordre n'est plus « Tous contre Sarko » mais « Qui contre Sarko ? » ou, pire, qui est la « Seule personne qui peut battre Sarko en 2012 ». Déjà vu. Ségolène a beau déclarer que 2012 n'est pas le problème, qu'elle n'y pense pas - pas même en se rasant le matin - on sait pourtant depuis le 6 mai au soir qu'elle s'est engagée à emmener la gauche vers d'autres victoires. Quant à la mairie de Paris, on la sait également un bon marchepied.
En ajoutant à cela le quadruple salto du Modem et la politique d'ouverture, on y voit d'un coup beaucoup plus clair…

Mais deux choses en particulier sont nouvelles et intéressantes dans ces municipales.
Tout d'abord, nous verrons si l'expérience accumulée pendant la campagne présidentielle p