Mesurer, pour quoi faire ?

luca.jpgUn bonheur de bonne heure ce matin dans la radio. Une fois n'est pas coutume.
Le journaliste présente une initiative sauvage, déviante, scandaleuse, encore un truc de ces putains de sales jeunes qui ne respectent rien : un nouveau site internet permet aux étudiants de se connecter et d'évaluer leurs cours sur une série de critères plutôt bien choisis (contenu, clarté, animation, intérêt, matériel pédagogique etc…). Les fumiers, ils ne respectent donc rien, je pense en trempant solitaire ma tartine dans un café au lait déjà tiède. Comme si leur profs n'étaient pas parfaits ? Les meilleurs du monde dans le meilleur système universitaire du monde. Mais le journaliste continue et appelle un Grand Témoin Lambda, une professeuse de fac, vaguement syndiquée, qui s'indigne en direct : « Alors si un tel système devait se développer, ça deviendrait problématique, il y aurait un risque que cela permette d'écarter un professeur simplement parce que son cours est mauvais, et ça, ça serait désastreux… ». Ca c'est envoyé ! Je reste figé, la tartine à mi-hauteur entre le bol et ma bouche. Pas de rewind sur Europe 1, mais si j'ai bien compris, il ne faudrait quand même pas courir le risque d'avoir un enseignement de qualité. On comprend facilement. Pas question de demander aux étudiants d'évaluer, ils en sont bien incapables, ils sont tellement cons, et ainsi le système scolaire et universitaire français restera le meilleur du monde. Et laissons de côté le rapport PISA , cette évaluation européenne assez contestable parce que non maîtrisée par l'Éducation Nationale, ou le palmarès de Shanghai qui souffre du même défaut.

Quelques minutes plus tard, je suis dans ma voiture à cracher mon poids de CO2 pour aller au bureau. J'écoute la radio. Le journaliste de BFM indique que Nicolas Sarkozy plonge dans les sondages (je le crois d'ailleurs plongé dans une aventure bien plus captivante). Tiens, c'est bizarre, je marmonne en frappant alternativement mon front et le volant de la paume de la main gauche, au feu rouge du Palais Royal, encerclé par les courageux Véliboys, lui on l'évalue une fois par semaine, mais on n'évalue pas les profs ou les fonctionnaires. Pourtant, on évalue aussi les ministres. Ca n'a donc rien à voir avec le fait d'être élu ou non. Les fonctionnaires sont notés aussi, par leur hiérarchie. Pas par leurs clients, donc. Un rapport auquel aurait participé Michel Rocard explique que la note doit impérativement être comprise entre 18 et 19,5 / 20. Sortir de cet écart est inacceptable. Simulacre, me dira-t-on ? Mauvais esprit ! Non, juste la preuve que nous avons une administration d'excellence, et que d'ailleurs le monde entier nous envie. Vous en voulez la preuve ? Voyez la moyenne de la classe.

Nicolas, de son côté, a promis d'être le président du pouvoir d'achat, et ça se mesure - et il le prouve d'ailleurs par ses fréquentation moyennement smicardes. Dont acte ! Se dit alors Jérôme K., modeste employé et trader fou d'une grande banque que je ne citerai pas par souci de discrétion. Pouvoir d'achat pour pouvoir d'achat, le gamin y va avec enthousiasme et la terre entière sait maintenant de quoi nous sommes capables ! Mais je lis ce matin dans la Figaro (sondage Opinion Way) que seulement 13% des français le considèrent comme responsable de la crise passagère que traverse son employeur. Non, la responsabilité est clairement désignée, elle est celle des dirigeants pour la majorité, et des systèmes de contrôle pour les d'autres… Nous y voilà : l'irresponsabilité est individuelle, la responsabilité est institutionnelle. Le grand coupable, on le connaît, c'est Le Système Auquel Personne Ne Peut Rien. Sinon Dieu. Et Dieu, en république, c'est le chef. Normal donc qu'il baisse dans les sondages et qu'éventuellement on en change. Personnellement, je n'ai jamais bien compris en quoi la responsabilité d'un système pouvait dépasser celle de ses concepteurs, ou même de ceux qui le subissent, s'en arrangent ou en profitent. Je ne vois pas non plus en quoi les faiblesses du chef absolvent quiconque de sa responsabilité individuelle. Peut-être, dira-t-on, que je vire parpaillot. Mais ça a du bon.

Au-delà de ce méchant syndrome, reste le problème de la mesure. Dans sa logique de l'honneur désuète et complaisante, la Réserve Nationale, je veux dire la France Publique, s'est éloignée d'un réel que l'autre moitié du pays assume et subit. Évaluer c'est reconnaître la réalité. Donc n'évaluons pas car l'ayant fait nous devrions agir pour progresser, pour changer les choses… Exposer la médiocrité là où l'illusion d'excellence survit n'est pas politiquement acceptable. Voyez le mépris de la gauche pour ceux qu'ils qualifient de « déclinistes ». Ces types vulgaires qui croient aux courbes et aux chiffres… En les nommant ainsi, on en fait les contempteurs d'une idéologie nouvelle et pessimiste, et non de simples observateurs des faits.
Réformer, changer les choses coûte cher en France. Certains mesurent aujourd'hui le risque inhérent à l'action dans un pays qui croit pouvoir durer parce qu'il est noyé de conservateur. Mitterrand, anesthésiste politique de talent, l'avait bien compris en proposant aux Français le Grand Projet du Ni-Ni. Un tabac assuré.

Non ? Mesurer c'est privilégier le réel sur l'effet l'optique ou de discours. Ca tue la complaisance. Une approche qui parfois sonne comme un réveil strident sur fin de rêve. Y compris pour un prof lambda.
A proscrire ?

Vignette: Jacopo de Barbari (vers 1495); Portrait du mathématicien Luca Pacioli (1445-1514) (Un marrant…)   

Commentaires (25) to “Mesurer, pour quoi faire ?”

  1. Bonjour Charles,
    Peut être que je m’avance un peu trop, mais il me semble que l’évaluation du corps enseignant universitaire existe de fait. A un détail près au pouvoir discrétionnaire du président d’université d’appliquer cette règle…
    Je connais peu (d’universités françaises) où le corps professoral est évalué pour sa pédagogie.

    Par ailleurs, il existe déjà un critère d’évaluation, les examens que passent les étudiants. La hauteur de la note reflète ce que l’étudiant a retenu, perçu ou assimilé. Au professeur d’en tirer la substantifique moelle.

    Et là, j’arrêterai mes réflexions.

    Etrange, le mot de passe est Fillon, n’avait-il pas été en son temps ministre de l’éducation ?

    Bien à vous

  2. Excellent billet. Au passage on y apprend que tu passes près du PR tous les matins :-)

  3. Europe 1 + BFM : le contexte idéologique est bien déterminé. C’est dommage car la critique est du coup facilement disqualifiable.

    D’autant que le matin on peut ecouter sur le service public l’impeccable Ali Baddou secondé par Alexandre Adler, Olivier Duhamel, Alain Gerard Slama et Marc Kravetz.

    Cette relation de la gauche au reel est un vrai probleme. Je vous renvoie au billet splendidement nommé “Le reel est un social traitre” de aymeric http://cinquieme.typepad.com/le_cinquime/2007/09/le-rel-est-un-s.html

    Mon sentiment : dans notre culture intellectuelle les Lumieres ont remplacé simultanément notre roi décapité d’une part et Dieu mis au ban de la république d’autre part. L’abstraction y est donc sacrée et le pragmatisme en général (et la manipulation des nombres en particulier) est profane, vulgaire. Ce que Tocqueville disait des Français : un peuple plus sujet au génie qu’au bon sens.

    Je crois que ces histoires de site de notation des profs ont aussi fait une sacrée histoire en allemagne où une prof a souhaité porter plainte contre le site et s’est vue déboutée.

    Bref : nous n’avons pas fini de mesurer l’impact d’Internet sur la transparence et la fluidité de nos sociétés et c’est tant mieux.

  4. Beau rapprochement que ces petites informations piochées à droite à gauche.

    “l’irresponsabilité est individuelle, la responsabilité est institutionnelle”

    J’ai du mal à comprendre cette phrase alors que je la trouve pourtant formidablement énoncée. Car l’instution peut elle être considérée comme personne morale ou n’est ce juste qu’une somme de responsabilité ou d’irresponsabilité personelles ?

    Dans ce cas là, croyez bien que le ménage ferait encore plus mal !

    Etant étudiant je tiens à précsier que le système de notation n’existe pas le moins du monde dans le système universitaire. Le principe de la fac aujourd’hui, qu’on le veuille ou non, c’est de faire du chiffre. Le prof vient faire son cours à un amphi impersonnel, l’étudiant se rend en cours (si toutefois il s’y rend) pour entendre ce que la société veuille qu’il entende. Peu de place a la recherche et à la reflexion personnelle, au travail de groupe, à la relation de proximité entre personnel cadres et étudiants. Le système école de commerce dans lequel j’évolue pourtant désormais laisse lui, toute la place à la notation d’une part (notation obligatoire et le feedback est rendu public) au reltionnel, au communiquant. Il ne faut pas s’étonner des taux d’embauche à la sortie.
    Dans un des deux cas évidemment… il y a de la sélection.

  5. salut, nous les parpaillots on t’accueillera les bras zouverts. Ton début d’amorce de réflexion pour un virage off the lip est tout à fait digne de ta capacité rédactionnelle : sois Luthérien et ne tais pas ! Dieu te bénisse.

  6. @Cecil
    Ta première phrase est tout simplement inquiétante… Je m’intéresse aux entreprises, BFM aussi. J’écoute les infos le matin. Europe 1 en donne. So what ? Me voilà donc « jugé » ? Disqualifié ? Condamné ? Eliminé ?
    Je crois en effet que ce rapport au réel est un problème français avant d’être un problème de gauche, même si cette dernière en est la première victime. Mais la société change car le réel s’impose toujours.
    @Seb
    Ce que je veux dire ici : la propension française à évacuer la responsabilité individuelle en la noyant dans le collectif ou le « systémique » est consternante. L’irresponsabilité triomphe alors et dans le vide laissé, pousse l’impunité. On en sort, doucement, très doucement, mais je pense qu’on en sort.
    @Fabrice
    Aux US, les étudiants évaluent leurs profs. Le niveau des universités n’y est pas mauvais, dit-on. Ca oblige à se bouger un peu. A se remettre en question. L’éducation nationale s’en remettrait-elle. Quant au niveau des élèves, le rapport PISA est bien la preuve que le corps enseignant français est en moyenne peu performant.

  7. Soyons francs, les professeurs (lycées et collèges)font ce qui leur est demandé (parfois avec zèle).
    Il faut 80 % de reçus au bac !
    Ils y sont ! Ce pourcentage a même augmenté de 5 % l’an dernier (curieux).
    Tout bon fonctionnaire a du mal à remettre en question son supérieur.
    De plus noter est presque un Art.
    On a vu la note de popularité de M. Chevènement grimper lorsqu’il était dans le coma.
    Etat dans lequel l’action d’un ministre est hélas assez faible.
    Soyons focalisés sur les notes et nous oublierons le fond….

  8. C’est vrai. Une généralité est toujours un peu injuste pour ceux des senseignants qui font leur travail avec conscience, engagement et qualité.
    Mais 80% au bac en dit davantage sur le système de notation de l’épreuve que sur la qualité de l’enseignement. C’est cela que démontre malheureusement le rapport PISA. Si la barre est basse, beaucoup la passent.
    La popularité soudaine et compassionnelle dont Chevènement a bénéficié me semble différente d’une évaluation multicritères sur laquelle des élèves pourraient se prononcer facilement. Il s’agirait en effet de mesurer et le fond et la forme, les deux étant au coeur d’une pédagogie efficace.

  9. Nous vivons surtout dans une société aux classes socio-culturelles fortement marquées, particulièrement rigides et très peu poreuses. En un mot : deterministe.

    Mon sentiment est que ceci est dû en grande partie à la politisation systématique et binaire de notre reflexion sociale. C’est un sujet qui me tient particulierement à coeur. Si je peux me permettre, j’en parle ici : http://ceciiil.wordpress.com/2007/08/30/french-blogging-sucks/

    Et ces classes ont des attributs et des référents clairement identifiés. Parmi d’autres : Europe 1 et BFM d’un côté, libé et France inter de l’autre.

    Ce que je dis n’est pas un jugement de valeur mais un constat : le discours que tu tiens, est selon une perspective deterministe tout à fait prévisible et attendu par un auditeur d’Europe 1 et de BFM. Et, de fait, facilement disqualifiable.

    Il serait plus interessant, car plus inattendu, de la part d’un lecteur de libé.

  10. « Disqualifier », selon le Robert : « exclure ». Le mot est là. J’ai toujours considéré la gauche comme beaucoup plus intolérante que la droite. On est donc « déterminé » à gauche, et « exclu » à droite. Pourquoi, Cecil, voulez –vous qu’un lecteur de Libé, auditeur de France Inter, s’en prenne à ce qui précisément incarne ses propres valeurs ? Je n’ai jamais considéré mes amis socialistes comme disqualifiés parce qu’ils ne pensaient pas comme moi. Mais, oui, en effet, je me suis toujours senti « disqualifié » parce que je ne pensais pas comme eux.

  11. Je n’écoute ni bfm, ni europe 1, ni france inter et je refuse de lire Libé.
    je suis pour la notation des enseignants car elle existe déjà.Et que par conséquent ce serait une disposition peu couteuse à prendre.
    je suis conscient d’avoir un avis non-déterminé, intégré et donc forcément extrêmement pertinent et super cool.

  12. Charles - vous n’êtes pas disqualifiés en tant que personne. Mais votre discours l’est, de leur point de vue, car vous appartennez clairement au camp adverse. Et du coup, il n’y a pas de raison pour eux de se remettre en en cause.

    Je suis un peu d’accord avec le caractere intolérant de la gauche et le caractère systématique de leur pensée sociale. Sur le big bang blog de Schneiderman un intervenant avouait ainsi : “C’est beaucoup plus confortable de se proclamer à droite, on se sent beaucoup plus libre”. Dans le contexte BBB j’ai trouvé ce geste splendide de subversion dandy.

    Mais à bien y réfléchir, on retrouve aussi ces mêmes schéma de pensée figés à droite. Et on n’avance pas.

    Il me semble qu’aujourd’hui le terreau le plus fertile pour une nouvelle pensée du vivre ensemble est l’entre deux, delesté des reflexes ataviques de chacun des blocs.

  13. “les cotés c’est délabré, le milieu c’est merveilleux” F. Bayrou

  14. Le Gab, C'est Bayrou ou Mémé Guérini qui a dit ça un soir en sortant du tripot?

    Cecil, La gauche étant noblement idéologique, elle me semble plus figée que la droite bêtement pragmatique. Mais j'admets qu'il existe, à la marge, une gauche pragmatique et une droite idéologique un peu grimaçante.

  15. “La gauche étant noblement idéologique, elle me semble plus figée que la droite bêtement pragmatique. Mais j’admets qu’il existe, à la marge, une gauche pragmatique et une droite idéologique un peu grimaçante.”

    > pas mieux.

    Et merci pour com-vat.

  16. J’aime beaucoup Comm-Vat

  17. Bonjour Charles,

    Vous écrivez, dans une réponse à un commentaire :
    “La gauche étant noblement idéologique, elle me semble plus figée que la droite bêtement pragmatique”.

    Je ne sais pas qui est plus ou moins “figé”, ni comment pourrait bien se mesurer ce taux de figement, ni même si et pourquoi le mouvement, le dynamisme et le changement méritent d’être érigées en valeurs en soi.
    Tout ceci me semble éminemment culturel et politique; il est donc difficile d’en parler comme d’un état de nature et de séparer de manière binaire les attitudes conformes et celles qui ne le seraient pas.

    Aussi, le pragmatisme supposé de la droite constitue, en lui-même, une idéologie, tandis que la prétendue idéologie de la gauche est comprise par elle comme une analyse profondément pragmatique. Je pourrais tout aussi bien soutenir (et je le fais volontiers) que les valeurs sur lesquelles s’appuie la droite (et qui ne sont même pas censées être des valeurs mais de purs constats pragmatiques) se révèlent être une idéologie inoxydable qui, à travers les époques, ne connaît pas le moindre aggiornamento.

    En bref, pour les uns comme pour les autres, le pragmatisme est synonyme de “Vérité”, tandis que l’idéologie vaut dogmatisme et aveuglement. Et comme de bien entendu, l’idéologue c’est toujours l’autre. Au-delà de ça…

    Quant à la question de la notation des professeurs, c’est un pas de plus vers l’idéologie (et oui, moi aussi, je peux) du populisme, du service marchand, du contrôle et de la surveillance généralisée. Pour autant, je n’y suis pas absolument opposé. Si cela peut constituer un outil (dont l’efficacité reste à démontrer… au-delà de l’idéologie) pour améliorer l’enseignement, je ne vois évidemment pas qui pourrait le refuser. Mais le protocole devrait alors être très encadré et extrêmement précis. Cependant, j’ai des doutes sur l’angélisme des intentions affichées : si l’éducation faisait partie des préoccupations historiques de la droite, cela se saurait. ;-)

  18. Antoine bonjour,
    Sur l’évaluation - et non la notation – des professeurs par ceux qui en sont les « clients », c’est-à-dire les étudiants, je n’ai qu’un témoignage, celui de l’un de mes fils, confronté au système à Johns Hopkins University, où il a passé un an, en philo. Son commentaire était que la dérive clientéliste était limitée et que la recherche d’excellence pédagogique prenait finalement le pas sur le souci de plaire. Et que donc le système avait du bon puisqu’il responsabilisait le professeur par rapport à ses élèves (sa mission, son résultat) et non pas seulement par rapport à son institution (sa tutelle, sa dépendance). Je pense que les étudiants sont assez murs pour concevoir des critères simples qui permettent de mesurer l’efficacité d’un enseignement, et par voie de conséquence, d’un enseignant. Mais cela, en France, dérange une vision très culturelle de la « hiérarchie », dont j’ai essayé de parler ici ou là sur ce site.
    Sur le pragmatisme et l’idéologie, il me semble qu’on a tort de les opposer de façon trop radicale. Lorsque Mao propose l’éradication de l’analphabétisme en trois mois en Chine parce que l’idée est « révolutionnaire », on le sent peu pragmatique et les élèves qui courent les rues - pour apprendre aux grand-mères analphabètes les quelques idéogrammes qu’elles oublieront en quelques jours - ne sont pas dominés par le réel. L’idéologie peut-elle « organiser » le réel selon ses prédicats ? Le réel impose-t-il sa force brutale à l’idéologie ? Les deux visions sont vraies et démontrables. Il me semble que par rapport à elles, la gauche penche sensiblement d’un côté quand la droite penche de l’autre.
    A cet égard, la France penche clairement à gauche et c’est en réveillant « l’idéologie républicaine » (thanx H Guaino) que Sarkozy à fait la différence en 2007, là où une simple volonté réformatrice d’obédience libérale aurait été insuffisante..

  19. Finally some real ideas on how to change the weakened education system in France. Having attended semesters at Montpellier and Hec Paris the experience and quality of the proffesors had much to be desired.
    I don’t understand how this can be a question of right vs. left, isn’t the ultimate goal of the education system to develop future talents and high level proffesionals for a vaining french industry?
    Giving grades to teachers works, I have experienced it in Copenhagen, where the poor performance of proffesor led to his dismissal. This is not a only a question of giving power to the students (arguable a leftist point of view), but also getting bangs for your bucks (a right wing view). Relying solely on the teachers own grades of thier students is like having an audit company auditing themselves…
    One of the actions that I have felt has been missing in the french system is a system of exams which includes a proffesor of another school sitting in on the exams and grading together with the teacher. This would provide students with a fairer grading system, and french society with a more transparent education system.

  20. Well, JPM, HEC has been rated Top of European International Business School by the Financial Times, for the fifth time in a row. Five of the top French business schools are in the top 10. Posckets of excellence exist, even in France, even in our educational system. But of couse one wouldn’t mix this kind of far-ahead organizations with the Universtities, lost is the background on modernity.
    The responsibility of our politicians, in particular conservative leftists, is enormous.

  21. Ahhhh my dear Charles, the FT ratings are certinly true, however they don’t measure how good the proffesors are, they measure how much money the students make after graduateing. As you will well know in France people have a tendency of hiring from the same schools and on top of that you have strange salary structures where two people doing the same job will get different salaries, because of the school they came from.
    Besides that most of the schools french schools that we are talking about have a rigiourous system of entry and few students, again tilting your statistics. If you are unsure of this, ask your very capable survey department. On the basis of this one could argue that its not a question of good institutions, its more a case of high quality going in.

    There is nothing wrong with the french youths, there is something wrong with a society that dosen’t want to listen to the young people. This leads to lack of innovation (no please don’t get me started on why L’Oreal is not innovative) and adds to the standstill of the french society at all levels.

    I agree with you that university proffesors have been untouchable, but as you will also know so have alot of other institutions in France. All of them should be up for revision.

    Oh BTW the best value for money of all the schools on your list… Is CEMS MIM, yes you guessed it MY masters programme.(Ranked nr. 2, and the program does measure its teachers and program every year…)

    As always thank you for an inspriring blog…

  22. Ah, my dearest Jan, I’m taking all these arguments of yours in all seriousness, but a few things are to be said here. First, HEC and our French leading business schools count nowdays a large percentage of non-French students (some of them not being there by pure chance), many of them quickly getting jobs in London or NY financial districts in order to trade virtual money at global level, then acquiring Maserati for the poorest, large apartments in posh areas for those with significant bonuses, and fucking top models – pardon my French - after long nights drinking beer and sniffing top of the range cocaine for the rest. If solid proofs are to be given, here they are, I’m afraid. Why.

    And after all, taking the entry salary as a criteria may sound awfully trite for excellent minds as ours, but isn’t it finally a simple and down to the earth way to measure a performance? How could failing teachers lead their lovely flock to recognized and valued excellence? You mention your Master excellent rating when it comes to evaluate “value for money”. Praise to you! In the case of HEC, let’s call it the exact opposite, say “money for value”? Would you agree with this somewhat simplistic but accurate statement?

    I acknowledge that apart from Denmark, some European countries, and France in the first place, could improve their educational system, and obviously our dear president is taking care of this days and nights, among other important and motivating topics.

    I’m very sensitive to your kind words.

    All the best

    Charles

  23. I do so miss our trip to Saudi Arabia, no not for their interesting use of parking lots, nor for the complet lack of anything moderately drinkable. No I miss our long discussions and the oppertunity of getting a glimps of your life experience.
    As you know I could probably continue this discussion forever, so I promise that this will be my last post on this subject.
    As I said before, I think the case of HEC students, be they international or national, is a case of top students going in, good students goig out. I always wonder what would happend if those same students, who are and I will acknowledge this extremely capabale, would have teachers that would be forced to live up to those standards. Some of the teachers do, m. Alsace is an outstandnig example of this,but in all I wasn’t too impressed (and neither were my peers).
    Yes money can be a way to measure it, however the esprit de corps of French Elite Schools contribute to the skewness of these statistics. If you look at the other schools on the list some of them are up to 30 times bigger then the french school and therefore the average salary will naturally drop.
    I think that there are othr ways of measuring academic succes, I mean is good music measured by the amount of records it sells.

    The danish system also has it faults, but yes I am still impressed that a School like Copenhagen Business School, that has about 14000 students, still acomplishes to be one of the top schools in Europe. This is in my view is due to several reasons like testing the teachers, but also forcing the top teachers to teach. It was a fellow student from Boston U that pointed this out to me. He told me that “the great school, Harvard, Yale, MIT all have a great proffesors on their faculty list, however unlike at CBS they don’t teach”.
    My point is not to say that Denmark always has the best solutions, far from it, I would however like to encourage the political leaders to seek inspirtation from the countries around them.

    Cocain sucks, I prefer the Aston Martin, but boy those models are nice…:)

  24. Que l’un de vos fils, Charles, fasse ou ait fait philo m’étonne (à demi) et vous rend définitivement sympathique à mes yeux.

  25. I understand that the most richest and sucessful young students out of HEC are showing a great lack of behaviour. I suggest we cut their parents “allocation familiale” to bring them back to moral habits.

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