Casse-toi, pôv’con, analyse et gros mots

cock.jpgJ'assiste en quasi direct sur ioutioub, comme chacun d'entre nous, à la visite du président aux jacistes enthousiastes et aux non moins ithyphalliques bovins de la Porte de Versailles, et je me dis que d'un président l'autre, d'une étable l'autre, - comme le soulignait hier soir un ami vétérinaire très saoul - on change de doigté. Une révolution culturelle, ça se lit aussi dans les détails. De la claque au cul des vaches au coup de pied au cul des cons, c'est toute une poésie rurale qui est revisitée, en même temps que la fonction présidentielle. Arrêtons-nous un peu sur l'image.

J'ai visionné et visionné encore cette séquence unique du rapport des français au pouvoir, et inversement, de l'élite à sa plèbe. L'ai passée à l'endroit, à l'envers, avec ou sans l'image, avec ou sans le son, j'ai observé un à un les visages qui entourent l'élu, essayé de comprendre la dynamique sous-jacente au drame, même cherché en passant des indices validant la mort de Paul McCartney en 1968. Voici mon analyse.

Concentrons-nous d'abord sur la phrase, celle - inacceptable - par quoi le scandale arrive : « Touche-moi pas, tu me salis ». Touche-moi pas… non mais d'où sort ce clown analphabète ? Une première évidence s'impose, ce type a fait son primaire en France, à l'École Publique la meilleure du monde, et a probablement calcifié pendant son secondaire les dommages grammaticaux hérités de la complaisance pédagogique post soixante-huitarde. Une confirmation vivante des scores désastreux du rapport PISA, en somme. Une deuxième évidence, ce type mal embouché est malhonnête et sans doute téléguidé par Marianne. Il vient de passer des heures à patauger dans le purin annuel de la porte de Versailles et refuse de goûter au toucher régalien d'un président rasé de frais, sans doute douché moins d'une heure auparavant. On rêve. Et venons-en donc à la réaction, somme toute assez modérée, de Nicolas. Franchement, un type me dit touche-moi-pas-tu-me-salis, moi, c'est coup de boule direct, et légèrement pris de biais pour lui remonter la cloison nasale au niveau des sourcils, avec pour résultat une obstruction systématique de l'une des narines au moment de l'endormissement, rien de plus agaçant. A la place de quoi, totalement zen, le président lui susurre, bonasse, un brin complice, casse toi, pôv'con, variante batave du fameux touche à ton cul salope qu'il nous réserve pour le salon du Bourget. Le langage de la rue, quoi, celui des cités. La belle langue du sol, sans doute un exemple de mise à niveau du discours citoyen, de la connivence enfin retrouvée après toutes ces années de rupture entre le peuple et une classe politique élitiste et distante, aveugle aux préoccupations quotidiennes des Français. Car enfin, soyons honnêtes, qu'aurait dit Rocard en la circonstance ? « Et bien soit, l'arsouille ! Et mouvez-vous donc d'une canne, misérable vulve ! ». Personne n'aurait compris, ce qui est normal avec Michel, et l'événement aurait fait long pschitt.

Sarkozy, lui, reste simple, direct et rapide. C'est son style, le pays l'a compris. Les mauvaises langues, toujours de gauche, diront qu'il s'agit là d'un acte symbolique, une phrase qui n'appartient pas au hasard, l'une de ces paroles réflexives arrachées à la pensée d'autrui pour la faire sienne, la digérer en quelque sorte. En d'autres termes, casse toi pauvre con serait une restitution inconsciente des sondages par l'Élysée.

Après tout, je me souviens qu'en pleine campagne présidentielle, le candidat UMP, croisant quelques élus socialistes un peu déstabilisés dans les couloirs de l'Assemblée, leur avait lâché narquois « Surtout ne changez rien ! ». Royal et Hollande auraient beau jeu, aujourd'hui, de lui retourner le compliment, avec les conséquences que l'on connaît, car si un Sarkozy fort a su faire l'union de la droite, un Sarkozy faible aura tôt fait de la détruire et de rouvrir les plaies qui l'ont longtemps affaiblie. Auquel cas un PS anéanti ferait face à une droite ruinée.
Nous serions alors tous très enthousiastes et confiants dans l'avenir.

Vignette: combat de coqs, une tradition

Commentaires (49) to “Casse-toi, pôv’con, analyse et gros mots”

  1. Je suis allée aujourd’hui au salon avec mes deux garçons qui ont été particulièrement turbulents. A un moment, ils ont échangé quelques horions et des insultes bien senties, épisode auquel j’ai pu donner du glamour en le décrivant à mon frère sous le terme d’”attitude présidentielle”.
    Mon avis sur tout ce vacarme : “much ado for nothing”.

  2. Génial! On avait le mot de Cambronne, maintenant, on a aussi le mot de Sarkozy..
    Ah, le français, cette douce et belle langue d’une richesse inégalée!

  3. le représentant du peuple, à gauche, insulte le président, à droite, d’une erreur grammaticale. Ce à quoi le président répond par une insulte bien sentie : “pauvre”.
    Il aurait pu aussi bien dire “salaud de pauvre” ou “pauvre électeur de gauche ruinée” ou “pauvre imbécile”.
    Il reste toujours le même décalage entre lui, le chef, le leader, et le reste du monde …..des pauvres.

    Celà dit, en banlieue, chez les pauvres ,”pauv’ con” c’est plus une promesse qu’une insulte.

  4. Oui, alors, bon, ai-je bien compris ? La réponse du Président n’est pas si inadaptée que cela ? C’est bien cela ?

    Ce sur quoi je suis d’accord c’est que “le clown analphabète” ne s’exprime pas extrêmement bien. Cela étant, Charles, à moins qu’il s’agisse de second degré qui m’a totalement échappé, ce qui est possible, il faut quand même se rendre compte que sans doute une immense majorité de français ne parlent pas le français mieux que cela. Le fait de mal s’exprimer ne dispense pas du respect, cependant.

    Mais la réponse de Nicolas Sarkozy est dépourvue d’à-propos. On voit bien par là que notre président est un gros communicant médiatique, mais qu’il ne sait pas communiquer avec les vraies gens. De Gaulle aurait dit (il l’a dit, d’ailleurs, dans des circonstances similaires) : “vaste programme”.
    Bon, OK, n’est pas De Gaulle qui veut.
    Et pour finir, il faut certes relativiser le problème, mais malgré tout, il me semble que ce soit “much a do for something”. Ca révèle la personnalité du président. Arrêt sur Images en fait une bonne analyse.

    http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=461

  5. Mais on le sait qu’il est comme ça et on le savait avant qu’il ne soit élu.
    J’en ai un assez du choeur des vierges faussement effarouchées qui jouissent en criant au loup.
    J’aimerais entendre parler plus du fond que de la forme et surtout en termes de propositions concrètes et réalistes.

  6. Mince : il manque un peu.
    Lire : j’en ai un peu assez.
    Le correctif n’est pas clair, désolée !

  7. @ Armel
    Oui, en fait les deux sont vulgaires et déplacés dans leur attitude et leur réaction. Dos à dos. On me dira que l’un est président et l’autre pas. Et alors?
    @Marie Hélène
    Fillon s’occupe du fond, assez bien d’ailleurs, et les Français appuient. On verra comment l’image de Sarko évolue sur cinq ans.
    @LeGab
    L’insulteur était peut-être très riche… qui sait?
    CG

  8. Je ne parlais pas de notre duo lorsque je parlais de propositions concrètes et efficaces, je parlais du choeur des vierges de l’opposition. La plupart d’entre eux m’exaspèrent. Que de la gueule aurait dit mon père.
    Fillon est au charbon et il y a beaucoup de dossiers qui avancent. C’est un énorme progrès par rapport à la situation précédente avec un premier ministre qui faisait à la fois don quichote et les moulins à vent mais sans le génie de Cervantès.
    Sarko fait du Sarko. Ca ne me trouble pas plus que ça.
    Par contre, je suis ennuyée de ne pas voir se dessiner une ligne claire en matière de politique économique.

  9. l’insulteur président ou l’insulteur “pauvre con” ?

  10. @Le Gab
    En fait, dans l’idiome “Pov’con”, le mot pauvre ne doit pas être pris au sens littéral, disons économique, mais au sens de petit. Autrement dit pov’con = p’tit con. Compte tenu de l’insulte initiale, j’aurais personnellement opté pour “sal’con”, mieux appareillé au crétin d’en face. Mais je ne suis pas président de la république.

  11. Personnellement, lorsqu’un petit gars avec un sourire de vendeur de BMW se pointe dans un lieu public en bousculant tout le monde et me touche le bras comme si nous avions partagé les mêmes maitresses, il doit s’attendre à avoir mal au nez et son sang sur les gencives.
    je trouve que le “pauv’con” à été faible en grammaire mais très fort en “self-control”.

    Avez vous remarqué que ça n’est jamais arrivé à chirac ? Qui lui était grand et fort…..

    Sauf en Israél contre des militaires armés, légitime défense,et en anglais ! il nous a bien fait rien le grand , ce jour là.

  12. Il faut lire : “il nous a bien fait RIRE le grand !”

  13. Marie Helene I couldn’t agree more. Wouldn’t it be great if the left in France stopped staring at there belly button and started coming up with some ideas. It seems that biggest role for the opposition in France is to run around like flies and annoy everybody. Come up with some ideas instead if you really want to threaten Sarko and his parliment. I know that introspection is key to working with others, but what is there to look at anymore?
    Ohh and yes I find that Sarko’s remarks are unfortunate and probably showed us his real personality, BUT don’t we have other things to pay attention to? Don’t the journalists have better stories?

  14. En son temps Zidane avait été rapidement pardonné pour son écart de “langage” à l’endroit du débonnaire et diplomate Materrazzi.
    Il est évident que la gauche pardonne plus vite à ceux qui marquent des buts.

    Le geste de Zidane et la parole de Sarko ne sont pas des attitudes anodines. Ils montrent un changement important qui donne la priorité au code de l’honneur sur le droit, de la famille, ou la tribu, sur la société.

    Vous avez dit faillite ?

  15. Charles : si l’un est président et l’autre pas, l’un a, me semble-t-il un minimum d’exemplarité et de retenue à démontrer. L’autre n’engage que lui-même. C’est déjà beaucoup, mais l’un représente la France, ce qui lui donne plus de devoirs que de droits, notamment celui de bien se tenir. Ce n’est peut-être pas très grave, mais la déliquescence du sentiment républicain et de la mesure de toute chose commence par le haut.

  16. Well, let me give you my feeling.
    JF Kanh et le choeur des vierges s’inquiètent de ce que la démocratie pourrait être mise à mal par Sarkozy. Il me semble à l’inverse que Sarkozy se trouve lourdement mis à mal par la démocratie.
    Marianne pourrait-il exister en Russie? En Chine? En Arabie Saoudite? En Iran?
    Et Kanh n’a pas encore été offert en pature aux aligators des jardins de l’Elysée. Ce qui, en passant, est mieux pour leur santé. Ne jamais manger n’importe quoi.
    Au finish, on peut s’énerver, mais l’hystérie de la gauche a quelque chose de ridicule à mes yeux. Pour autant, je préfère qu’ils s’en prennent à Sarko pandant que Fillon réforme dans l’ombre.

  17. Je suis assez d’accord avec l’analyse de Legab. Toute cette affaire du salon de l’agriculture tient au comportement exhubérant du président. Regardez les vidéos de Nicolas avec Bush, Poutine, Merkel et tous les autres. Le président, comme Bush d’ailleurs, ne peut s’empécher de s’essuyer les mains sur les manches de veste et de taper sur l’épaule de tout le monde à la façon des cow-boys. Notre brave visiteur du salon à la veste claire sortait peut-être tout juste de chez le teinturier … Regardez bien la vidéo, vous verrez, ce n’est pas idiot. Vous ajoutez à cela que le visiteur ne devait pas être un fan … et voilà une affaire d’état. Tout le reste n’est que bruit médiatique et avis divergents en fonction de la couleur, non pas de la veste mais politique.
    De passage sur un blog, je donnais juste un avis.

  18. Oui, vous avez raison, il touche un peu trop les gens, même par affection, c’est désagréable. Mais sur la video, ça n’est pas très clair.

  19. Je passe moi aussi et me permets de donner juste un avis…
    Je trouve votre billet très drôle, et ses trois dernières phrases tristement très lucides…

  20. Billet bien vu –quoique un peu alambiqué -, : effectivement Nicolas a toujours eu quelque chose de pathétiquement puéril auquel il rajoute à présent un comportement suicidaire. Ceci , joint à la vulgarité de sa pensée , de ses arguments et de son comportement donne un résultat qui décoiffe sans convaincre ni faire avancer quoique ce soit.
    Probablement un nouveau chemin vers la momification et la paralysie , notre sur-idéal refoulé.

    La péripétie du salon de l’agriculture est édifiante et probante dans ses origines comme dans son traitement médiatique. Bien sûr, Dame Opinion , que Sarko a peu à peu retourné contre lui avec la ‘complicité’ des médias donneurs de leçon à 3 sous (ça fait un lifting de virginité pas cher) , a retenu -non sans pertinence- l’incohérence entre son comportement et ses discours (exercice juste mais plutôt facile …) , et surtout sa déplorable exemplarité … –tout en lui faisant par ailleurs une belle publicité – (Transparence oblige) !!!

    Il faut entendre comme nos moralistes de guôche et de nulle part ont sauté sur l’occasion comme on saute sur le bifteck ! Ah, les braves gens jamais en retard d’une candide hypocrisie lorsque l’impétrant pense à droite , et étrangement amnésique ou sélectivement occupés à d’autres combats lorsqu’il penche à gauche !
    Bien entendu , ça n’empêche pas une relative pertinence dans le menu de l’analyse. Et les justifications pénibles de quelques personnalités de droite embarrassées constituent, un bonus roboratif à l’exercice de leur esprit critique.

    Mais finalement , une fois effectuée cette dissection dans l’ hyper-détail , on a complètement perdu le sens des proportions et du réel. Mieux : on va même allègrement dans le dézinguage des quelques valeurs qu’on prétend réanimer …

    Car s’il y a un enseignement , un genre de conclusion édifiante à cette petite fable de La Fontaine, c’est qu’une provocation grossièrement insultante mais bien calibrée , faite sous l’œil vigilant d’au moins une caméra citoyenne, au service de ioutioub -Big Brother démocratique- sera toujours payante !

    La grossière insulte incivile est en fait un test salutaire du comportement « citoyen » de mon frère ! La moindre réaction de la part de l’insulté sera nano-décortiquée jusque dans ses moindres failles, ses moindres zones d’ombre de non-dits ou sur-dits, et de sous-entendus ! Et finira forcément à charge.

    La voilà la belle conclusion pratique qui n’aura pas échappé à de nombreux « citoyens » (Qu’il est beau –et pratique- ce mot qui libère en obligeant toujours l’autre ) : la provocation élevée au rang des bôz’arts !

    Déjà nos sauvageons – pas si bêtes que ça- utilisent régulièrement cette technique vis à vis de tout ce qui est porteur d’un reste d’autorité ou de contrainte : ils auraient bien tort puisque l’opinion finit toujours par leur accorder , dans sa grande compréhension maternelle, un non lieu ou même ‘raison’ … car –au fond-, ‘on a toujours raison de se révolter’ ! Les voilà donc renforcés dans leur assurance !
    Que s’étende donc à présent cette saine pratique qui permet à chacun d’exprimer sa légitime haine de tout ce qui ne pense pas comme soi .

    Bien entendu, cette bienveillance sera suspendue –pour une période finie- lorsque le provocateur aura lardé de coups de couteau le représentant de l’altérité oppressante, symbole du pouvoir.

    Quoique s’il n’y a pas préméditation, de simples excuses peuvent suffire.

  21. Charles,

    Toujours plein d’une indulgence à sens unique — ou d’un sens de l’ironie qui confine à l’opacité ? —, vous considérez que “Sarkozy, lui, reste simple, direct et rapide.”
    Je formulerais les choses à peine différemment : Sarkozy, lui, reste vulgaire, brutal et méprisant.

    Vous répondez à Armel :”On me dira que l’un est président et l’autre pas. Et alors?”
    Alors, on est peut-être en droit d’attendre de celui qui a été élu par le peuple français à la fonction suprême qu’il ne se comporte pas comme le dernier des beaufs.

    L’argument me semble quand même assez hallucinant qui consiste à dire : Bah, c’est pas grave, mon concierge s’exprime comme ça quand il est bourré. À quand les flatulances en conseil de l’ONU, les rots sonores à l’oreille d’Angela Merkel, les blagues de cul en direct au 20h, la main au panier de Carla pour faire marrer les copains (quoique, il ne l’a pas déjà fait, ça ?), etc. ?

    Ça, ce serait de la bonne grosse rupture sans tabou.

    @Oppossum :

    Sur l’impunité supposée des “sauvageons”, vous faites une lecture diamétralement contraire à la réalité. Les lois — notamment à l’encontre des mineurs — n’ont jamais été aussi répressives sous la Ve. Cela me paraît pour le moins curieus de taxer de laxisme un peuple qui a mis au centre des deux dernières élections présidentielles la “question” de l’insécurité, qui a porté le parti d’extrême-droite au second tour de l’élection précédente, qui accepte avec délectation la criminalisation de la maladie mentale, qui approuve la loi de rétention de sûreté (Dati : “Au nom de quoi, un condamné devrait-il être automatiquement remis en liberté à l’issue de sa peine ?”!!!), etc.

    Comme vous le savez probablement, le lycéen qui avait poignardé sa professeure (laquelle a heureusement survécu) vient d’être condamné à treize ans de prison ferme.
    “l’opinion finit toujours par leur accorder , dans sa grande compréhension maternelle, un non lieu ou même ‘raison’ … car –au fond-, ‘on a toujours raison de se révolter’ !”
    Vraiment, je ne vois pas ce qui, en dehors du fantasme, peut vous amener à cette conclusion.

  22. Cher Charles, j’avoue ne pas comprendre ton propos : tu ne serais plus gaulliste ? le style Sarko te séduirait-il davantage désormais ? J’avoue que je suis perplexe. Mais cela ne durera pas, il y en aura d’autres. Hélas, trois fois hélas. Mais je ne pousserai pas très fort mon fils dans les leçons d’éducation civique prévus pour son CM2 l’an prochain. De là à ce qu’il me traite de “pov’con” et qu’il s’en prenne une. Bon, au fait, la croissance elle arrive quand ?

  23. Ca faisait longtemps qu’Antoine Bloch ne m’en avait pas collée une. Si on ne peut plus être de mauvaise foi, je me demande bien ce que je vais pouvoir écrire. La seule réfrence historique dont nous disposons pour éclairer la comportement présidentiel est celui de Bonaparte qui adorait choquer l’aristocratie en reprenant le langage de la troupe. Jusque là, je m’étais tu sur ce détail. Mais allez, il m’agace aussi, par moment, le lauréat.
    Alain, profite du petit tant qu’il est en CM2. C’est une peu plus tard qu’il le pensera certainement, à défaut de le dire…

  24. Antoine, que certaines lois aillent, peut-être, dans un sens ‘repressif’ dans les textes est une chose. La réalité de leur application en est une autre.
    Que Mackie le surineur écope de 13 ans est l’arbre qui cache la foret . Les fera-t-il d’ailleurs ? -mais la question n’est pas là-.
    La question est la foule de petites délinquances à la marge de la provocation, du larçin ,de la petite escroquerie , du jeu oscillant entre l’acte gratuit , la vengeance et l’affirmation de soi dans une société qui cultive des utopies et des rêves qu’elle n’a plus les moyens de s’offrir.
    Et là, vous savez très bien qu’en de nombreux endroits , une minorité arrive à imposer sa loi et à déséquilibrer des pans urbains , en toute semi-quiétude . L’état montre d’ailleurs l’exemple en fournissant dans les enceinte de nombreux établissements scolaires, un apprentissage à la provocation bien calibrée, sur le dos des ‘professeurs’, historiquement complices de cette lente regression de toute autorité , discipline ou forme de pouvoit quelconque !
    Bref, mis de côté quelques spasmes convulsifs et un état d’énervement et d’aveuglement généralisé, vous ne ferez croire à personne que nous vivons dans une société vraiment repressive, surtout vis à vis de la petite voyoucratie française.

    Ce qui ne signifie pas qu’il n’y ait pas une ‘violence’ de la société envers les individus mais elle est d’un tout autre ordre et provient de dérèglements dûs à un accroissement des droits de chacun qui n’est plus “financé” ni par des devoirs ou même un ‘travail’ (au noble sens général) de qui que ce soit.

    Mais revenons à nos moutons ‘repressifs’ : bref, qu’on fasse jouer ses muscles, qu’on gonfle sa trique qu’on joue parfois aux guignols avec bavures et psychodrames insolubles à la française, est une chose … mais la réalité est malheureusement autre … :
    … d’ailleurs , elle est si repressive que ça notre société qu’à présent même des enfants tendent des pièges aux flics qu’ils canardent au plomb ! Bon !, manière de jeux me direz-vous … ou peut-être que la réalité de cet état de terreur n’est point encore parvenue aux oreilles de nos sauvageons ?

    Donc oui nous sommes bien dans une société laxiste, et ce de la façon la plus vicieuse qui soit, car la chose n’est pas revendiqué, elle s’ est organisée de façon insidieuse , obscure , hypocrite, par une suite de renoncements commodes , vaguement maternants et fortement idéologisés.

    Et la France a eu beau mettre -soi disant- cette question de l’insécurité au centre de ce qui ressemble plus à une crise de nerf qu’à un débat , ça ne signifie pas pour autant -au contraire, même - que le noeud soit dénoué ou tranché !
    C’est d’ailleurs plus la droite qui pose le problème (pour tenter de le dissoudre ensuite dans de fausses statistiques ) que la gauche, qui commence -lorqu’elle est au pouvoir- par nier le problème, puis parle de mauvaise ‘perception’ d’un ’sentiment’ d’insécurité, puis avoue benoitement qu’elle a fait preuve d’angélisme et termine enfin en constatant (lorsque le droite est au pouvoir) qu’effectivement il y a un problème … et que seule la droite en est responsable par sa politique de repression aveugle
    CQFD.

  25. @ charles, tu as raison cela arrivera. Nous avons justement visité le tombeau de Napo aux Invalides, je comprends mieux la portée de son règne à la lecture des stèles… Et probablement aussi à l’oscillation permanente qu’illustrent les positions d’Oppossum et Antoine et dont et l’une et l’autre montre leur “échec” ou faible retour sur investissement. Et la croissance, bordel ?

  26. Et la croissance bordel ?
    Le voilà le joli caca dans lequel il faut mettre le nez de tous ceux qui ont cru que Nicolas serait le Glenn Gould de la politique, qui irait la chercher avec les dents.

    Bon je ne suis pas sûr que ces oscillations démagogiques sur fond de fétichisation de cette notion, soient la bonne façon de traiter ou penser le fond d’un problème (qui se situe probablement ailleurs) mais pourquoi se priver de ces petits plaisirs … ? …
    … si c’est de bonne guerre ? . Bien joué , Alain !

  27. merci o’pensum pour cette fumeuse apologie du maréchalisme à la sauce chevènement. Vos détours scientistes peinent à masquer la mesquinerie de votre pensée étriquée .
    En héraut (-a.u.t., ‘faut tout de même pas charrier…) de la miedocratie* ordinaire, vous fustigez à grand renfort d’arguments anxiogènes montés en mayonnaise médiatique, le laxisme de la « société » envers une « minorité » qui, je vous cite « arrive à imposer sa loi et à déséquilibrer des pans urbains, en toute semi-quiétude ». Sans blague ? Comment pourrait-il subsister la moindre « minorité » déviante dans ce doux pays quand les prisons et autres établissements de détention regorgent de clientèle : 61 000 personnes détenues au 1er janvier 2008 (source : www.presse.justice.gouv.fr) - pour 51 000 places disponibles, soit près d’un habitant sur mille. C’est-y qu’on aurait mis au trou d’honnêtes pères de famille, travailleurs et patriotes en lieu et place de « petits » sauvages (ou du moins leurs descendants) arrogants et rossards?
    Vous n’avez pas l’heur de croire en la Justice de votre pays, pas plus qu’en l’Education, accusée d’avoir enfanté le monstre qui la dévore (Allons bon ! Tout n’est pas perdu. Voici quelques propositions de messages à fin de sensibilisation des populations engluées dans leur(s) utopie(s) humaniste(s), à placarder au frontispice des établissements scolaires, mais pas seulement; bibliothèques, bureaux, gares, aéroports, ministères, zincs, etc. chaque frange de la masse laborieuse doit se montrer réceptive et les mots d’ordre circuler de manière universelle et sans entrave: L’abus de savoir nuit gravement à votre santé et à celle de votre entourage – Penser tue – etc…) Perte de temps et d’argent si durement sué : des magistrats ronflants drapés dans leur dignité outrée au moindre début de velléité d’entorse à leurs chers droits fondamentaux (Aaah ! Quel paradis du bon peuple que ces contrées où la nécessité fait loi !) ne valent guère mieux que ces tire-au-cul de profs permissifs et froussards.
    Que faut-il en déduire alors sur la nature des remèdes que vous souhaitez apporter aux souffrances de cette « société » qui vous affectent tant ? Une régulation malthusienne (euphémisme délibéré) par l’identification chimique du gène malin et l’éradication ex ante des cellules récalcitrantes ? A moins qu’à la froideur eugénique d’une efficacité incertaine vous ne préfériez la bonne vieille gégène, tellement plus cathartique ? Ouais, ‘farpaitement, une bonne guerre, y a qu’ça de vrai!

    Cher Charles’, votre blog si élégant, si finement troussé, et que je me plais tant à fréquenter depuis quelques semaines (je prends le train en marche) exhale par moment sa nostalgie de la coloniale et du sous-homme… Air – frelaté – du temps ? Je ne saurais blâmer les mômes (et les autres) qui refusent de se reconnaître dans ce schème.
    Au plaisir,

    * miedocratie” : un système de gouvernement basé sur les peurs [miedo signifiant peur] qui frappent les sociétés ouvertes (dixit Popper), lesquelles sont de plus en plus enclines, depuis quelque temps, à se refermer sur elles-mêmes (in www.lemonde.fr/europe/article/2008/03/04/
    les-elections-espagnoles-democrates-et-mediocrates-par-juan-luis-cebrian_1018478_3214.html

  28. Chère sabrina j’essaie d’appeler un chat : un chat. En évitant surtout la case Maré-chal.
    Vous avez raison, on réussit , en France à avoir, je crois, un taux de séjour flatteur dans nos établissement pénitenciers ainsi qu’un taux de policiers qui nous place dans le peloton de tête européen, et ceci en plus d’une très belle qualité du ’sentiment’ d’insécurité ! C’est magnifique.

    Mais on reste -désolé pour vous?- dans un état de droit (malgré de regrettables toilettages qui s’encalamineront - comme le reste-) . Et dans une situation globalement laxiste , ce qui n’a rien à voir avoir la gesticulation névrotique à caractère policier. Plutôt un genre de poisse où la sensiblerie a tué la sensibilité et altére toute lucidité.

    En ce qui concerne l’éducation Nationale je partage votre défense des enseignants qui ne sont ni tire-au-cul, ni froussards , ni particulièrement tire-au-flanc. Néanmoins un certain état d’esprit joint à des présupposés basés tout de même sur une certaine permissivité ont dégradé cette institution peu à peu , au fil de l’eau, sans que personne n’en soit vraiment responsable, à un point tel que toute réformette , de droite comme de gauche, est vouée à l’enlisement. Et toute perfusion à coup de subventions est voué à l’inefficacité totale.

    Ah !!!!! les utopies de mon prof de philo des anneés 70, rêvant d’établissements scolaire comme lieu d’auto-discipline , sans grilles, lieux de savoir ré-investi !, ouverts aux ‘masses’ -comme on disait- , ouvert à la vie, à tout les courants de la ville … .
    Il est à la retraite à présent.

    Quant au reste que vous me pretez , je vous le rends presto, ne m’y reconnaissant pas trop. Ces raccourcis touffus (vous fumez quoi ? ;) ) que vous prenez ne sont pas sur mon petit chemin.

    Partageons plutôt consensuellement notre admiration pour le maitre de ces lieux!

    PS/ Attention aux contrefaçons ‘humanistes’ et aux généralisations hatives. Bise.

  29. … tout est dans la signature ;)

    Un partagas à l’occasion mais chut! mon mari ne le sait pas.

  30. Un de mes amis agriculteur m’a raconté ce qui s’est réellement passé.

    Le Président avait, ce jour là, mis par inadvertance sa main dans un bouse de vache, en voulant récupérer une rondelle de saucisson qui était tombé par terre.

    N’ayant aucune serviette pour s’essuyer, il s’est dirigé vers un gentil Monsieur qui, précisement, venait de sortir un mouchoir de sa poche !

    Vous connessez la suite…

  31. Rhâ, Charles, malgré tant de talent, je reste hétérosexuel.

    “De la claque au cul des vaches au coup de pied au cul des cons, c’est toute une poésie rurale qui est revisitée, en même temps que la fonction présidentielle”

    Celle-là, ça restera une phrase culte !

  32. Sabrina bonjour, belle réaction, belle plume.
    51000 lits pour 61000 clients? Les prix vont flamber! Ca va? C’est assez colonialo-sous-hommes?
    Non, je ne me relirai pas pour l’occasion, mais je ne vois pas bien où est ma reconnaissance de la contribution positive du colonialisme. Pourquoi donc dites-vous cela?
    Quant au pastis, j’adhère.
    Oppossum, je suis avec vous sur le mythe répressif français. En Chine alors que nos banlieues flambaient en 2005, je peinais à expliquer à mes partenaires locaux pourquoi les cadavres ne se ramassaient pas à la pelle au petit matin. 68 a initié le pays au simulacre révolutionnaire. Il s’y tient. Il l’aime.
    La tolérance démocratique, par définition majoritaire, peut-elle se laisser subvertir par l’intolérance naturelle des minorités exposées? Hum… parcelle minée…

  33. Du temps, heureusement achevé, où j’enseignais, je m’obligeais à une attitude courtoise et calme et à un comportement raisonnable envers mes élèves (et, plus difficile, envers leurs parents) : pas de mouvement d’humeur, pas de lassitude bruyante, toujours souriante et positive, pour partir sur des bases de travail et une ambiance aussi saine et chaleureuse que possible (il y a des jours où l’on est fatiguée, pas concentré, etc…). Je ne vois pas pourquoi le président ne ferait pas la même chose envers les Français.

  34. Et pourtant la demande n’est pas prête de se retourner. Curieux marché que celui de la taule… Faut croire qu’il existe des facilités à l’entrée (étalement des créances sur plusieurs générations, tarifs préférentiels accordés sur foi de l’allèle commun…)

    Je me vois contrainte de rectifier le tir : je serais plutôt volutes (paRtagas) que vapeurs (paStaga…) Dois-je mettre cette méprise diplomatique sur le compte d’un Bourbon 12 ans d’âge qui vous aurait fait du gringue à l’approche du Triangle maudit, ou du velours rêche de l’Hyatt qui aurait eu raison des aspirations au repos de l’executive jet-lagué, version contemporaine du guerrier d’antan ?
    Pour le reste j’admets une légère emphase toute polémique, à la mesure des arguments massues tartinés à longueur de supports diverses et variés, dont hélas ! parfois votre blog. Inutile de revoir vos copies, vos billets ne sont pas en cause (pour ce que j’ai pu lire), tout au plus quelques commentaires de lecteurs. Mais voyez-vous, il y eut l’image de ce vintage banania écharpé, qui eut l’heur de vous inspirer comme une nostalgie du fil de l’eau (« Vienne la nuit sonne l’heure Les jours s’en vont et je demeure… ») Mince ! J’vais pas me commettre en psy de comptoir, mais la référence me semblait contenir son lot de révélation inconsciente. Rappel d’une époque où l’homme africain était dans l’imaginaire le plus bienveillant, un « nègre » bonasse et docile. Rappel à votre enfance. Difficile de ne pas établir un constat désolé sur la persistance à l’âge adulte d’une imprégnation mentale stéréotypée, même chez les individus les plus évolués (l’éducation étant à mes yeux le critère ultime de l’évolution, et l’expérience de la protestation, son paroxysme… lol). Echec de la science ou élucubration post traumatique de votre serviteur(e) à la lecture du commentaire d’Opposum ? Je mettrai dorénavant ce rapprochement sur le compte d’une simple coïncidence.

    L’intolérance « naturelle » des minorités, par contre, c’est vous qui le dîtes… Je trouve que vous empruntez de curieux détours pour qualifier une pensée jugée subversive. J’y reviendrai à l’ocaz’.

    Le terrain du dialogue et de l’échange n’est jamais miné. A moins qu’il n’accueille aveugles et sourds… (sans vouloir offusquer quiconque).

  35. J’écoute Bring On The Night sur l’Ipod en lisant votre réponse. Ce kick sur la troisième noire m’a toujours fasciné. Et la pluie de notes d’Andy…
    Remarques pertinentes sur la sidérurgie. Oui. Belle entrée.
    Un type vient de m’amener ma laundry et j’ai arrêté de fumer début janvier.
    N’hésitez pas, Sabrina, c’est au comptoir que les psy sont acceptables avec un Bourbon et des fantasmes de 12 ans d’âge, à parler du triangle, justement, ce triangle, cette obsession, cette malédiction, ce salut.
    Revenez donc, si l’ocaz’

  36. Laissez-moi mon Banania. Au moins ça.

  37. Fichtre. Il fallait le trouver, le parallèle Banania-colonialisme.

    D’ici quelques années, des personnes bien intentionnées organiseront de gigantesques bûchers de Banania en plein centre-ville et personne ne sera particulièrement étonné.

  38. Le Bourbon a 12 ans. Le Bourbon peut avoir 12 ans d’âge lorsque l’on traduit l’anglais mot à mot. Soyons précis et juste avec les choses qui ont véritablement de l’importance.
    Et voilà la phrase coloniale du jour “il vaut mieux un Bourbon de 12 ans qu’un Banania de 40″

    Les Réunionais apprécieront……

  39. J’avale du Bourbon par procuration à chaque page tournée dans le comté de Yoknapatawpha. Définitivement hors d’âge. Un épi de maïs, une montre cassée, des pylônes, un filet de sang continu, une rivière en crue… Dois-je arrêter l’alcool, d’après vous ? Sinon je n’ai jamais connu d’autre psy qu’Antonio Lobo Antunes et à ce jour, nous n’avons pas fait comptoir commun. M’en fiche, j’aime les pierres.

    Bring on the Night, je suppose que je devais écouter ce genre de chose, à 12 ans.

  40. Sabrina, on reste donc dans la tranche des 12 ans. Bourbon on the Rock, en somme, même année.

  41. “Oppossum, je suis avec vous sur le mythe répressif français. En Chine alors que nos banlieues flambaient en 2005, je peinais à expliquer à mes partenaires locaux pourquoi les cadavres ne se ramassaient pas à la pelle au petit matin”.

    Charles, Charles, Charles… Vous valez tellement mieux que ça.

  42. Sabrina, je trouve dommage que vous utilisiez l’imparfait au sujet de POLICE.
    Alors que vous parlez des pierres (STONES) au présent.

  43. Non, non, Antoine, je signe. Cette façon unique et française de mettre le pays à feu sans le mettre à sang fait de nous les champions du simulacre révolutionnaire. Il faut pour cela une police plutôt bienveillante, non? D’autres nous l’envient, au Tibet ou ailleurs.

  44. Charles,

    Je sens, dans votre plume, comme un accent d’envie vis-à-vis des admirables forces de Police de Chine et d’ailleurs, qui savent traiter le sauvageon au char d’assaut.
    Et cet accent n’est pas des plus seyants.

  45. Ah, Antoine, vous deviez être de bien mauvaise humeur hier soir pour écrire cela! Le procès d’intention n’est pas votre forme habituelle et vous y êtes presque.
    Je n’ai aucun goût pour la boucherie ou la brutalité, mais je souris souvent en pensant à ceux de vos amis politiques qui dénoncent aujourd’hui et au chaud la barbarie en France après l’avoir complaisamment ignorée hier à Cuba, en URSS ou en Chine - ces modèles politiques-, à l’époque où le livre Rouge (sang), justement, montrait au monde la voie à suivre.

    Je pars ce matin pour Shanghai où, je suis sûr, personne ne parle du Tibet. C’est triste.

  46. Charité bien ordonnée commençant pas soi même , il est juste de dénoncer sa propre “barbarie” avant de parler de celle des autres.
    Et de lutter ainsi contre la sinoisation des méthodes de la police Française.

    Si l’on écoute les partisans du “c’est pire ailleurs” on fini inéluctablement à “c’est l’enfer partout”

  47. Ô tempora ! Ô mores ! L’individualisme s’arrête là où commence la peur de l’autre. Il s’en faut de 3 plumes et 2 ronds de fumée à l’horizon lointain pour que not’ vaillant cow-boy compose fissa le 911. Quelle déception…

    Revenons à nos minorités naturellement intolérantes. Je m’interroge : une opinion serait-elle d’emblée réduite au silence (à l’autocensure ?) dès lors qu’une expression démocratique distincte se serait imposée ? De quel droit ? Et pourquoi l’une doit-elle nécessairement exclure l’autre ad vitam ? C’est non seulement absurde dans l’absolu et contraire à l’esprit des Lumières, mais suicidaire dans la pratique.

    Eruptions. Il existe bien, me direz-vous, dans nos systèmes représentatifs une opposition institutionnalisée. Soit, mais imaginez que l’on refuse à tout ou partie de cette opposition les moyens de son expression au motif qu’elle ne véhicule pas l’opinion du plus grand nombre. Que croyez-vous qu’il advienne sous nos latitudes tempérées ? Un prurit persistant aux origines pathologiques diverses (je vous rejoins sur la mystification soixante-huitarde, bien que n’ayant pas vécu cette période – je n’étais pas née. La France ne connaîtra pas de sitôt une révolution à moins d’un choc inopiné avec un corps céleste égaré - le pauvre ! La gamelle est encore trop garnie) Pour le pire : vingt-cinq ans d’une expression xénophobe qui s’alimente volontiers des secousses urbaines et sub-urbaines récurrentes et donne le « la » du débat public ; pour le « meilleur » : une frange toujours plus grande de la jeunesse désabusée, repliée sur de mornes utopies lénifiantes (80% des jeunes diplômés auraient manifesté leur souhait d’intégrer la fonction publique, pas tellement mus par l’envie de servir, sinon par le besoin de se préserver des aléas économiques – la planque, quoi…), dans laquelle on retrouve bon nombre de nos enfants de déracinés. Symptôme d’une société malade de sa permissivité, diront les uns, de ses peurs, diront les autres. Dans tous les cas, la réaction aussi agressive qu’elle soit, procède de causes identifiables et identifiées imputables à la pratique (pratique politique, juridique, sociale, éducative, ethnique même – j’ose !) et non à je ne sais quels caractères intrinsèques (… Seriez-vous un romantique qui s’ignore, Charles’ !?) Et tout un chacun (ou presque), à tout bout de champ, affecte de s’en offusquer et agite accessoirement les épouvantails de service. A croire qu’il s’agit d’un sport national. C’est pathétique.

    Bon et après ? Doit-on vraiment continuer sur le registre de la stigmatisation et du bras de fer (goodies vs baddies) pendant que la toupie poursuit sa révolution (c’est bien la seule) et que le soleil se lève à l’Est toujours plus radieux (enfin, pas pour tout le monde, mais c’est une autre histoire. Je vous engage toutefois à jeter un œil sur la terminologie utilisée pour qualifier les évènements qui secouent actuellement le pays des neiges éternelles. La terminologie chinoise officielle. Et de comparer avec ce que l’on peut lire et entendre de ci de là, en Europe, sur d’autres sujets… Edifiant) ? Ou va-t-on enfin se regarder en face ? Au degré de richesse et d’éducation atteint par nos sociétés, c’est bien le moins qu’on puisse en attendre.

    Je ne sais s’il faut élargir la gamme des formes, des couleurs et des mœurs dans l’audiovisuel et la vie politique (on a les référents culturels qu’on peut), je ne sais s’il faut inscrire la diversité dans le Constitution française et à dire le vrai, je m’en tape, mais je reste persuadée qu’il importe de dépasser les postures victimaires et les peurs qu’elles inspirent pour accepter la différence et ses variations sur le même thème, comme une manifestation de sa propre humanité. Que vous le vouliez ou non (et je ne m’adresse pas nécessairement à vous, Charles’), les gosses des banlieues sont vos enfants, même s’ils n’ont aucun aïeul à faire valoir sur les monuments aux morts de leurs communes (encore que, si on avait pris soin d’en édifier dans le bled, y aurait eu matière …) Faudrait peut-être que vous commenciez d’accepter l’idée qu’ils seront le réceptacle et le témoin de votre mémoire (…Frissons dans la salle !)

  48. ahh, Charles quel plaisir de vous lire et quelle discussion de haute volée vous suscitez …( je sais: il est un peu tard pour venir lire un article du mois dernier mais j’aurai deux maux à dire au flux rss)
    ahh, sabrina, quel plaisir également de vous écouter (et oui, je n’ai pas l’impression de lire quand une prose me parle autant)

  49. l’absence de MAJUSCULE à Sabrina est totalement fortuite…

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