Alerte

nucleaire.jpgArrivé mercredi soir en Slovénie, Ljubljana. Très vert, très pluvieux, une belle terre grasse et  gorgée d'eau, la cascade feuillue des camaïeux du printemps, le sentiment que les montagnes ont été tondues pour nous, que les Porsche, les Mercedes et les 4X4 ont été lavés trois fois le matin même. Dans la logique du propre et du sale, les Slovènes ont choisi. Aux Trois Ponts, les touristes mitraillent les trois ponts. La citadelle tient bon, pas un char serbe depuis 91. L'indépendance du pays, alors, a fait sept morts. Chez nous, la moindre boîte de nuit en sortie de grande ville fait mieux tous les weekends. Bienvenue donc chez un bon élève. Un sentiment de sécurité que je pensais n'exister qu'en Suisse.

Au cours du dîner, le serveur s'approche et, avec un bon sourire, nous annonce un petit pépin dans une centrale nucléaire du pays, à cent kilomètres à l'est. Nous : ah ah ah ah, nous être français, ah ah ah, toi pas avoir peur, nuage s'arrêter à la limite du parking, as usual, baby… Toi peut retirer ton scaphandre, ah ah ah, ça être dur pour faire le service, toi en mettre partout, et  toi nous dire d'où vient le vent et nous  apporter autre bouteille de jaja. Jaja tout guérir… Jaja protéger le guerrier…

Retour à ma chambre, un petit crochet sur le net, par acquis de conscience, mais les nouvelles sont rassurantes. D'ailleurs mes mains restent bien opaques. Rien à craindre. C'est vrai, puisqu'ils le disent… L'Europe est en alerte nucléaire. Pas de quoi s'inquiéter.  Je me suis couché tôt après avoir refermé les mémoires de Suze Rotolo, à qui je dois de belles heures de sommeil. Déjà en 62, elle militait contre l'atome. Quelques rêves insolites ont traversé la nuit. J'étais seul à marcher dans une forêt profonde et majestueuse, un sous-bois au parfum lourd et puissant d'humus, j'en passais la lisière et débouchais sur une vallée verdoyante et baignée d'une belle lumière où flottaient quelques moutons et où paissaient à l'envie de belles vaches, avec cinq pattes et un seul œil. Un type phosphorescent murmurait derrière moi « la preuve est faite, merde, et qu'on ne vienne pas me seriner que le nucléaire est un danger pour la biodiversité ». 

Je lis dans la presse du lendemain qu'il s'agissait d'une erreur. Juste une petite fuite anodine. La routine. Une secrétaire se serait trompée de formulaire. Elle aurait pris  le B400 - 789 / 409999786, Alerte Nucléaire Urgente et Sérieuse Nécessitant l'Évacuation Immédiate des 25 Pays de l'UE, au lieu du H567 - 765 / 782635467, Alerte Nucléaire Incontrôlable et Sans-solution Donc Ne Rien Faire. Et envoyé le tout à Bruxelles. C'est la procédure.

Bref, comme il en va souvent dans les affaires lorsqu'un groupe d'experts ou de gens importants fait face à une connerie qui tourne à la crise, c'est la faute d'une secrétaire analphabète qui ferait mieux d'apprendre ses formulaires par cœur plutôt que de passer son temps sur les forums écologiques.

Le lendemain, en réunion avec un client. Le sujet vient naturellement dans la discussion. Le mari de la secrétaire du directeur général travaille dans la centrale. Il dit qu'il n'y a pas de danger. Nous sommes rassurés, lui, on peut le croire. Le gouvernement, non.

Rassurant.

Vérité des femmes

cuisine.jpgUn thème difficile, qui nous concerne tous et qui caractérise le blogo-risk-taker véritable, le cyber-kamikaze, le type qui s'expose vraiment. Ca s'appelle risquer la moitié de son tapis. Statistiquement parlant.

Ségolène a ouvert la voie alors que, sondage JDD aidant, en novembre 2006, il était acquis qu'elle gagnerait « puisqu'elle était une femme ».

Parlons donc des femmes. Difficile. Il y a tant à dire sur le gynécée mental qui nous habite. Je pourrais commencer par Kiev, tiens, où je suis pour trois jours, une ville qu'elles arpentent comme le blé la campagne, blondes, souples, slaves et déterminées, à sillonner Hrescatik. Je pourrais aussi parler des cariatides trépidantes qui m'ont soutenu à leur manière - des pans entiers de ma vie : Janis Joplin, Joan Baez, Nina Simone, Marie-France Garaud, Patti Smith… Billie Holiday… Cherchez l'intruse. Celles-là, elles ont tordu le siècle sur les années charnières où la musique a basculé, ces années miennes. Où bien d'autres, femmes, filles, mères, sœurs, ex, collaboratrices, étrangères entrevues dans la porte à tambour du temps qui passe ou celle d'un hôtel de Macao - de toute façon elles sont partout, bien assurées sur les tréteaux du double X .

Donc parlons d'elles et cela nous ramène naturellement à Carla.

Carla Bruni Sarkozy, dite CBS dans les studios, la plus major des indépendantes, signée par Naïve, label indépendant qui sortira bientôt son deuxième opus. On la dit en studio en ce moment avec Dominique Blanc-Francart comme ingénieur du son. Ca devrait sonner. Lancement et carton mondial assuré. Or, j'avais une demi-heure à tuer à Saint-Germain, il y quelques jours, une parenthèse spatio-temporelle qui conduit presque automatiquement à osciller entre une visite rêveuse chez La Perla, d'un côté du boulevard, et une déambulation rêveuse dans les rayons de La Hune, de l'autre. Des deux options, j'ai choisi la deuxième, je veux dire la Hune. Enfin, je me comprends. C'est ainsi que j'ai découvert le livre de Pascale Clark. C'est le titre qui m'a accroché : « Après, Fred Chichin est mort ». J'ai feuilleté pour savoir après quoi, et je suis tombé sur ça : « Elle avait surtout croqué des connus pour ceux non exhaustifs qu'on lui connaissait, l'ex top modèle n'était pas un modèle de vertu, après tout la belle faisait ce qu'elle voulait de son cul, aucun mal à se faire du bien, demandez donc à ses ex. ». C'est écrit par une femme. Pas par Bigard. A propos d'une autre femme. CBS. Choqué, j'étais, sans bien comprendre ce que ce pauvre Chichin venait faire dans ce règlement de compte au sérail.

Je me suis demandé pourquoi cette Clark, dont je ne savais rien, déversait ainsi un fiel de bréhaigne conservatrice du Chesnay sur l'Élue de l'Élu. Règlement de compte ? Dans mon souvenir, Carla avait davantage fait dans le Jagger que dans le Chichin. Jalousie de femme contrefaite ? Vrai, Carla ni ne louche ni n'a le pied varus. Mais Clark, pourtant souvent hors champ, n'est pas mal non plus… J'ai feuilleté le livre. Douloureux, décousu, très en colère contre Sarko dont la rupture n'a pourtant pour rien à voir avec l'équarrissage amoureux qui fait sangloter et renifler l'auteur dans la salle d'embarquement d'un aéroport au retour du festival de Canne. On souffre avec elle, mais qu'est-ce que CBS et NS peuvent bien y faire ? Pourquoi tant de haine ? Rêveur, j'ai reposé le livre. Je l'ai acheté depuis. Pour voir.

Et je me suis rendu compte qu'au cours des quelques mois où nous avons tous poussé de petits cris et battu des mains en suivant l'idylle élyséenne, les commentaires les plus virulent - ceux du moins que j'ai retenus - ont toujours été proférés par des femmes. Très peu d'hommes se sont laissé aller à des « Cette pute variqueuse… » pour décrire l'acrobate devenue PDF (Première Dame de France). Le commentaire masculin, dans l'ensemble, est resté dans la ligne qu'on sait. Mais côté féminin, la surprise est totale. Trente années de d'émancipation pour en arriver au radical « Cette salope, cette voleuse d'hommes… », quelques mots qui fleurent bon la province et l'adultère bourgeois… Au fond, Pascale, parfait symbole de la subversion mondaine, version télé parisienne et cryptée, retrouvait dans le drame un fragment intact de sa nature profonde et, en situation de crise, en revenait aux fondamentaux. Elle sort ses griffes.

Finalement, l'émergence des femmes dans la politique n'a jamais été aussi sensible. Mais qui anticipait qu'avec elles s'imposeraient aussi les couples ? Adultère hollandais, qui nous vaut les mises au point matrimoniales de l'ancienne candidate… Yoyo affectif et remariage d'une Cecilia plus glaçante que le papier qui la porte… Coups de foudre élyséens et défilé à Londres… on se dit que, oui, la politique a changé. Peut-on dire qu'elle se féminise ? Qui répondra ?

Pas Chichin, en tout cas…

C’est juste que je n’ai pas le temps…

… mais ça va venir. Un billet à haut risque. Sur les femmes. Promis. Un pari insensé, extravagant… un truc à m'attirer cela !
A+

6 détails insignifiants à mon sujet

rio.jpgTagué par Jules et Koz , je m'y colle et j'ose.

1. Je suis d'un naturel optimiste, positif, joyeux. Leonard Cohen m'emmerde.
2. De longue date déçu par l'eau du bain, j'ai opté pour la douche. La température est constante et c'est bon pour Gaya.
3. Un soir au Mercer (au coin de Mercer et de Prince), je lisais François Bon dans le lobby, une bière servie par une chinoise sinueuse, la biographie des Rolling Stones, page 435, je crois. Elle s'est assise à côté de moi. Elle, c'était Fiona Apple. Moi, pas moufeté.
4. Avec mes amis, un groupe folk, il y a longtemps, nous faisons l'Olympia. De Paris.
5. Chaque année, je navigue au printemps. A la voile. Discrètement, j'essaie de marcher sur l'eau. Sans illusions.
6. J'avais treize ans. Un cheval est mort, la tête sur mes genoux. Il était gris et joueur. On disait de lui qu'il avait du sang arabe.

 Je ne tague que les filles: Neirie , Clarabel et Tamara . Grand bien leur fasse !

 Vignette: Rio, comme un lundi… retour demain.

Casse-toi, pôv’con, analyse et gros mots

cock.jpgJ'assiste en quasi direct sur ioutioub, comme chacun d'entre nous, à la visite du président aux jacistes enthousiastes et aux non moins ithyphalliques bovins de la Porte de Versailles, et je me dis que d'un président l'autre, d'une étable l'autre, - comme le soulignait hier soir un ami vétérinaire très saoul - on change de doigté. Une révolution culturelle, ça se lit aussi dans les détails. De la claque au cul des vaches au coup de pied au cul des cons, c'est toute une poésie rurale qui est revisitée, en même temps que la fonction présidentielle. Arrêtons-nous un peu sur l'image.

J'ai visionné et visionné encore cette séquence unique du rapport des français au pouvoir, et inversement, de l'élite à sa plèbe. L'ai passée à l'endroit, à l'envers, avec ou sans l'image, avec ou sans le son, j'ai observé un à un les visages qui entourent l'élu, essayé de comprendre la dynamique sous-jacente au drame, même cherché en passant des indices validant la mort de Paul McCartney en 1968. Voici mon analyse.

Concentrons-nous d'abord sur la phrase, celle - inacceptable - par quoi le scandale arrive : « Touche-moi pas, tu me salis ». Touche-moi pas… non mais d'où sort ce clown analphabète ? Une première évidence s'impose, ce type a fait son primaire en France, à l'École Publique la meilleure du monde, et a probablement calcifié pendant son secondaire les dommages grammaticaux hérités de la complaisance pédagogique post soixante-huitarde. Une confirmation vivante des scores désastreux du rapport PISA, en somme. Une deuxième évidence, ce type mal embouché est malhonnête et sans doute téléguidé par Marianne. Il vient de passer des heures à patauger dans le purin annuel de la porte de Versailles et refuse de goûter au toucher régalien d'un président rasé de frais, sans doute douché moins d'une heure auparavant. On rêve. Et venons-en donc à la réaction, somme toute assez modérée, de Nicolas. Franchement, un type me dit touche-moi-pas-tu-me-salis, moi, c'est coup de boule direct, et légèrement pris de biais pour lui remonter la cloison nasale au niveau des sourcils, avec pour résultat une obstruction systématique de l'une des narines au moment de l'endormissement, rien de plus agaçant. A la place de quoi, totalement zen, le président lui susurre, bonasse, un brin complice, casse toi, pôv'con, variante batave du fameux touche à ton cul salope qu'il nous réserve pour le salon du Bourget. Le langage de la rue, quoi, celui des cités. La belle langue du sol, sans doute un exemple de mise à niveau du discours citoyen, de la connivence enfin retrouvée après toutes ces années de rupture entre le peuple et une classe politique élitiste et distante, aveugle aux préoccupations quotidiennes des Français. Car enfin, soyons honnêtes, qu'aurait dit Rocard en la circonstance ? « Et bien soit, l'arsouille ! Et mouvez-vous donc d'une canne, misérable vulve ! ». Personne n'aurait compris, ce qui est normal avec Michel, et l'événement aurait fait long pschitt.

Sarkozy, lui, reste simple, direct et rapide. C'est son style, le pays l'a compris. Les mauvaises langues, toujours de gauche, diront qu'il s'agit là d'un acte symbolique, une phrase qui n'appartient pas au hasard, l'une de ces paroles réflexives arrachées à la pensée d'autrui pour la faire sienne, la digérer en quelque sorte. En d'autres termes, casse toi pauvre con serait une restitution inconsciente des sondages par l'Élysée.

Après tout, je me souviens qu'en pleine campagne présidentielle, le candidat UMP, croisant quelques élus socialistes un peu déstabilisés dans les couloirs de l'Assemblée, leur avait lâché narquois « Surtout ne changez rien ! ». Royal et Hollande auraient beau jeu, aujourd'hui, de lui retourner le compliment, avec les conséquences que l'on connaît, car si un Sarkozy fort a su faire l'union de la droite, un Sarkozy faible aura tôt fait de la détruire et de rouvrir les plaies qui l'ont longtemps affaiblie. Auquel cas un PS anéanti ferait face à une droite ruinée.
Nous serions alors tous très enthousiastes et confiants dans l'avenir.

Vignette: combat de coqs, une tradition

Sédiments et Sentiments

banania3.jpgParfois le temps nous ébahit. Nous sommes désarmés. Il ouvre un trappe et d'une simple bourrade nous fait basculer et tournoyer comme un pantin dans la traîne sulciforme de nos vies. Cela peut arriver à n'importe qui. A n'importe quel moment de la matinée, de la journée, de la nuit. Parfois le mercredi. N'importe où, aussi ; en traversant une ville du sud au volant d'une voiture de location ; en croisant quelques collégiens sur un trottoir, Chaussée de la Haecht ; en apercevant une silhouette familière qui disparaît dans la foule de l'aéroport de Bangkok…

C'est comme cela qu'en levant les yeux, alors que les portes du métro pschitaient à Sablons, j'ai vu cette affiche. La RATP refait la station et l'habillage très moderniste des années soixante a été déposé. Sur les grands panneaux publicitaires de l'époque, subsistent les traces lacunaires des réclames d'un autre temps. Et là, au centre de cette enclave dévastée mais préservée des fifties, le sourire en lambeaux de l'Afrique Équatoriale Française. Banania. Et pour qui sait lire, là, en bas à gauche, le Y apostrophe de « Y'a bon », ce slogan des matins glauques, lu et relu, paupières lourdes d'avant l'école, marcher dans la nuit froide, rue Ernest Renan… Le Nègre de de Gaulle et de Senghor avait fait place au Noir de Giscard avant que le Black de Jack Lang n'impose ses rythmes dans les sous-sols nocturnes de Paris et qu'enfin, Sarko l'invite à gouverner. Une croisade mentale de cinquante années. Et le voilà qui passait un sourire, un clin d'œil, dans la muraille du temps, dans les sédiments déchirés de la ville marchande. Mercredi.
Je suis retourné le photographier.
Un peu plus loin, le Critérium, ce privilège de bakélite noire et crénelé qui laissait sur le bord de l'index ses barrettes de peau rougie. Quelle idée géniale que ce crayon qui ouvrait sa gueule de murène et qui crachait sa mine ! HB, la neutre. 2H, la décevante qui ne marquait pas mais ne cassait jamais. 2B, grasse et fragile, douce sur la feuille, qui bavait sous le pouce. Au cul du stylo, un petit cylindre de métal blanc. D'un côté la petite gomme rouge, de l'autre de quoi tailler la mine. Un système moderne et ingénieux ! Tout le monde n'avait pas un Critérium.
Là-bas, l'ancien logo du BHV, vert et massif. Ici, une jeune femme qui absorbe le chocolat renversé sur la table de la cuisine -Formica bleu pâle -, qui essuie le beau poisson qu'elle cuisinera ce soir - c'est donc vendredi -, qui fait briller le chandelier du trousseau. Elle absorbe, elle essuie, elle fait briller. Que pouvait bien faire d'autre une maman de 1957, l'année de la campagne Banania ? Une ménagère au cœur du nioudile français de l'après-guerre.

En remontant dans la rame, je me suis demandé ce que seraient les sédiments de 2007, en 2057, sur quoi s'arrêteraient mes petits enfants futurs. Google ? Ce mot qui ne désigne plus le crétin poilu des voyages de Gulliver, qui n'est pas non plus ce gargouillement terriblement embarrassant qui vous sabote un premier rendez-vous à fort enjeu, je me disais qu'est-ce qui restera de nos milliards de pages digitales, de l'immense bruit blanc de la toile… Il paraît qu'il faut faire attention. Les Ptolémée de la côte ouest nous referaient une version Big Brother de la bibliothèque d'Alexandrie. De plus en plus, paraît-il, on vous Google avant une rencontre. On sait, on saura donc tout de vous. Cuidado, il ne faut rien laisser dans le Global-File, paraît-il, car bientôt, quelque hacker malveillant pénétrera votre dossier médical - et ce furoncle malencontreux sur le bord inférieur du prépuce, il y a douze ans, vous coûtera ce job tant convoité. Vos dépenses inavouées, vos trajets secrets, vos escales improbables, vos appels subreptices, ceux qui se font à voix basse, tout sera sur le net, accessible, il vous faudra en répondre, de tribunal en tribunal…

Dans le sourire de Banania, il y avait le plaisir d'un instant et le bonheur d'un futur prometteur. Le sourire s'est effacé et le futur nous fait peur. En 2057, je me serai sans doute digitalisé avec grâce et sans doute recombiné astucieusement, ou même réincarné, en Tephritida du manguier ou en clitocybe anisé.

Mais il y aura bien un type que le hasard conduira sur cette page.

Vignette: métro Les Sablons, affiche d'Hervé Morvan, Banania 1959.

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