<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<!-- generator="wordpress/2.2.1" -->
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	>

<channel>
	<title>Charles'</title>
	<link>http://charlesgancel.com</link>
	<description>De cinq à sept, le matin</description>
	<pubDate>Sun, 22 Jun 2008 17:14:18 +0000</pubDate>
	<generator>http://wordpress.org/?v=2.2.1</generator>
	<language>en</language>
			<item>
		<title>L&#8217;adieu Au Blog</title>
		<link>http://charlesgancel.com/2008/06/22/ladieu-au-blog/</link>
		<comments>http://charlesgancel.com/2008/06/22/ladieu-au-blog/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 22 Jun 2008 17:11:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Paté de Campagne]]></category>
<dc:subject>Paté de Campagne</dc:subject>
		<guid isPermaLink="false">http://charlesgancel.com/2008/06/22/ladieu-au-blog/</guid>
		<description><![CDATA[




J&#39;ai ador&#233; ces presque deux ann&#233;es de blog. Aim&#233; ce curieux saut dans un vide o&#249; d&#39;autres mains pianotent et &#233;crivent pour enrayer la chute.
Il y a ceux qui laissent un message, amical ou critique. J&#39;ai eu de la chance. Jamais d&#39;insultes. Parfois seulement une remise en place quand Antoine Bloch trouvait le bouchon un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><object classid="clsid:D27CDB6E-AE6D-11cf-96B8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,29,0" width="425" height="344">
<param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/yJyuE0OXdTA&amp;hl=fr" />
<param name="quality" value="high" />
<param name="menu" value="false" />
<param name="wmode" value="" /><embed src="http://www.youtube.com/v/yJyuE0OXdTA&amp;hl=fr" wmode="" quality="high" menu="false" pluginspage="http://www.macromedia.com/go/getflashplayer" type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="344"></embed></object></p>
<p>J&#39;ai ador&eacute; ces presque deux ann&eacute;es de blog. Aim&eacute; ce curieux saut dans un vide o&ugrave; d&#39;autres mains pianotent et &eacute;crivent pour enrayer la chute.</p>
<p>Il y a ceux qui laissent un message, amical ou critique. J&#39;ai eu de la chance. Jamais d&#39;insultes. Parfois seulement une remise en place quand Antoine Bloch trouvait le bouchon un peu pouss&eacute;, un peu &laquo;&nbsp;trop&nbsp;&raquo;. Je garde comme des signes d&#39;amiti&eacute; l&#39;antisarkosisme instinctif et tranchant du Gab, les pages fi&eacute;vreuses et baroques de Sabrina, la douceur de <a href="http://leschroniquesdeneirie.hautetfort.com/">Lau</a> , la fid&eacute;lit&eacute; d&#39;Oppossum, l&#39;aide pr&eacute;cieuse d&#39;<a href="http://www.heliogabale.com/">Olivier</a> , sans qui rien n&#39;aurait exist&eacute;, les arguments document&eacute;s de Claude, les clins d&#39;&oelig;il de Marie H&eacute;l&egrave;ne et les mots de tous ceux qui sont pass&eacute;s par l&agrave;&#8230;</p>
<p>Il y a ceux, blogeurs, plus puissants, qui ont ouvert une porte vers chez moi, dans leurs rolls s&eacute;lectifs.</p>
<p>Il y a ceux et celles qui viennent boire le dernier mercredi du mois au Pavillon Baltard. J&#39;ai fait de belles rencontres, r&eacute;elles et virtuelles, <a href="http://verel.over-blog.com/"><strong>Verel</strong> </a> et son s&eacute;rieux, <a href="http://hugues.blogs.com/commvat/"><strong>Hugues</strong> </a> et son humour complice, militant et libre &agrave; la fois, <a href="http://www.koztoujours.fr/"><strong>Koz</strong> </a> et la belle profondeur de son engagement, <a href="http://dinersroom.free.fr"><strong>Jules</strong> </a> et son &eacute;l&eacute;gance dialectique, <a href="http://vanb.typepad.com/versac/"><strong>Versac</strong> </a> et son g&egrave;ne entrepreneur, <a href="http://flibuste.canalblog.com/"><strong>David</strong> </a> qui &eacute;crit de Fribourg o&ugrave; j&#39;ai tant d&#39;amis, <a href="http://www.toreador.fr/"><strong>Toreador</strong>, </a> matador &eacute;nigmatique des veaux gras de la r&eacute;publique, <a href="http://www.maitre-eolas.fr/index.php"><strong>Eolas</strong>, </a> docte et pr&eacute;cis, et bien d&#39;autres, &#8230; Ces soirs-l&agrave;, j&#39;ai &eacute;t&eacute; surpris par le t&ecirc;te-&agrave;-t&ecirc;te tendu mais chaleureux que vivaient les blogueurs de tous bords, une bi&egrave;re &agrave; la main, lorsque la campagne pr&eacute;sidentielle faisait rage. Une exp&eacute;rience de d&eacute;mocratie pacifi&eacute;e. Certains votaient Bayrou et personne ne se moquait.</p>
<p>Deux ann&eacute;es &agrave; donner mon grain de sel sur des sujets qui me d&eacute;passent - pourquoi se g&ecirc;ner&nbsp;? - &agrave; &eacute;crire t&ocirc;t et parfois tard, des billets sans autre destin que de s&#39;afficher un jour sur un &eacute;cran inconnu, pour faire sourire ou surprendre. Je voulais conna&icirc;tre la blogosph&egrave;re, comprendre comment tout cela marchait, observer comment cristallise une communaut&eacute; au contour mouvant, o&ugrave; rien ne distingue les fid&egrave;les des volages puisque la r&egrave;gle est celle du chaos des sentiments, des id&eacute;es et des connivences. Th&eacute;orie des syst&egrave;mes auto-organis&eacute;s. Pour moi, web2.0 sonnait davantage comme le nom d&#39;un colorant alimentaire que comme un changement de paradigme socioculturel. C&#39;est moins le cas.</p>
<p>Disons-le, la p&eacute;riode &eacute;tait amusante. Une campagne comme on n&#39;en voit pas souvent. Des figures in&eacute;dites. Dray et sa t&ecirc;te de commissaire politique, une gueule &agrave; faire interdire les coquelicots, pas assez rouges, trop libres. La Belle du Poitou, sa chevauch&eacute;e, ses robes, ses l&eacute;gionnaires. Bayrou, funambule de l&#39;entre-deux, suicid&eacute; du politique. Le triple salto de Besson, une r&eacute;ception impeccable. L&#39;invention journalistique du <em>marronnier permanent</em> par Kanh et son canard. Nicolas victorieux de tout sauf de lui-m&ecirc;me et sa Carla en piste pour sa propre Victoire&#8230; Un bonheur.</p>
<p>Mais aujourd&#39;hui j&#39;arr&ecirc;te. Avec au c&oelig;ur le sentiment de trahir ceux qui frappaient &agrave; mes pages. J&#39;y reviendrai peut-&ecirc;tre, sans doute - mais plus tard - ou tr&egrave;s occasionnellement. Je laisse donc tout en ligne. <em>I will be Blog-free, Facebook-free, Plaxo-free, Linkedin-free, for a while</em>. Je dois &eacute;crire autre chose, je suis engag&eacute; sur un projet qui me tient &agrave; c&oelig;ur. Il faut cr&eacute;er un espace.</p>
<p>Que ceux qui ont aim&eacute; passer me laissent leur adresse mail, je pr&eacute;viendrai si, <em>cold turkey</em>, je choisi d&#39;y revenir. Sans doute pas avant la fin 2008.</p>
<p>A tous, je dis merci, et souhaite un tr&egrave;s Joyeux No&euml;l.</p>
<p><em>Vid&eacute;o&nbsp;: le c&eacute;l&egrave;bre &laquo;&nbsp;I have a dream&nbsp;&raquo; de Maurice Chevalier, qui fit de si longs et si fr&eacute;quents adieux.</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://charlesgancel.com/2008/06/22/ladieu-au-blog/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>Alerte</title>
		<link>http://charlesgancel.com/2008/06/09/alerte/</link>
		<comments>http://charlesgancel.com/2008/06/09/alerte/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 09 Jun 2008 20:01:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Réagir!]]></category>
<dc:subject>Paté de Campagne</dc:subject><dc:subject>Réagir!</dc:subject>
		<guid isPermaLink="false">http://charlesgancel.com/2008/06/09/alerte/</guid>
		<description><![CDATA[Arriv&#233; mercredi soir en Slov&#233;nie, Ljubljana. Tr&#232;s vert, tr&#232;s pluvieux, une belle terre grasse et &#160;gorg&#233;e d&#39;eau, la cascade feuillue des cama&#239;eux du printemps, le sentiment que les montagnes ont &#233;t&#233; tondues pour nous, que les Porsche, les Mercedes et les 4X4 ont &#233;t&#233; lav&#233;s trois fois le matin m&#234;me. Dans la logique du propre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://charlesgancel.com/wp-content/uploads/2008/06/nucleaire.jpg" alt="nucleaire.jpg" width="307" height="252" align="left" />Arriv&eacute; mercredi soir en Slov&eacute;nie, Ljubljana. Tr&egrave;s vert, tr&egrave;s pluvieux, une belle terre grasse et &nbsp;gorg&eacute;e d&#39;eau, la cascade feuillue des cama&iuml;eux du printemps, le sentiment que les montagnes ont &eacute;t&eacute; tondues pour nous, que les Porsche, les Mercedes et les 4X4 ont &eacute;t&eacute; lav&eacute;s trois fois le matin m&ecirc;me. Dans la logique du propre et du sale, les Slov&egrave;nes ont choisi. Aux Trois Ponts, les touristes mitraillent les trois ponts. La citadelle tient bon, pas un char serbe depuis 91. L&#39;ind&eacute;pendance du pays, alors, a fait sept morts. Chez nous, la moindre bo&icirc;te de nuit en sortie de grande ville fait mieux tous les weekends. Bienvenue donc chez un bon &eacute;l&egrave;ve. Un sentiment de s&eacute;curit&eacute; que je pensais n&#39;exister qu&#39;en Suisse.</p>
<p>Au cours du d&icirc;ner, le serveur s&#39;approche et, avec un bon sourire, nous annonce un petit p&eacute;pin dans une centrale nucl&eacute;aire du pays, &agrave; cent kilom&egrave;tres &agrave; l&#39;est. Nous&nbsp;: <em>ah ah ah ah, nous &ecirc;tre fran&ccedil;ais, ah ah ah, toi pas avoir peur, nuage s&#39;arr&ecirc;ter &agrave; la limite du parking, as usual, baby&#8230; Toi peut retirer ton scaphandre, ah ah ah, &ccedil;a &ecirc;tre dur pour faire le service, toi en mettre partout, et &nbsp;toi nous dire d&#39;o&ugrave; vient le vent et nous&nbsp; apporter autre bouteille de jaja. Jaja tout gu&eacute;rir&#8230; Jaja prot&eacute;ger le guerrier&#8230;</em></p>
<p>Retour &agrave; ma chambre, un petit crochet sur le net, par acquis de conscience, mais les nouvelles sont rassurantes. D&#39;ailleurs mes mains restent bien opaques. Rien &agrave; craindre. C&#39;est vrai, puisqu&#39;ils le disent&#8230; L&#39;Europe est en alerte nucl&eacute;aire. Pas de quoi s&#39;inqui&eacute;ter.&nbsp; Je me suis couch&eacute; t&ocirc;t apr&egrave;s avoir referm&eacute; les m&eacute;moires de Suze Rotolo, &agrave; qui je dois de belles heures de sommeil. D&eacute;j&agrave; en 62, elle militait contre l&#39;atome. Quelques r&ecirc;ves insolites ont travers&eacute; la nuit. J&#39;&eacute;tais seul &agrave; marcher dans une for&ecirc;t profonde et majestueuse, un sous-bois au parfum lourd et puissant d&#39;humus, j&#39;en passais la lisi&egrave;re et d&eacute;bouchais sur une vall&eacute;e verdoyante et baign&eacute;e d&#39;une belle lumi&egrave;re o&ugrave; flottaient quelques moutons et o&ugrave; paissaient &agrave; l&#39;envie de belles vaches, avec cinq pattes et un seul &oelig;il. Un type phosphorescent murmurait derri&egrave;re moi <em>&laquo;&nbsp;la preuve est faite, merde, et&nbsp;qu&#39;on ne vienne pas me seriner que le nucl&eacute;aire est un danger pour la biodiversit&eacute;&nbsp;&raquo;.</em>&nbsp;</p>
<p>Je lis dans la presse du lendemain qu&#39;il s&#39;agissait d&#39;une erreur. Juste une petite fuite anodine. La routine. Une secr&eacute;taire se serait tromp&eacute;e de formulaire. Elle aurait pris &nbsp;le B400 - 789 / 409999786, Alerte Nucl&eacute;aire Urgente et S&eacute;rieuse N&eacute;cessitant l&#39;&Eacute;vacuation Imm&eacute;diate des 25 Pays de l&#39;UE, au lieu du H567 - 765 / 782635467, Alerte Nucl&eacute;aire Incontr&ocirc;lable et Sans-solution Donc Ne Rien Faire. Et envoy&eacute; le tout &agrave; Bruxelles. C&#39;est la proc&eacute;dure.</p>
<p>Bref, comme il en va souvent dans les affaires lorsqu&#39;un groupe d&#39;experts ou de gens importants fait face &agrave; une connerie qui tourne &agrave; la crise, c&#39;est la faute d&#39;une secr&eacute;taire analphab&egrave;te qui ferait mieux d&#39;apprendre ses formulaires par c&oelig;ur plut&ocirc;t que de passer son temps sur les forums &eacute;cologiques.</p>
<p>Le lendemain, en r&eacute;union avec un client. Le sujet vient naturellement dans la discussion. Le mari de la secr&eacute;taire du directeur g&eacute;n&eacute;ral travaille dans la centrale. Il dit qu&#39;il n&#39;y a pas de danger. Nous sommes rassur&eacute;s, lui, on peut le croire. Le gouvernement, non.</p>
<p>Rassurant.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://charlesgancel.com/2008/06/09/alerte/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>Bouge Ma Ligne</title>
		<link>http://charlesgancel.com/2008/06/01/bouge-ma-ligne/</link>
		<comments>http://charlesgancel.com/2008/06/01/bouge-ma-ligne/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 01 Jun 2008 14:44:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Paté de Campagne]]></category>
<dc:subject>Paté de Campagne</dc:subject>
		<guid isPermaLink="false">http://charlesgancel.com/2008/06/01/bouge-ma-ligne/</guid>
		<description><![CDATA[La dramaturgie politique et quinaire inaugur&#233;e en mai 2007 par el presidente ne ressemble pas aux autres (sa femme non plus). On reconna&#238;tra cela au Locataire. Ce qui s&#39;appelle &#171;&#160;bouger les lignes&#160;&#187; pour les uns et &#171;&#160;faire n&#39;importe quoi&#160;&#187; pour les autres est devenu la norme.
Mais Nicolas n&#39;est pas seul &#224; tricoter le code-barres de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://charlesgancel.com/wp-content/uploads/2008/06/zebre.jpg" alt="zebre.jpg" width="334" height="381" align="left" />La dramaturgie politique et quinaire inaugur&eacute;e en mai 2007 par <em>el presidente</em> ne ressemble pas aux autres (sa femme non plus). On reconna&icirc;tra cela au Locataire. Ce qui s&#39;appelle &laquo;&nbsp;bouger les lignes&nbsp;&raquo; pour les uns et &laquo;&nbsp;faire n&#39;importe quoi&nbsp;&raquo; pour les autres est devenu la norme.</p>
<p>Mais Nicolas n&#39;est pas seul &agrave; tricoter le code-barres de la R&eacute;publique, et &ccedil;a ne date pas d&#39;hier. Souvenons-nous, Royal a d&eacute;marr&eacute; &agrave; la rentr&eacute;e 2006 avec faisant appel &agrave; la L&eacute;gion pour botter le cul des sauvageons <em>(scandale &agrave; gauche)</em>, un encadrement de vrais hommes valant mieux que des profs perruquant chez les riches. La limite s&#39;est encore d&eacute;plac&eacute;e &agrave; la Porte de Versailles en janvier 2007 avec un Jaur&egrave;s bien camp&eacute; sur le pas de tir sarkosien <em>(scandale &agrave; gauche)</em>. Le mouvement s&#39;est affirm&eacute; avec la politique d&#39;ouverture <em>(scandale &agrave; gauche)</em>, et se confirme aujourd&#39;hui avec le <em>coming-out</em> lib&eacute;ral de Bertrand <em>(scandale &agrave; gauche)</em>.</p>
<p>L&#39;&eacute;tat major du PS, lui, continue sur sa ligne&nbsp;: il est n&eacute;cessaire de r&eacute;fl&eacute;chir ensemble, d&#39;<em>up-grader</em> un logiciel aux <em>drivers</em> un peu flous et &eacute;ventuellement d&#39;&eacute;changer le Goupil et les <em>floppies</em> contre autre chose, quelque chose de plus r&eacute;cent. Royal et Delanoe, comme deux g&egrave;nes all&eacute;lomorphes constitutifs d&#39;une phras&eacute;ologie d&eacute;su&egrave;te et r&eacute;volue, s&#39;opposent aujourd&#39;hui sur la peau des choses et non sur le fond, le parti attendant Reims pour le toucher vraiment. Avec le Sourire. Quant &agrave; Bayrou, qui a maintenant sa droite &agrave; sa gauche et sa gauche &agrave; sa droite, il continue de r&eacute;fl&eacute;chir sur son sch&eacute;ma corporel avec une patience bien rurale. Besancenot lirait, semble-t-il, une biographie de Jeanne d&#39;Arc.</p>
<p>Bref, de quoi alimenter le clabaudage politicien habituel et donner aux chroniqueurs une possibilit&eacute; suppl&eacute;mentaire de se tromper avec brio. Un conseil&nbsp;: la p&eacute;riode est id&eacute;ale pour prendre du recul, pour relire Proust, par exemple, on en prend pour six mois, au bas mot. Que du plaisir.</p>
<p>Bouger les lignes est une expression Baudelairienne, <a href="http://charlesgancel.com/2007/05/26/fanfare-et-methode-rose/">on s&#39;en souvient.</a>  Mais &agrave; trop les bouger, on en perd le fil. On ne voit plus ce qui les distingue. La gauche perturb&eacute;e en fait aujourd&#39;hui davantage les frais qu&#39;une droite crisp&eacute;e mais install&eacute;e sur les deux rives du fleuve. Elle tient les palais. Le n&oelig;ud gordien socialiste, lui, n&#39;a pas trouv&eacute; son Alexandre l&agrave; o&ugrave; la concurrence, autrefois lib&eacute;rale, a bon-an-mal-an trouv&eacute; le sien. En fin de compte, ce qui relie les militants, de droite comme de gauche, c&#39;est la perplexit&eacute; croissante qui occupe leurs nuits. La confusion &eacute;tant la m&ecirc;me dans les deux camps, les r&eacute;unions des compagnons ressemblant &agrave; s&#39;y m&eacute;prendre aux r&eacute;unions des camarades, chacun dispose soudain d&#39;une flexibilit&eacute; suppl&eacute;mentaire pour g&eacute;rer des horaires souvent compliqu&eacute;s et participer &agrave; des soir&eacute;es de r&eacute;flexion o&ugrave; le d&eacute;sir d&#39;une Leffe prend vite le pas sur le d&eacute;sir d&#39;avenir.</p>
<p>La perte de rep&egrave;res n&#39;est donc plus une sp&eacute;cialit&eacute; des lyc&eacute;es &agrave; risque de la Plaine Saint-Denis. Le militant erre comme un cam&eacute;l&eacute;on &nbsp;qui aurait fait sa sieste sur une robe de Lacroix. On dit que Fabius se tient en r&eacute;serve. Le <em>come-back </em>lib&eacute;ral n&#39;est pas exclu. Mais un lib&eacute;ralisme peut en cacher un autre. Celui de Bertrand n&#39;est pas &eacute;conomique, il est politique. C&#39;est une nuance importante. Parce que le Maire est pour la libert&eacute;. Certes. C&#39;est tr&egrave;s nouveau. Et d&#39;ailleurs le socialisme a toujours &eacute;t&eacute; lib&eacute;ral. Comme chacun sait. Sauf S&eacute;gol&egrave;ne, que les d&eacute;clarations de son concurrent et ami ont choqu&eacute;e. Donc le lib&eacute;ralisme pr&ocirc;n&eacute; aujourd&#39;hui n&#39;a rien &agrave; voir avec celui combattu hier. C&#39;est juste le m&ecirc;me mot, il faut &ecirc;tre une idiote pour ne pas voir la diff&eacute;rence. Il ne faut pas confondre lib&eacute;ralisme et lib&eacute;ralisme. D&#39;ailleurs il ne s&#39;agit surtout pas de faire reculer l&#39;&eacute;tat qui est garant de nos libert&eacute;s, d&#39;abord parce qu&#39;il nous prot&egrave;ge des puissances de l&#39;argent roi, et parce qu&#39;il est encore un peu t&ocirc;t pour s&#39;amputer de l&#39;aile gauche. Bref, plus y il a d&#39;&eacute;tat, plus il y a de libert&eacute;s. Emmanuelli est d&#39;accord.</p>
<p>C&#39;est donc la ligne actuelle. A l&#39;&Eacute;lys&eacute;e comme &agrave; H&ocirc;tel de Ville, apparemment.</p>
<p><em>Vignette: le z&egrave;bre; Georges-Louis Leclerc de Buffon&nbsp;</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://charlesgancel.com/2008/06/01/bouge-ma-ligne/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>Les ichors de la peur</title>
		<link>http://charlesgancel.com/2008/05/20/les-ichors-de-la-peur/</link>
		<comments>http://charlesgancel.com/2008/05/20/les-ichors-de-la-peur/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 20 May 2008 10:45:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Paté de Campagne]]></category>
<dc:subject>jacques attali</dc:subject><dc:subject>lexpress</dc:subject><dc:subject>Paté de Campagne</dc:subject><dc:subject>principe de précaution</dc:subject>
		<guid isPermaLink="false">http://charlesgancel.com/2008/05/20/les-ichors-de-la-peur/</guid>
		<description><![CDATA[Le &#171;&#160;principe de pr&#233;caution&#160;&#187; est partout. Pensez-y maintenant. &#202;tes-vous s&#251;r d&#39;&#234;tre bien assis(e) ? L&#39;avez-vous v&#233;rifi&#233;&#160;? Quelles sont les garanties qu&#39;offre l&#39;industriel qui a produit votre chaise&#160;? Avez-vous consult&#233; un avocat avant de l&#39;acqu&#233;rir&#160;? La luminosit&#233; de votre &#233;cran n&#39;est-elle pas de nature &#224; endommager votre surface r&#233;tinienne&#160;? Qui paiera&#160;? Vos m&#233;tacarpes sont-ils bien dans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://charlesgancel.com/wp-content/uploads/2008/05/bono.jpg" alt="bono.jpg" width="364" height="239" align="left" />Le &laquo;&nbsp;principe de pr&eacute;caution&nbsp;&raquo; est partout. Pensez-y maintenant. &Ecirc;tes-vous s&ucirc;r d&#39;&ecirc;tre bien assis(e) ? L&#39;avez-vous v&eacute;rifi&eacute;&nbsp;? Quelles sont les garanties qu&#39;offre l&#39;industriel qui a produit votre chaise&nbsp;? Avez-vous consult&eacute; un avocat avant de l&#39;acqu&eacute;rir&nbsp;? La luminosit&eacute; de votre &eacute;cran n&#39;est-elle pas de nature &agrave; endommager votre surface r&eacute;tinienne&nbsp;? Qui paiera&nbsp;? Vos m&eacute;tacarpes sont-ils bien dans le prolongement de l&#39;avant-bras lorsque vos doigts virevoltent imprudemment sur votre clavier&nbsp;? Avez-vous d&eacute;sinfect&eacute; le frigidaire&nbsp;? V&eacute;rifi&eacute; les clauses d&#39;exclusion de votre multirisques habitation&nbsp;? L&#39;incons&eacute;quence est partout. Il faut v&eacute;rifier, anticiper. Pour les g&eacute;n&eacute;rations futures. L&#39;inventeur du cassoulet se verra un jour reproch&eacute; l&#39;assassinat de la couche d&#39;ozone. Le maire de Castelnaudary fera acte de repentance.
<p>Il ne date pas d&#39;hier, ce principe. D&eacute;j&agrave; nos parents - pour les plus modernes d&#39;entre eux - nous conseillaient de <em>prendre nos pr&eacute;cautions</em> afin qu&#39;un slow trop torride, conclu habilement dans les foug&egrave;res du parc avec une amie d&#39;un soir, ne se termine la bague au doigt, un petit dans le couffin. Depuis il a ruissel&eacute;, partout, et sa propagation syst&eacute;matique, tous champs confondus (politique, administratif, scientifique, culturel&#8230;), ach&egrave;ve ce qu&#39;il restait de capacit&eacute; d&#39;initiative &agrave; un occident domin&eacute; par la peur. On tremble de tout, et pour tout. <a href="http://blogs.lexpress.fr/attali/2007/10/le_principe_dimprecation.html">Jacques Attali</a> a fait scandale en octobre 2007 en osant le mettre en question, le principe. Quel manque de pr&eacute;caution&nbsp;! C&#39;est tout Jacques&#8230;</p>
<p>Je suis frapp&eacute; par le fait que l&#39;&eacute;mergence et la mont&eacute;e en puissance dudit principe s&#39;accompagnent de quelques autres tendances lourdes qui toutes me semblent corr&eacute;l&eacute;es. La progression r&eacute;guli&egrave;re de la peur, naturellement, et la &laquo;&nbsp;surcharge &eacute;motionnelle&nbsp;&raquo; qu&#39;elle provoque. Elle est partout, et partout comment&eacute;e. On voit d&#39;ailleurs &eacute;merger, trente ans apr&egrave;s les USA, un formidable march&eacute; de la s&eacute;curit&eacute;, du digicode, inimaginable il y a trente ans, &agrave; la prolif&eacute;ration m&eacute;rist&eacute;matique des cam&eacute;ras de vid&eacute;osurveillance&#8230; On ne se rend plus dans un espace public sans qu&#39;un type - qui sirote un calva devant 47 &eacute;crans - ne se dise, tiens, il est all&eacute; chez le coiffeur. Un fond de commerce prometteur s&#39;est ouvert, politique et &eacute;conomique. Paradoxalement, le candidat le plus s&eacute;curitaire, il y a un an, &eacute;tait celui dont on se devait d&#39;avoir peur. Il est pass&eacute;.</p>
<p>Et cette augmentation exponentielle de la peur, fond&eacute;e sur une ins&eacute;curit&eacute; r&eacute;elle pour les uns, <em>sentimentale</em> pour Lionel, n&#39;est-elle pas le sympt&ocirc;me d&#39;un mal plus profond&nbsp;: l&#39;affaiblissement du <em>lien social</em> et par cons&eacute;quent de la puissance collective qu&#39;il garantit&nbsp;? Sans m&ecirc;me s&#39;appesantir sur l&#39;ilotage mafieux des cit&eacute;es par les <em>bizeness-boys</em>, force est de constater que toutes les structures qui avaient pour fonction de r&eacute;guler massivement les affects - et donc la violence - de la soci&eacute;t&eacute; toute enti&egrave;re, se sont effrit&eacute;es avec le temps&nbsp;: syndicats, &eacute;glises, partis politiques&#8230; Les statistiques ont eu raison du collectif. Elles ne sont jamais que l&#39;accumulation rang&eacute;e de positions individuelles et non pas ce qui les relie et leur donne une <em>chaleur</em>.</p>
<p>Quant &agrave; la disparition du lien social, n&#39;est-elle pas le contrecoup d&#39;un d&#39;individualisme exacerb&eacute;, d&#39;&eacute;motions flottantes, manipul&eacute;es, qui ne peuvent mener qu&#39;&agrave; la peur de l&#39;Autre, cet enfer porteur de toutes les menaces, vecteur de toutes les violences (l&#39;Autre le plus accessible &eacute;tant naturellement celui qui n&#39;a pas le m&ecirc;me passeport, pas la m&ecirc;me peau, pas la m&ecirc;me confession).</p>
<p>Cet Autre repoussoir, il faut le sublimer. On en cherche donc un qui soit acceptable, imaginaire, un Autre fascinant, rassurant, tenu &agrave; distance mais familier, un personnage, sur quoi r&ecirc;ver sans risque, cantonn&eacute; &agrave; l&#39;espace et l&#39;&eacute;conomie virtuels du monde digital. Un Autre consommable, en somme. D&egrave;s lors, tout est en place pour faire &eacute;merger le produit &eacute;conomique et social le plus path&eacute;tique qu&#39;ai connu l&#39;occident&nbsp;: la souverainet&eacute; intellectuelle, culturelle et sans partage de la <em>Presse-People</em>, ce presse-citron industriel dont la raison d&#39;&ecirc;tre est de cristalliser, en la d&eacute;tournant, la f&eacute;brilit&eacute; voyeuriste qui paralyse une soci&eacute;t&eacute; noy&eacute;e dans la badauderie. Un &eacute;cran, qu&#39;il soit celui de l&#39;ordinateur ou de la t&eacute;l&eacute;, &ccedil;a s&#39;allume et &ccedil;a s&#39;&eacute;teint. Aucun cyber-communautarisme n&#39;a &agrave; mon sens remplac&eacute; le r&eacute;el d&#39;une relation.</p>
<p>Personne ne semble &eacute;chapper &agrave; ce flot de sentiments packag&eacute;s. Ainsi, l&#39;Express titre-t-il cette semaine&nbsp;: <em><a href="http://www.lexpress.fr/actualite/politique/pour-quoi-ils-se-detestent_501772.html">&laquo;&nbsp;Pourquoi ils se d&eacute;testent&nbsp;&raquo;</a> .</em> Il s&#39;agit de Fillon et Sarkozy. Non pas un pr&eacute;sident et un ministre, mais deux personnes et leurs &eacute;tats d&#39;&acirc;me&#8230; Personnellement je ne savais pas qu&#39;ils se d&eacute;testaient. A vrai dire je n&#39;ai sais toujours rien. Pour deux raisons&nbsp;: d&#39;une part je n&#39;ai pas achet&eacute; le journal - tant qu&#39;&agrave; lire la presse de caniveau, autant lire l&#39;authentique, Gala, Closer, Public, Marianne&nbsp;- et d&#39;autre part les difficult&eacute;s de tr&eacute;sorerie d&#39;un magazine qui veut se refaire en fouillant les poubelles du journalisme ne forment pas une v&eacute;rit&eacute; en soi. En fin de compte, que nous importe qu&#39;ils s&#39;aiment ou se d&eacute;testent&nbsp;? Les a-t-on &eacute;lus pour jouir collectivement d&#39;une belle amiti&eacute; ou pour nous repa&icirc;tre d&#39;une haine &agrave; top niveau&nbsp;? Non. Simplement pour qu&#39;il fasse le boulot. Le reste&#8230;</p>
<p>Comment ne pas avoir une pens&eacute;e pour Fran&ccedil;oise Giroud, quand le journaliste ou le commentateur se mue en expert en d&eacute;tonique et cherche &agrave; tout prix &agrave; mettre en sc&egrave;ne les grenades avant qu&#39;elles n&#39;explosent, quitte &agrave; les lancer lui-m&ecirc;me, pour &ecirc;tre le premier &agrave; faire des ventes sur les d&eacute;combres encore fumantes du scandale&#8230; Et quoi de plus vendeurs que l&#39;&eacute;motion, celle de ceux qui nous gouvernent&nbsp;? Quoi de plus &eacute;mouvant que la haine Sarko Fillon&nbsp;? Quoi de plus excitant que le futur duel Royal Delano&euml;&nbsp;? Le Figaro d&#39;hier ne titrait pas <em>&laquo;&nbsp;Royal candidate &agrave; la t&ecirc;te du PS&nbsp;&raquo;</em>, mais <em>&laquo;&nbsp;S&eacute;gol&egrave;ne Royal relance la guerre des chefs au PS&nbsp;&raquo;</em>. Nettement meilleur, coco, top-adr&eacute;naline. D&eacute;j&agrave; le go&ucirc;t du sang sur les babines. Et la bonhomie <em>(simplicit&eacute; dans les mani&egrave;res, unie &agrave; la bont&eacute; du coeur; Robert)</em> djeune et truqu&eacute;e d&#39;un Besancenot chez Drucker&nbsp;? Quel jeune homme sympathique&#8230; Quelle id&eacute;ologie prometteuse&#8230;</p>
<p>La lente d&eacute;sescalade, du n&eacute;ocortex (critique) au cerveau limbique (&eacute;motion), est engag&eacute;e, sinon accomplie. Il ne reste qu&#39;un pas &agrave; faire pour que le reptilien (qui mange qui&nbsp;?) ne se charge de solder l&#39;affaire.</p>
<p><em>Vignette: singe Bonobo</em>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://charlesgancel.com/2008/05/20/les-ichors-de-la-peur/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>Jouer pour perdre : bonheur de l&#8217;échec</title>
		<link>http://charlesgancel.com/2008/05/13/jouer-pour-perdre-bonheur-de-lechec/</link>
		<comments>http://charlesgancel.com/2008/05/13/jouer-pour-perdre-bonheur-de-lechec/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 13 May 2008 15:36:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Paté de Campagne]]></category>
<dc:subject>Hugues Serraf</dc:subject><dc:subject>Llibert Tarago</dc:subject><dc:subject>Paté de Campagne</dc:subject><dc:subject>sarkozy</dc:subject>
		<guid isPermaLink="false">http://charlesgancel.com/2008/05/13/jouer-pour-perdre-bonheur-de-lechec/</guid>
		<description><![CDATA[Une grosse dizaine de jours dans les Cyclades, un bon vent, une mer belle, un ciel pur, un bon voilier, 10 &#238;les abord&#233;es, des villages blancs et bleus, des nouilles, du poissons, des nouilles, de la feta, des nouilles, des tomates, des sucres lents, merci, pas d&#39;infos, pas de journaux, rien sur Sarko, rien sur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://charlesgancel.com/wp-content/uploads/2008/05/nicolas2.jpg" alt="nicolas2.jpg" width="285" height="367" align="left" />Une grosse dizaine de jours dans les Cyclades, un bon vent, une mer belle, un ciel pur, un bon voilier, 10 &icirc;les abord&eacute;es, des villages blancs et bleus, des nouilles, du poissons, des nouilles, de la feta, des nouilles, des tomates, des sucres lents, merci, pas d&#39;infos, pas de journaux, rien sur Sarko, rien sur le r&eacute;chauffement, rien sur Barrack, pas la moindre le&ccedil;on de <em>Sustainable Development </em>ou de D&eacute;veloppement Durable sign&eacute;e Total, Exxon, GDF, EDF, Danone, Coca Cola, United Technology, Tata, Mittal, R&eacute;gion Poitou-Charente - tous ces nouveaux amis de Bov&eacute; qui se fardent de vert &agrave; longueur de spots et de communiqu&eacute;s - et je pensais donc (en sirotant un Ouzo sur la petite place de Chora, &agrave; Patmos) qu&#39;en rentrant je trouverais le Grand D&eacute;fra&icirc;chi un peu refait au tapis des sondages&#8230; mais non, il plafonne &agrave; 40% en &eacute;tat de <em>Sustainable Stagnation, </em>nouveau concept &eacute;lys&eacute;en. Le pr&eacute;sident a la gueule basse et il s&#39;y tient. C&#39;est du durable, du s&eacute;rieux, comme Carla.
<p>J&#39;ai compris que la presse s&#39;interrogeait sur l&#39;&eacute;nigme. Comment passe-t-on de 65% de satisfaits &agrave; ce m&eacute;diocre 38% qui fleure le PSG, la rel&eacute;gation en seconde div, le tir dans l&#39;axe du pied. Comment un virtuose de la s&eacute;duction en politique, qui a fait ses preuves sous la mitraille en 2007, peut-il jouer si faux un an plus tard et vider &agrave; moiti&eacute; la salle qui l&#39;a port&eacute; aux nues&nbsp;? Pourquoi a-t-il jou&eacute; et perdu si vite ce qu&#39;il avait mis quinze ann&eacute;es &agrave; b&acirc;tir&nbsp;? Quelqu&#39;un d&#39;aussi volontaire n&#39;obtient-il pas toujours ce qu&#39;il d&eacute;sire&nbsp;? Sans doute si. Et justement, si l&#39;&eacute;nigme &eacute;tait l&agrave;?</p>
<p>De m&ecirc;me que le joueur compulsif joue dans la certitude haletante de la perte - seule fa&ccedil;on de renouveler le d&eacute;sir du gain - et ne gagne finalement que par le plus grand des hasards, je me demande si le politique ne s&#39;oblige pas &agrave; un long apprentissage de la chute, de la mort, pour en reculer les limites &agrave; chaque fois qu&#39;il est &agrave; terre et qu&#39;il lui faut se relever, groggy, certes, mais vivant. Une strat&eacute;gie psychologique inconsciente mais tenace. Une <em>&quot;n&eacute;vrose obsessionnelle d&eacute;terminant des comportements d&#39;&eacute;chec&quot;</em> comme on le dit au Bar des Amis&#8230; Jaur&egrave;s - Freud, un aller simple, merci. Mis &agrave; part Pompidou, port&eacute; au pouvoir par l&#39;orgueil et la mauvaise humeur de son chef, force est de constater que tous les pr&eacute;sidents de la cinqui&egrave;me r&eacute;publique ont connu ces moments o&ugrave;, ayant encaiss&eacute; le coup de pelle &agrave; demi fatal d&#39;un ami politique de vingt ou trente ans, il leur aura fallu se relever p&eacute;niblement, se masser la nuque et repartir au taf. Mitterrand, gagnant parfait apr&egrave;s de si nombreux &eacute;checs et de si m&eacute;diocres avatars, se sera m&ecirc;me fabriqu&eacute; un ennemi intime pour le ronger de l&#39;int&eacute;rieur tout au long de ses deux trop longs septennats. Les Sisyphe &eacute;lys&eacute;ens ne jouiraient en fin de compte qu&#39;en remontant la pente - soulev&eacute;s par les tr&eacute;pidations libidinales de la lutte - mais redouteraient le sommet, ce lieu insupportable de la petite mort, &eacute;troit et fini comme un tr&ocirc;ne o&ugrave; la b&ecirc;te assouvie s&#39;ennuie, o&ugrave; rien n&#39;est simple, o&ugrave; le temps devient lent, o&ugrave; l&#39;on meurt durablement. La carri&egrave;re politique et la campagne &eacute;lectorale ne seraient-elles qu&#39;un long passage dans la piscine probatique&nbsp;? C&#39;est apr&egrave;s que la b&ecirc;te est sacrifi&eacute;e.</p>
<p>Certains ne s&#39;en rel&egrave;vent pas. Rocard, Chaban, Giscard, Balladur, Royal peut-&ecirc;tre&#8230; ceux-l&agrave; ont perdu trop de sang ou ne cicatrisent pas assez vite, ou ne sont pas d&#39;assez gros mangeurs, d&#39;assez grands baiseurs, ont trop d&#39;amis&#8230;<br /> Je ne connais pas Sarkozy mais je peux imaginer qu&#39;il retrouve aujourd&#39;hui dans le discr&eacute;dit ce qu&#39;il a perdu hier en gagnant. Nous verrons ce qu&#39;il fera du D&eacute;sir.</p>
<p>Et qui paiera.</p>
<p>En passant - et parce que <em>las ramblas</em> sont ce qu&#39;elles sont - il faut visiter le blog de <strong>Llibert Tarrago</strong>, <a href="http://tarrago.blog.lemonde.fr/">Les Trottoirs de Barcelone</a> . C&#39;est superbe. D&#39;autre part, <strong>Hugues Serraf</strong>, de <a href="http://www.com-vat.com">Com-Vat</a> , vient de publier son d&eacute;sopilant <a href="http://www.petites-exceptions-francaises.com">(Petites) Exceptions Fran&ccedil;aises</a> , &agrave; lire absolument, sur les tropismes gaulois qui font de l&#39;Hexagone un lieu &agrave; part, dont on rit h&eacute;las aujourd&#39;hui comme on riait autrefois de Moscou et de sa tristesse bureaucratique et planifi&eacute;e&#8230;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://charlesgancel.com/2008/05/13/jouer-pour-perdre-bonheur-de-lechec/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>Permanence</title>
		<link>http://charlesgancel.com/2008/04/28/permanence/</link>
		<comments>http://charlesgancel.com/2008/04/28/permanence/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 28 Apr 2008 16:38:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[World]]></category>
<dc:subject>World</dc:subject>
		<guid isPermaLink="false">http://charlesgancel.com/2008/04/28/permanence/</guid>
		<description><![CDATA[&#160;




 
Voil&#224;, certaines choses ne devront pas changer, comme le go&#251;t des Carambars et des Pailles d&#39;Or, la lumi&#232;re &#233;ph&#233;m&#232;re des politiques, le tranchant d&#39;un couteau &#233;conome, les histoires de toto, les peurs de l&#39;enfance sur le trajet de l&#39;&#233;cole, l&#39;odeur des pins, l&#39;orage qui approche, la nuit, l&#39;&#233;ternit&#233; monstrueuse de certaines voix, comme celle-ci, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;<object classid="clsid:D27CDB6E-AE6D-11cf-96B8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,29,0" width="420" height="336">
<param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/x3or5q&amp;v3=1&amp;related=1" />
<param name="quality" value="high" />
<param name="menu" value="false" />
<param name="wmode" value="" /><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/x3or5q&amp;v3=1&amp;related=1" wmode="" quality="high" menu="false" pluginspage="http://www.macromedia.com/go/getflashplayer" type="application/x-shockwave-flash" width="420" height="336"></embed></object></p>
<h1><span><a href="http://charlesgancel.com//"><br /> </a></span></h1>
<p>Voil&agrave;, certaines choses ne devront pas changer, comme le go&ucirc;t des Carambars et des Pailles d&#39;Or, la lumi&egrave;re &eacute;ph&eacute;m&egrave;re des politiques, le tranchant d&#39;un couteau &eacute;conome, les histoires de toto, les peurs de l&#39;enfance sur le trajet de l&#39;&eacute;cole, l&#39;odeur des pins, l&#39;orage qui approche, la nuit, l&#39;&eacute;ternit&eacute; monstrueuse de certaines voix, comme celle-ci, avec qui je vous laisse, qui emplit de larmes les yeux des meilleurs d&#39;entre nous, je vous laisse donc, je pars une dizaine de jours v&eacute;rifier la permanence du bleu entre Paros et Patmos, entre M&eacute;duse et Circ&eacute;e, entre Ouzo et Metaxa&#8230;&nbsp;</p>
<p>Apparemment, il y a du vent dans les Cyclades.</p>
<p><em>Vignette: Nina Simone &agrave; Montreux</em>;<em> Little Girl Blue</em> </p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://charlesgancel.com/2008/04/28/permanence/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>Vérité des femmes</title>
		<link>http://charlesgancel.com/2008/04/21/verite-des-femmes/</link>
		<comments>http://charlesgancel.com/2008/04/21/verite-des-femmes/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 21 Apr 2008 06:58:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Réagir!]]></category>
<dc:subject>Paté de Campagne</dc:subject><dc:subject>Réagir!</dc:subject>
		<guid isPermaLink="false">http://charlesgancel.com/2008/04/21/verite-des-femmes/</guid>
		<description><![CDATA[Un th&#232;me difficile, qui nous concerne tous et qui caract&#233;rise le blogo-risk-taker v&#233;ritable, le cyber-kamikaze, le type qui s&#39;expose vraiment. Ca s&#39;appelle risquer la moiti&#233; de son tapis. Statistiquement parlant.
S&#233;gol&#232;ne a ouvert la voie alors que, sondage JDD aidant, en novembre 2006, il &#233;tait acquis qu&#39;elle gagnerait &#171;&#160;puisqu&#39;elle &#233;tait une femme&#160;&#187;.
Parlons donc des femmes. Difficile. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://charlesgancel.com/wp-content/uploads/2008/04/cuisine.jpg" alt="cuisine.jpg" width="358" height="265" align="left" />Un th&egrave;me difficile, qui nous concerne tous et qui caract&eacute;rise le <em>blogo-risk-taker</em> v&eacute;ritable, le cyber-kamikaze, le type qui s&#39;expose vraiment. Ca s&#39;appelle risquer la moiti&eacute; de son tapis. Statistiquement parlant.
<p>S&eacute;gol&egrave;ne a ouvert la voie alors que, sondage <em>JDD</em> aidant, en novembre 2006, il &eacute;tait acquis qu&#39;elle gagnerait &laquo;&nbsp;p<em>uisqu&#39;elle &eacute;tait une femme</em>&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Parlons donc des femmes. Difficile. Il y a tant &agrave; dire sur le gyn&eacute;c&eacute;e mental qui nous habite. Je pourrais commencer par Kiev, tiens, o&ugrave; je suis pour trois jours, une ville qu&#39;elles arpentent comme le bl&eacute; la campagne, blondes, souples, slaves et d&eacute;termin&eacute;es, &agrave; sillonner Hrescatik. Je pourrais aussi parler des cariatides tr&eacute;pidantes qui m&#39;ont soutenu &agrave; leur mani&egrave;re - des pans entiers de ma vie&nbsp;: Janis Joplin, Joan Baez, Nina Simone, Marie-France Garaud, Patti Smith&#8230; Billie Holiday&#8230; <em>Cherchez l&#39;intruse</em>. Celles-l&agrave;, elles ont tordu le si&egrave;cle sur les ann&eacute;es charni&egrave;res o&ugrave; la musique a bascul&eacute;, ces ann&eacute;es miennes. O&ugrave; bien d&#39;autres, femmes, filles, m&egrave;res, s&oelig;urs, ex, collaboratrices, &eacute;trang&egrave;res entrevues dans la porte &agrave; tambour du temps qui passe ou celle d&#39;un h&ocirc;tel de Macao - de toute fa&ccedil;on elles sont partout, bien assur&eacute;es sur les tr&eacute;teaux du <a href="http://www.amazon.fr/revanche-chromosome-Enqu%C3%AAte-origines-devenir/dp/2709626861/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;s=books&amp;qid=1208760256&amp;sr=1-1">double X</a> .</p>
<p>Donc parlons d&#39;elles et cela nous ram&egrave;ne naturellement &agrave; Carla.</p>
<p>Carla Bruni Sarkozy, dite CBS dans les studios, la plus <em>major</em> des ind&eacute;pendantes, sign&eacute;e par Na&iuml;ve, label ind&eacute;pendant qui sortira bient&ocirc;t son deuxi&egrave;me opus. On la dit en studio en ce moment avec Dominique Blanc-Francart comme ing&eacute;nieur du son. Ca devrait sonner. Lancement et carton mondial assur&eacute;. Or, j&#39;avais une demi-heure &agrave; tuer &agrave; Saint-Germain, il y quelques jours, une parenth&egrave;se spatio-temporelle qui conduit presque automatiquement &agrave; osciller entre une visite r&ecirc;veuse chez La Perla, d&#39;un c&ocirc;t&eacute; du boulevard, et une d&eacute;ambulation r&ecirc;veuse dans les rayons de La Hune, de l&#39;autre. Des deux options, j&#39;ai choisi la deuxi&egrave;me, je veux dire la Hune. Enfin, je me comprends. C&#39;est ainsi que j&#39;ai d&eacute;couvert le livre de Pascale Clark. C&#39;est le titre qui m&#39;a accroch&eacute;&nbsp;: &laquo;<em>&nbsp;Apr&egrave;s, Fred Chichin est mort&nbsp;</em>&raquo;. J&#39;ai feuillet&eacute; pour savoir apr&egrave;s quoi, et je suis tomb&eacute; sur &ccedil;a&nbsp;: <em>&laquo;&nbsp;Elle avait surtout croqu&eacute; des connus pour ceux non exhaustifs qu&#39;on lui connaissait, l&#39;ex top mod&egrave;le n&#39;&eacute;tait pas un mod&egrave;le de vertu, apr&egrave;s tout la belle faisait ce qu&#39;elle voulait de son cul, aucun mal &agrave; se faire du bien, demandez donc &agrave; ses ex.&nbsp;&raquo;.</em> C&#39;est &eacute;crit par une femme. Pas par Bigard. A propos d&#39;une autre femme. CBS. Choqu&eacute;, j&#39;&eacute;tais, sans bien comprendre ce que ce pauvre Chichin venait faire dans ce r&egrave;glement de compte au s&eacute;rail.</p>
<p>Je me suis demand&eacute; pourquoi cette Clark, dont je ne savais rien, d&eacute;versait ainsi un fiel de br&eacute;haigne conservatrice du Chesnay sur l&#39;&Eacute;lue de l&#39;&Eacute;lu. R&egrave;glement de compte&nbsp;? Dans mon souvenir, Carla avait davantage fait dans le <em>Jagger</em> que dans le Chichin. Jalousie de femme contrefaite&nbsp;? Vrai, Carla ni ne louche ni n&#39;a le pied varus. Mais Clark, pourtant souvent hors champ, n&#39;est pas mal non plus&#8230; J&#39;ai feuillet&eacute; le livre. Douloureux, d&eacute;cousu, tr&egrave;s en col&egrave;re contre Sarko dont la rupture n&#39;a pourtant pour rien &agrave; voir avec l&#39;&eacute;quarrissage amoureux qui fait sangloter et renifler l&#39;auteur dans la salle d&#39;embarquement d&#39;un a&eacute;roport au retour du festival de Canne. On souffre avec elle, mais qu&#39;est-ce que CBS et NS peuvent bien y faire&nbsp;? Pourquoi tant de haine&nbsp;? R&ecirc;veur, j&#39;ai repos&eacute; le livre. Je l&#39;ai achet&eacute; depuis. Pour voir.</p>
<p>Et je me suis rendu compte qu&#39;au cours des quelques mois o&ugrave; nous avons tous pouss&eacute; de petits cris et battu des mains en suivant l&#39;idylle &eacute;lys&eacute;enne, les commentaires les plus virulent - ceux du moins que j&#39;ai retenus - ont toujours &eacute;t&eacute; prof&eacute;r&eacute;s par des femmes. Tr&egrave;s peu d&#39;hommes se sont laiss&eacute; aller &agrave; des &laquo;&nbsp;<em>Cette pute variqueuse&#8230;</em>&nbsp;&raquo; pour d&eacute;crire l&#39;acrobate devenue PDF (Premi&egrave;re Dame de France). Le commentaire masculin, dans l&#39;ensemble, est rest&eacute; dans la ligne qu&#39;on sait. Mais c&ocirc;t&eacute; f&eacute;minin, la surprise est totale. Trente ann&eacute;es de d&#39;&eacute;mancipation pour en arriver au radical &laquo;&nbsp;<em>Cette salope, cette voleuse d&#39;hommes</em>&#8230;&nbsp;&raquo;, quelques mots qui fleurent bon la province et l&#39;adult&egrave;re bourgeois&#8230; Au fond, Pascale, parfait symbole de la subversion mondaine, version t&eacute;l&eacute; parisienne et crypt&eacute;e, retrouvait dans le drame un fragment intact de sa nature profonde et, en situation de crise, en revenait aux fondamentaux. Elle sort ses griffes.</p>
<p>Finalement, l&#39;&eacute;mergence des femmes dans la politique n&#39;a jamais &eacute;t&eacute; aussi sensible. Mais qui anticipait qu&#39;avec elles s&#39;imposeraient aussi les couples&nbsp;? Adult&egrave;re hollandais, qui nous vaut les mises au point matrimoniales de l&#39;ancienne candidate&#8230; Yoyo affectif et remariage d&#39;une Cecilia plus gla&ccedil;ante que le papier qui la porte&#8230; Coups de foudre &eacute;lys&eacute;ens et d&eacute;fil&eacute; &agrave; Londres&#8230; on se dit que, oui, la politique a chang&eacute;. Peut-on dire qu&#39;elle se f&eacute;minise&nbsp;? Qui r&eacute;pondra&nbsp;?</p>
<p>Pas Chichin, en tout cas&#8230;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://charlesgancel.com/2008/04/21/verite-des-femmes/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>C&#8217;est juste que je n&#8217;ai pas le temps&#8230;</title>
		<link>http://charlesgancel.com/2008/04/14/cest-juste-que-je-nai-pas-le-temps/</link>
		<comments>http://charlesgancel.com/2008/04/14/cest-juste-que-je-nai-pas-le-temps/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 14 Apr 2008 07:09:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Réagir!]]></category>
<dc:subject>Réagir!</dc:subject>
		<guid isPermaLink="false">http://charlesgancel.com/2008/04/14/cest-juste-que-je-nai-pas-le-temps/</guid>
		<description><![CDATA[&#8230; mais &#231;a va venir. Un billet &#224; haut risque. Sur les femmes. Promis. Un pari insens&#233;, extravagant&#8230; un truc &#224; m&#39;attirer cela ! A+ 
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&#8230; mais &ccedil;a va venir. Un billet &agrave; haut risque. Sur les femmes. Promis. Un pari insens&eacute;, extravagant&#8230; un truc &agrave; m&#39;attirer <a href="http://www.rue89.com/et-pourtant/le-stress-mortel-des-blogueurs-de-fond">cela</a> !<br /> A+ </p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://charlesgancel.com/2008/04/14/cest-juste-que-je-nai-pas-le-temps/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>Flying</title>
		<link>http://charlesgancel.com/2008/04/02/flying/</link>
		<comments>http://charlesgancel.com/2008/04/02/flying/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 02 Apr 2008 06:11:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Paté de Campagne]]></category>
<dc:subject>Paté de Campagne</dc:subject>
		<guid isPermaLink="false">http://charlesgancel.com/2008/04/02/flying/</guid>
		<description><![CDATA[Les performances &#233;rotico-sanitaires et nocturnes d&#39;Emmanuelle dans les toilettes exig&#252;es d&#39;un Jumbo des seventies ont ouvert une page in&#233;dite dans les anales du transport a&#233;rien et du contorsionnisme sexuel. Si j&#39;ose dire. M&#234;me Houdini aurait renonc&#233;. D&#233;j&#224; compliqu&#233; de se laver les dents dans ce bocal, pour le reste&#8230; Mais le vol de nuit, quel [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://charlesgancel.com/wp-content/uploads/2008/04/flying.jpg" alt="flying.jpg" width="375" height="280" align="left" />Les performances &eacute;rotico-sanitaires et nocturnes d&#39;Emmanuelle dans les toilettes exig&uuml;es d&#39;un Jumbo des seventies ont ouvert une page in&eacute;dite dans les <em>anales</em> du transport a&eacute;rien et du contorsionnisme sexuel. Si j&#39;ose dire. M&ecirc;me Houdini aurait renonc&eacute;. D&eacute;j&agrave; compliqu&eacute; de se laver les dents dans ce bocal, pour le reste&#8230; Mais le vol de nuit, quel qu&#39;en soit le sc&eacute;nario, reste un moment suspendu, un <em>no man&#39;s time</em> compress&eacute; vers l&#39;est, distendu vers l&#39;ouest, un huis-clos o&ugrave; le repli sur soi vaut pour loi commune, solitude dans la cabine obscure travers&eacute;e par les fantasmes des uns ou les turbulences splanchniques des autres. Il y a une magie sp&eacute;ciale des vols de plus de dix heures. Chacun est l&agrave; et las, cal&eacute; dans son si&egrave;ge, un &oelig;il discr&egrave;tement riv&eacute; sur un film inavouable, l&#39;autre sur la toupie d&eacute;r&eacute;gl&eacute; du temps. On enfile les fuseaux horaires, une jambe apr&egrave;s l&#39;autre, on attache sa ceinture.
<p>Apr&egrave;s deux semaines d&#39;aller et retour (France-US-Br&eacute;sil-France-Chine-France), le passage &agrave; l&#39;heure d&#39;&eacute;t&eacute;, dimanche matin vers 20 heures, m&#39;a fait rire nerveusement dans mon lit, tout seul &agrave; la campagne&#8230; Changer d&#39;heure, encore&#8230; Mon coucou int&eacute;rieur est en RTT.</p>
<p>On dit du voyage qu&#39;il est un art. Tout en ma&icirc;trise. A l&#39;&eacute;coute de son corps, on doit &ecirc;tre. Personnellement, j&#39;y crois. Ainsi, j&#39;investis beaucoup dans la pr&eacute;paration. Pour un vol du soir, retour de Shanghai, lundi dernier, je commence l&#39;entrainement vers 16 heures. La pr&eacute;paratrice du jour s&#39;appelle, Sissi, oisillon expert du Sichuan, star du <em>Full Body Massage</em> &agrave; 320 RMB, une heure de tortures atroces &agrave; l&#39;huile chaude, pratiqu&eacute;es avec commis&eacute;ration, certes, mais d&eacute;termination. Sissi a fini en me sautillant sur le dos, en faisant claquer une &agrave; une chacune de mes vert&egrave;bres de ses petits talons pointus&#8230; J&#39;ai fini par avouer un vague penchant bourgeois-sp&eacute;culateur-contre-r&eacute;volutionnaire&#8230; Elle a eu l&#39;air content. 320 RMB plus tard, donc, me voil&agrave; &agrave; claudiquer sur le trottoir, &agrave; essayer de retrouver mon souffle et le chemin de l&#39;h&ocirc;tel. Mais Sissi me h&egrave;le et me rattrape, vous avez oubli&eacute; &ccedil;a, Sir&#8230; Ah oui, une omoplate. Bien s&ucirc;r&#8230; Me semblait bien&#8230; Je sens que je vais en &eacute;craser dans l&#39;avion.</p>
<p>Taxi vers Pudong Airport, check in, <em>lounge</em> et on embarque. Arrivent les h&ocirc;tesses, <em>Keroz&egrave;ne-Baby-Dolls</em>, Ic&ocirc;nes Glac&eacute;es pour Haut Potentiels fatigu&eacute;s qui soul&egrave;vent une paupi&egrave;re d&eacute;j&agrave; lourde et turgide au passage d&#39;une croupe bleu nuit, alors que la radio du bord d&eacute;bite son r&eacute;citatif, PMC &agrave; vos portes, armement des toboggans (<em>Helter-Skelter, She&#39;s Coming Down Fast</em>), v&eacute;rification de la porte oppos&eacute;e, d&eacute;collage dans une minute&#8230;. Banza&iuml;.</p>
<p>D&icirc;ner &agrave; bord et combat victorieux avec une pi&egrave;ce de b&oelig;uf bouillie qui a r&eacute;sist&eacute; longtemps. Je l&#39;ai mat&eacute;e, la carne, mais un doute affreux m&#39;a pris en voyant l&#39;h&ocirc;tesse chercher d&eacute;sesp&eacute;remment l&#39;&eacute;ponge du bord&#8230; Hop, un coup de Grave pour faire passer le Stilnox.</p>
<p>Mais bingo de chez bingo&nbsp;! J&#39;ai &eacute;t&eacute; surclass&eacute;, un vrai lit avec une couette et un pyjama, l&#39;h&ocirc;tesse s&#39;assied gentiment &agrave; mon c&ocirc;t&eacute;, accepte de me lire Caroline &agrave; la Ferme en caressant mes boucles, elle sourit en fredonnant&#8230; Dieu que j&#39;aime la compagnie nationale. Ce soir, en tout cas.</p>
<p>Commence la nuit, sib&eacute;rienne et doublement glac&eacute;e &agrave; l&#39;ext&eacute;rieur, globalement impersonnelle dans le <em>flying</em> dortoir, la longue parenth&egrave;se incertaine et concentr&eacute;e du vol commence vraiment.</p>
<p>Good Night, Sir.</p>
<p><em>Vignette&nbsp;: aube, retour de Rio</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://charlesgancel.com/2008/04/02/flying/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>Chine et désinformation occidentale</title>
		<link>http://charlesgancel.com/2008/03/23/chine-et-desinformation-occidentale/</link>
		<comments>http://charlesgancel.com/2008/03/23/chine-et-desinformation-occidentale/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 23 Mar 2008 10:25:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[World]]></category>

		<category><![CDATA[Paté de Campagne]]></category>
<dc:subject>Paté de Campagne</dc:subject><dc:subject>World</dc:subject>
		<guid isPermaLink="false">http://charlesgancel.com/2008/03/23/chine-et-desinformation-occidentale/</guid>
		<description><![CDATA[

A Shanghai depuis quelques jours o&#249;, comme partout, on parle du Tibet. Mais dans d&#39;autres termes, plus feutr&#233;s, diff&#233;rents. Par exemple, ce matin, &#224; la une de China Daily , un long article illustr&#233; d&#233;nonce les manipulations &#233;hont&#233;es et staliniennes de la presse occidentale dans sa couverture crapuleuse des &#233;v&#233;nements de Lhassa.
Ainsi, ce manifestant, pr&#233;tendument [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>
<p><img src="http://charlesgancel.com/wp-content/uploads/2008/03/china.jpg" alt="china.jpg" width="530" height="391" /></p>
<p>A Shanghai depuis quelques jours o&ugrave;, comme partout, on parle du Tibet. Mais dans d&#39;autres termes, plus feutr&eacute;s, diff&eacute;rents. Par exemple, ce matin, &agrave; la une de <a href="http://www.chinadaily.com.cn/china/2008-03/22/content_6557738.htm"><em>China Daily</em></a> , un long article illustr&eacute; d&eacute;nonce les manipulations &eacute;hont&eacute;es et staliniennes de la presse occidentale dans sa couverture crapuleuse des &eacute;v&eacute;nements de Lhassa.</p>
<p>Ainsi, ce manifestant, pr&eacute;tendument emmen&eacute; et brutalis&eacute; par le police n&#39;est rien d&#39;autre qu&#39;un civil chinois, un Han, arrach&eacute; in extremis aux mains d&#39;une foule ivre de violence. Cet autre, &agrave; terre, se prot&eacute;geant na&iuml;vement de la longue matraque chinoise et polici&egrave;re pr&ecirc;te &agrave; s&#39;abattre sur lui&#8230; m&ecirc;me pas vrai&nbsp;! Le policier est tib&eacute;tain. Et CNN, de son c&ocirc;t&eacute;, qui n&#39;h&eacute;site pas &agrave; diffuser des vid&eacute;os inqui&eacute;tantes de camions militaires chinois acheminant par dizaines les soldats en armes, mais qui tronque l&#39;image et omet d&#39;exposer la foule vindicative qui caillasse la soldatesque&#8230;</p>
</p></div>
<p>On se d&eacute;cha&icirc;ne sur le net. <em>&laquo;&nbsp;Je pensais que les m&eacute;dias occidentaux &eacute;taient corrects. Mais comment peuvent-ils fermer les yeux sur les tueries et les m&eacute;faits des manifestants&nbsp;?&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>Personnellement, j&#39;ai voulu v&eacute;rifier. J&#39;ai donc branch&eacute; CNN le soir m&ecirc;me &agrave; l&#39;h&ocirc;tel, pour voir &agrave; quel point nous &eacute;tions d&eacute;sinform&eacute;s sur la situation. Je n&#39;ai pas eu &agrave; attendre longtemps, moins d&#39;une demi-heure apr&egrave;s que je me sois install&eacute; dans mon fauteuil avec un Jack Daniel, le speaker annonce un focus sur la situation &agrave; Lhassa et, Tchiumph&nbsp;! &eacute;cran noir, genre <em>hard disk failure</em>, ch&eacute;rie il faut changer le poste&#8230; quelques minutes de vacuum communicationnel anxiog&egrave;ne, et hop&nbsp;! retour sur une pub rassurante, ventant l&#39;effort d&#39;un industriel en mati&egrave;re de <em>sustainable developement</em>, puisque plus personne ne peut faire de r&eacute;clame chez CNN sans vouloir sauver la plan&egrave;te. Donc en Chine, pas de nuance. Swich on / off. Facile. Lhassa, connais pas&#8230; Vous avez des &eacute;tats d&#39;&acirc;me&nbsp;?</p>
<p>Mais l&#39;internet aidant, le d&eacute;bat va bon train. Hier soir, au cours d&#39;un d&icirc;ner, la seule question qui pr&eacute;occupe est&nbsp;: les occidentaux vont-ils boycotter les Jeux&nbsp;? N&#39;&eacute;tant pas expert mais un peu normand, j&#39;y vais d&#39;un couci-cou&ccedil;a convaincant, et l&#39;un des convives&nbsp;a cette phrase qui me taraude depuis&nbsp;: <em>&laquo;&nbsp;Ca serait terrible&nbsp;! La Chine ne pourrait pas supporter une telle perte de face&nbsp;!&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>Je me suis demand&eacute; ce qu&#39;elle ferait.</p>
<p><em>Vignette: Shanghai evening</em>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://charlesgancel.com/2008/03/23/chine-et-desinformation-occidentale/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>6 détails insignifiants à mon sujet</title>
		<link>http://charlesgancel.com/2008/03/11/6-details-insignifiants-a-mon-sujet/</link>
		<comments>http://charlesgancel.com/2008/03/11/6-details-insignifiants-a-mon-sujet/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 11 Mar 2008 21:08:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Réagir!]]></category>
<dc:subject>Paté de Campagne</dc:subject><dc:subject>Réagir!</dc:subject>
		<guid isPermaLink="false">http://charlesgancel.com/2008/03/11/6-details-insignifiants-a-mon-sujet/</guid>
		<description><![CDATA[Tagu&#233; par Jules  et Koz , je m&#39;y colle et j&#39;ose. 
1. Je      suis d&#39;un naturel optimiste, positif, joyeux. Leonard Cohen m&#39;emmerde. 2. De      longue date d&#233;&#231;u par l&#39;eau du bain, j&#39;ai opt&#233; pour la douche. La      temp&#233;rature est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://charlesgancel.com/wp-content/uploads/2008/03/rio.jpg" alt="rio.jpg" width="403" height="300" align="left" /><strong>Tagu&eacute; par <a href="http://dinersroom.free.fr/index.php">Jules </a> et <a href="http://www.koztoujours.fr/">Koz</a> , je m&#39;y colle et j&#39;ose.<br /> </strong></p>
<p><strong>1.</strong> Je      suis d&#39;un naturel optimiste, positif, joyeux. Leonard Cohen m&#39;emmerde.<br /> <strong>2.</strong> De      longue date d&eacute;&ccedil;u par l&#39;eau du bain, j&#39;ai opt&eacute; pour la douche. La      temp&eacute;rature est constante et c&#39;est bon pour Gaya.<br /> <strong>3.</strong> Un      soir au Mercer (au coin de Mercer et de Prince), je lisais Fran&ccedil;ois Bon      dans le lobby, une bi&egrave;re servie par une chinoise sinueuse, la biographie      des Rolling Stones, page 435, je crois. Elle s&#39;est assise &agrave; c&ocirc;t&eacute; de moi.      Elle, c&#39;&eacute;tait Fiona Apple. Moi, pas moufet&eacute;.<br /> <strong>4.</strong> Avec      mes amis, un groupe folk, il y a longtemps, nous faisons l&#39;Olympia. De      Paris.<br /> <strong>5.</strong> Chaque      ann&eacute;e, je navigue au printemps. A la voile. Discr&egrave;tement, j&#39;essaie de      marcher sur l&#39;eau. Sans illusions.<br /> <strong>6.</strong> J&#39;avais      treize ans. Un cheval est mort, la t&ecirc;te sur mes genoux. Il &eacute;tait gris et      joueur. On disait de lui qu&#39;il avait du sang arabe.</p>
<p> <strong></strong>
<p>&nbsp;Je ne tague que les filles: <a href="http://leschroniquesdeneirie.hautetfort.com/">Neirie</a> , <a href="http://blogclarabel.canalblog.com/">Clarabel </a> et <a href="http://www.tamaculture.com/">Tamara</a> . Grand bien leur fasse&nbsp;!</p>
<p><em>&nbsp;Vignette: Rio, comme un lundi&#8230; retour demain.</em> </p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://charlesgancel.com/2008/03/11/6-details-insignifiants-a-mon-sujet/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>Back In USSA&#8217;</title>
		<link>http://charlesgancel.com/2008/03/08/back-in-ussa/</link>
		<comments>http://charlesgancel.com/2008/03/08/back-in-ussa/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 08 Mar 2008 13:34:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Paté de Campagne]]></category>
<dc:subject>diners room</dc:subject><dc:subject>Paté de Campagne</dc:subject>
		<guid isPermaLink="false">http://charlesgancel.com/2008/03/08/back-in-ussa/</guid>
		<description><![CDATA[A la va-vite. En voyage South Carolina pour quelques jours, dans une Am&#233;rique en campagne, elle aussi. Il a plu, hier, en milieu de journ&#233;e. A Hard Rain&#39;s Gonna Fall, elle a balay&#233; les Appalaches&#8230; Ca faisait un moment que je n&#39;avais pas pos&#233; le pied sur la terre promise. En 1969, les Beatles sont [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://charlesgancel.com/wp-content/uploads/2008/03/stars.jpg" alt="stars.jpg" width="261" height="331" align="left" />A la va-vite. En voyage<br /> South Carolina pour quelques jours, dans une Am&eacute;rique en campagne, elle aussi. Il a plu, hier, en milieu de journ&eacute;e. <em>A Hard Rain&#39;s Gonna Fall</em>, elle a balay&eacute; les Appalaches&#8230; Ca faisait un moment que je n&#39;avais pas pos&eacute; le pied sur la terre promise. En 1969, les Beatles sont agac&eacute;s par cette propension qu&#39;ont les am&eacute;ricains &agrave; sangloter en descendant de l&#39;avion, en retrouvant <em>My Land, This Land in My Land</em> etc. Ils &eacute;crivent et enregistrent <em>Back In USSR</em>, en ouverture du Double Blanc, chanson-hymne tr&eacute;pidante d&eacute;di&eacute;e aux &laquo;&nbsp;canons&nbsp;&raquo; sovi&eacute;tiques&nbsp;: <em>And Moscow girls make me sing and shout, and Georgia&#39;s always on my-my-my-my-my-my-my&#8230; mind&nbsp;!</em></p>
<p>Ici, &agrave; table, on parle des primaires, mais sans exc&egrave;s, en m&acirc;chant une salade craquante et insipide. Business d&#39;abord. Les choses importantes. Mais quand m&ecirc;me, l&#39;Am&eacute;rique pour la premi&egrave;re fois de son histoire va devoir choisir entre (i) une Femme de Pouvoir et &eacute;pouse abus&eacute;e mais mis&eacute;ricordieuse, pur produit de la matrice f&eacute;minine am&eacute;ricaine, moyennement sexy, qui a vot&eacute; la guerre sans le faire expr&egrave;s&nbsp;; (ii) un <em>half-black</em> hyper-charismatique qui trouve le moyen d&#39;&ecirc;tre noir et am&eacute;ricain sans &ecirc;tre noir-am&eacute;ricain de souche&#8230; sans doute son plus efficace <em>competitive advantage, </em>qui occupe le lieu d&#39;un r&ecirc;ve oubli&eacute; depuis le 24 ao&ucirc;t 1963, quand M. L. King partageait le sien avec foule de la Grande Marche, ou m&ecirc;me celui d&#39;un Kennedy qui r&eacute;veillait l&#39;Am&eacute;rique et la prenait par la main, direction la Lune. Et pour finir, les primaires boucl&eacute;es, (iii) &laquo;&nbsp;<em>The Right Stuff</em>&nbsp;&raquo;, un ancien militaire, un type qui en a, merci, prisonnier des Viets en son temps, qui n&#39;a pas voulu l&#39;apocalypse #2 de GWB et fait aujourd&#39;hui don de son corps retrait&eacute; &agrave; l&#39;oncle Sam. La guerre des arch&eacute;types a commenc&eacute;. Beau pays qui nous surprend toujours.</p>
<p>Mais si la diversit&eacute; s&#39;invite au c&oelig;ur de la campagne - et c&#39;est rassurant - comment ne pas voir que dans les carcasses d&eacute;molies et encore chaudes des tours de Manhattan, d&#39;autres ont trouv&eacute; le pr&eacute;texte au recul d&eacute;mocratique le plus significatif de l&#39;Am&eacute;rique moderne. En 1969, Lennon et McCartney s&#39;amusent du d&eacute;mocratisme larmoyant de l&#39;Am&eacute;rique et ridiculisent na&iuml;vement le totalitarisme sovi&eacute;tique. En 2008, force est de constater - par exemple pendant les deux heures pass&eacute;es &agrave; faire la queue pour passer l&#39;Immigration &agrave; l&#39;a&eacute;roport - que le masque s&eacute;curitaire de GWB camouflait une grimace subrepticement totalitaire.</p>
<p>Le m&eacute;canisme d&eacute;mocratique est plus fort et, quel que soit le r&eacute;sultat des &eacute;lections de novembre, nombreux sont ceux qui pensent ici que la d&eacute;construction du syst&egrave;me Bush, m&ecirc;me lente et compliqu&eacute;e pour des raisons structurelles, aura lieu.<br /> Espoir donc.</p>
<p>PS&nbsp;: <a href="http://dinersroom.free.fr/index.php?2008/03/05/819-six-choses-insignifiantes-en-plus#co">Jules m&#39;a&nbsp; tagu&eacute;</a> , <a href="http://www.koztoujours.fr/?p=630">Koz m&#39;a tagu&eacute;</a> , sur un petit jeu. Je les en remercie&nbsp;: merci Jules, merci Koz. J&#39;y r&eacute;pondrai dans quelques jours avec pudeur et sinc&eacute;rit&eacute;.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://charlesgancel.com/2008/03/08/back-in-ussa/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>Casse-toi, pôv&#8217;con, analyse et gros mots</title>
		<link>http://charlesgancel.com/2008/02/27/casse-toi-povcon-analyse-et-gros-mots/</link>
		<comments>http://charlesgancel.com/2008/02/27/casse-toi-povcon-analyse-et-gros-mots/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 27 Feb 2008 19:12:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Réagir!]]></category>
<dc:subject>Réagir!</dc:subject>
		<guid isPermaLink="false">http://charlesgancel.com/2008/02/27/casse-toi-povcon-analyse-et-gros-mots/</guid>
		<description><![CDATA[J&#39;assiste en quasi direct sur ioutioub, comme chacun d&#39;entre nous, &#224; la visite du pr&#233;sident aux jacistes enthousiastes et aux non moins ithyphalliques bovins de la Porte de Versailles, et je me dis que d&#39;un pr&#233;sident l&#39;autre, d&#39;une &#233;table l&#39;autre, - comme le soulignait hier soir un ami v&#233;t&#233;rinaire tr&#232;s saoul - on change de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://charlesgancel.com/wp-content/uploads/2008/02/cock.jpg" alt="cock.jpg" width="271" height="318" align="left" />J&#39;assiste en quasi direct sur ioutioub, comme chacun d&#39;entre nous, &agrave; la visite du pr&eacute;sident aux jacistes enthousiastes et aux non moins ithyphalliques bovins de la Porte de Versailles, et je me dis que d&#39;un pr&eacute;sident l&#39;autre, d&#39;une &eacute;table l&#39;autre, - comme le soulignait hier soir un ami v&eacute;t&eacute;rinaire tr&egrave;s saoul - on change de doigt&eacute;. Une r&eacute;volution culturelle, &ccedil;a se lit aussi dans les d&eacute;tails. De la claque au cul des vaches au coup de pied au cul des cons, c&#39;est toute une po&eacute;sie rurale qui est revisit&eacute;e, en m&ecirc;me temps que la fonction pr&eacute;sidentielle. Arr&ecirc;tons-nous un peu sur l&#39;image.
<p>J&#39;ai visionn&eacute; et visionn&eacute; encore cette s&eacute;quence unique du rapport des fran&ccedil;ais au pouvoir, et inversement, de l&#39;&eacute;lite &agrave; sa pl&egrave;be. L&#39;ai pass&eacute;e &agrave; l&#39;endroit, &agrave; l&#39;envers, avec ou sans l&#39;image, avec ou sans le son, j&#39;ai observ&eacute; un &agrave; un les visages qui entourent l&#39;&eacute;lu, essay&eacute; de comprendre la dynamique sous-jacente au drame, m&ecirc;me cherch&eacute; en passant des indices validant la mort de Paul McCartney en 1968. Voici mon analyse.</p>
<p>Concentrons-nous d&#39;abord sur la phrase, celle - inacceptable - par quoi le scandale arrive&nbsp;: <em>&laquo;&nbsp;Touche-moi pas, tu me salis&nbsp;&raquo;</em>. Touche-moi pas&#8230; non mais d&#39;o&ugrave; sort ce clown analphab&egrave;te&nbsp;? Une premi&egrave;re &eacute;vidence s&#39;impose, ce type a fait son primaire en France, &agrave; l&#39;&Eacute;cole Publique la meilleure du monde, et a probablement calcifi&eacute; pendant son secondaire les dommages grammaticaux h&eacute;rit&eacute;s de la complaisance p&eacute;dagogique post soixante-huitarde. Une confirmation vivante des scores d&eacute;sastreux du rapport PISA, en somme. Une deuxi&egrave;me &eacute;vidence, ce type mal embouch&eacute; est malhonn&ecirc;te et sans doute t&eacute;l&eacute;guid&eacute; par Marianne. Il vient de passer des heures &agrave; patauger dans le purin annuel de la porte de Versailles et refuse de go&ucirc;ter au toucher r&eacute;galien d&#39;un pr&eacute;sident ras&eacute; de frais, sans doute douch&eacute; moins d&#39;une heure auparavant. On r&ecirc;ve. Et venons-en donc &agrave; la r&eacute;action, somme toute assez mod&eacute;r&eacute;e, de <strong>Nicolas</strong>. Franchement, un type me dit <em>touche-moi-pas-tu-me-salis</em>, moi, c&#39;est coup de boule direct, et l&eacute;g&egrave;rement pris de biais pour lui remonter la cloison nasale au niveau des sourcils, avec pour r&eacute;sultat une obstruction syst&eacute;matique de l&#39;une des narines au moment de l&#39;endormissement, rien de plus aga&ccedil;ant. A la place de quoi, totalement zen, le pr&eacute;sident lui susurre, bonasse, un brin complice, <em>casse toi, p&ocirc;v&#39;con</em>, variante batave du fameux <em>touche &agrave; ton cul salope </em>qu&#39;il nous r&eacute;serve pour le salon du Bourget. Le langage de la rue, quoi, celui des cit&eacute;s. La belle langue du sol, sans doute un exemple de mise &agrave; niveau du discours citoyen, de la connivence enfin retrouv&eacute;e apr&egrave;s toutes ces ann&eacute;es de rupture entre le peuple et une classe politique &eacute;litiste et distante, aveugle aux pr&eacute;occupations quotidiennes des Fran&ccedil;ais. Car enfin, soyons honn&ecirc;tes, qu&#39;aurait dit <strong>Rocard</strong> en la circonstance&nbsp;? <em>&laquo;&nbsp;Et bien soit, l&#39;arsouille&nbsp;! Et mouvez-vous donc d&#39;une canne, mis&eacute;rable vulve&nbsp;!&nbsp;&raquo;. </em>Personne n&#39;aurait compris, ce qui est normal avec <strong>Michel</strong>, et l&#39;&eacute;v&eacute;nement aurait fait long pschitt.</p>
<p><strong>Sarkozy</strong>, lui, reste simple, direct et rapide. C&#39;est son style, le pays l&#39;a compris. Les mauvaises langues, toujours de gauche, diront qu&#39;il s&#39;agit l&agrave; d&#39;un acte symbolique, une phrase qui n&#39;appartient pas au hasard, l&#39;une de ces paroles r&eacute;flexives arrach&eacute;es &agrave; la pens&eacute;e d&#39;autrui pour la faire sienne, la dig&eacute;rer en quelque sorte. En d&#39;autres termes, <em>casse toi pauvre con</em> serait une restitution inconsciente des sondages par l&#39;&Eacute;lys&eacute;e.</p>
<p>Apr&egrave;s tout, je me souviens qu&#39;en pleine campagne pr&eacute;sidentielle, le candidat UMP, croisant quelques &eacute;lus socialistes un peu d&eacute;stabilis&eacute;s dans les couloirs de l&#39;Assembl&eacute;e, leur avait l&acirc;ch&eacute; narquois <em>&laquo;&nbsp;Surtout ne changez rien&nbsp;!&nbsp;&raquo;</em>. <strong>Royal</strong> et <strong>Hollande</strong> auraient beau jeu, aujourd&#39;hui, de lui retourner le compliment, avec les cons&eacute;quences que l&#39;on conna&icirc;t, car si un <strong>Sarkozy</strong> fort a su faire l&#39;union de la droite, un <strong>Sarkozy </strong>faible aura t&ocirc;t fait de la d&eacute;truire et de rouvrir les plaies qui l&#39;ont longtemps affaiblie. Auquel cas un PS an&eacute;anti ferait face &agrave; une droite ruin&eacute;e.<br /> Nous serions alors tous tr&egrave;s enthousiastes et confiants dans l&#39;avenir.</p>
<p><em>Vignette: combat de coqs</em>,<em> une tradition</em>.&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://charlesgancel.com/2008/02/27/casse-toi-povcon-analyse-et-gros-mots/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>Teamwork</title>
		<link>http://charlesgancel.com/2008/02/20/teamwork/</link>
		<comments>http://charlesgancel.com/2008/02/20/teamwork/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 20 Feb 2008 09:57:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Paté de Campagne]]></category>
<dc:subject>Paté de Campagne</dc:subject>
		<guid isPermaLink="false">http://charlesgancel.com/2008/02/20/teamwork/</guid>
		<description><![CDATA[Profil bas. Faut juste savoir ne pas la ramener, parler d&#39;autres choses&#8230; Trouver des sujets de conversation parall&#232;les&#8230; vous &#234;tes plut&#244;t chaudi&#232;re individuelle ou chauffage collectif, vous&#160;? Personnellement, je suis sur l&#39;individuel mais enfin discutons-en&#8230; ou les bo&#238;tes de vitesse, c&#39;est bien aussi, automatique&#160;? M&#233;canique&#160;? Des trucs importants.
Bon, il avait dit qu&#39;il ferait bouger les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://charlesgancel.com/wp-content/uploads/2008/02/dali.jpg" alt="dali.jpg" width="302" height="185" align="left" />Profil bas. Faut juste savoir ne pas la ramener, parler d&#39;autres choses&#8230; Trouver des sujets de conversation parall&egrave;les&#8230; vous &ecirc;tes plut&ocirc;t chaudi&egrave;re individuelle ou chauffage collectif, vous&nbsp;? Personnellement, je suis sur l&#39;individuel mais enfin discutons-en&#8230; ou les bo&icirc;tes de vitesse, c&#39;est bien aussi, automatique&nbsp;? M&eacute;canique&nbsp;? Des trucs importants.
<p>Bon, il avait dit qu&#39;il ferait bouger les lignes, <strong>Nicolas</strong>, fantasme lin&eacute;al tr&egrave;s r&eacute;pandu dans la classe politique depuis quelques mois. Et il a fait ce qu&#39;il a dit. D&#39;ailleurs il l&#39;avait bien dit. Je veux dire il avait bien dit qu&#39;il ferait ce qu&#39;il disait. La ligne bouge un peu, donc, y compris dans la majorit&eacute; qui ne sait plus bien laquelle suivre, de la ligne d&#39;horizon &agrave; la ligne de tra&icirc;ne. C&#39;est &ccedil;a, la culture du r&eacute;sultat, on la suit des yeux&#8230; Il n&#39;a pas dit de la performance, il a dit du r&eacute;sultat. Quel que soit le r&eacute;sultat. On voit le r&eacute;sultat. Pas encore la performance. Et le fait est que m&ecirc;me ceux qui l&#39;ont soutenu - c&#39;est mon cas - ont juste un petit haut-le-c&oelig;ur tellement elles bougent, les lignes. Il faut s&#39;en sniffer une costaude pour comprendre. Ou ne pas la perdre (j&#39;en suis &agrave; six semaines sans tabac, merci). L&#39;axe Cecilia-Carla-Neuilly-Shoa commence &agrave; sentir la ligne de fuite. Si <strong>Kerviel</strong> avait jou&eacute; <strong>Sarko</strong> &agrave; la baisse, la SocGen rachetait City Bank en une semaine.</p>
<p>Une petite chute dans le triple salto des figures libres&#8230; La juge fran&ccedil;aise note &agrave; 39% ce matin. C&#39;est s&eacute;v&egrave;re&#8230; La presse, elle, avec le naturel putassier qu&#39;on lui sait - &nbsp;et <strong>Jean-Fran&ccedil;ois Kahn</strong> en tauli&egrave;re - se jette sur la viande encore chaude, ricane et p&eacute;titionne &agrave; tout va. Bref &ccedil;a ira, &ccedil;a ira, &ccedil;a ira, les aristocrates &agrave; la lanterne&#8230; on entonne la rengaine &agrave; la Closerie. On ne pouvait pas mieux dire puisque c&#39;est bien &agrave; la Lanterne que se complote le vaudeville perturbant du moment.<br /> Pour &ecirc;tre tr&egrave;s franc, je suis beaucoup plus &agrave; l&#39;aise quand tout prouve que j&#39;ai raison. Quoi de plus &eacute;nervant, en effet, que voir ceux d&#39;en face grimacer un sourire genre on te l&#39;avait bien dit.&nbsp; J&#39;&eacute;vite un peu les copains de gauche. C&#39;est prudent. Donc profil bas. Pour un moment. Mais, au fond, j&#39;aime bien cette p&eacute;riode, ce va et vient du triomphe. Si j&#39;ai bon souvenir, crisis, en grec, signifie le jugement, la v&eacute;rit&eacute;, la lumi&egrave;re faite sur soi. Il y quelque chose de tranchant dans la crise, qui fait que si l&#39;on survit, on en sort amaigri, moins complaisant, plus fort. J&#39;avais &eacute;crit sur l<a href="http://charlesgancel.com/2007/09/19/deserts/">&#39;impopularit&eacute;,</a> il y a d&eacute;j&agrave; un moment, sur l&#39;exp&eacute;rience du rejet, du vide, du d&eacute;samour. Comment <strong>Nicolas</strong> sortira-t-il de ce mauvais passage, que d&#39;autres ont connu avant lui&nbsp;?</p>
<p>Reste l&#39;&eacute;quipe. Et l&#39;&eacute;quipe avance, apparemment. <strong>Fillon</strong> semble tenir son cap. Si l&#39;&eacute;quipe tient, le chef tiendra et, dans le meilleur des cas, aura gagn&eacute; en modestie. S&#39;il tue son &eacute;quipe, le chef saignera longtemps. L&#39;enjeu est &eacute;norme.<br /> Les &eacute;tudes - certaines auxquelles j&#39;ai m&ecirc;me particip&eacute; - mettent en &eacute;vidence au moins quatre grandes qualit&eacute;s per&ccedil;ues chez les leaders qui savent d&eacute;velopper un climat de confiance au sein de leurs &eacute;quipes : la comp&eacute;tence, l&#39;empathie, l&#39;honn&ecirc;tet&eacute; dans le discours et la concentration.<br /> La comp&eacute;tence&nbsp;? C&#39;est s&ucirc;r, en vol, nous pr&eacute;f&eacute;rons que le pilote sache piloter. Sur ce point <strong>Sarkozy</strong> n&#39;a pas vraiment d&eacute;m&eacute;rit&eacute;, du moins &agrave; mes yeux, mais Villiers-le-Bel sonne davantage comme une r&eacute;miniscence minist&eacute;rielle que comme un acte de leadership pr&eacute;sidentiel, et m&ecirc;me si l&#39;&Eacute;lys&eacute;e n&#39;y est pour rien, le planning est f&acirc;cheux. Qu&#39;on ait gaul&eacute; avec comp&eacute;tence la poign&eacute;e connards qui faisait des cartons sur les forces de l&#39;ordre ne me d&eacute;range pas, mais le rapport de <strong>Nicolas</strong> aux banlieues n&#39;est pas universellement d&eacute;crit comme empathique.<br /> Les annonces jud&eacute;o-compassionnelles de la semaine derni&egrave;re se sont faites sur fond de banlieue casqu&eacute;e&#8230; A tort ou&nbsp;&agrave; raison, les perceptions sont ce qu&#39;elles sont et l&#39;empathie n&#39;est pas le mot qui vient naturellement en pensant au pr&eacute;sident. L&#39;honn&ecirc;tet&eacute; dans la communication&nbsp;? Pour autant qu&#39;elle soit la sienne, la parole du pr&eacute;sident ne me semble pas moins honn&ecirc;te que celle de ses pr&eacute;d&eacute;cesseurs. Sans doute m&ecirc;me plus directe, moins tordue ou cynique. Reste la concentration. Ce que les anglo-saxon appellent <em>focus</em> ou <em>dedication</em>. Le pr&eacute;sident est-il d&eacute;di&eacute;, concentr&eacute; sur son objectif, sa t&acirc;che, son programme, son &eacute;quipe&#8230; et sur eux seuls&#8230; C&#39;est &agrave; mon avis ici que le b&acirc;t blesse vraiment. On serait tent&eacute; d&#39;ajouter <em>que le bas blesse</em>, tant la vie personnelle du pr&eacute;sident se superpose &agrave; l&#39;activisme tr&eacute;pidant qui marque son entr&eacute;e en lisse. Il tire dans tous les sens, dirait un jaloux. Il est tellement partout qu&#39;il n&#39;est plus nulle part, qu&#39;il n&#39;est plus cr&eacute;dible, du moins aux yeux de l&#39;opinion. Quelque chose, dans l&#39;horloge du pouvoir, sonne faux. L&#39;Europe reb&acirc;tie en deux mois, un couple reform&eacute; en deux semaines, un France r&eacute;form&eacute;e en cinq ans, une opposition terrass&eacute;e en un conseil des ministres, l&#39;Am&eacute;rique retrouv&eacute;e en un &eacute;t&eacute;, des infirmi&egrave;res lib&eacute;r&eacute;es en un voyage&#8230; il y a, pour ce pays profond&eacute;ment paysan, cyclique, conservateur et lent, quelque chose d&#39;irr&eacute;el dans cette accumulation, quelque chose qui, en tout cas, suscite la d&eacute;fiance. &laquo;&nbsp;Chaque chose en son temps&nbsp;&raquo;. &laquo;&nbsp;Chacun &agrave; sa place&nbsp;&raquo;. &laquo;&nbsp;Donner du temps au temps&nbsp;&raquo;. &laquo;&nbsp;Ne pas aller plus vite que la musique&nbsp;&raquo;&#8230; la France regorge de cette sagesse conservatrice et rurale dans laquelle elle s&#39;enlise. Pour autant, l&#39;ignorer est un risque. <strong>Sarkozy</strong> semble vouloir le prendre. Il ne peut pas le faire seul. Aujourd&#39;hui, l&#39;&eacute;quipe gouvernementale est le seul lien cr&eacute;dible entre un &Eacute;lys&eacute;e qui tr&eacute;pigne et un pays qu&#39;on d&eacute;range en pleine sieste. <strong>Sarko</strong> est au clairon. <strong>Fran&ccedil;ois</strong> assure les basses.</p>
<p>J&#39;aimerais pourtant qu&#39;ils acc&eacute;l&egrave;rent.</p>
<p><em>Vignette&nbsp;: La C&egrave;ne&nbsp;; Salvador Dali, 1955</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://charlesgancel.com/2008/02/20/teamwork/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>Sédiments et Sentiments</title>
		<link>http://charlesgancel.com/2008/02/10/sediments-et-sentiments/</link>
		<comments>http://charlesgancel.com/2008/02/10/sediments-et-sentiments/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 10 Feb 2008 11:44:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Réagir!]]></category>
<dc:subject>Paté de Campagne</dc:subject><dc:subject>Réagir!</dc:subject>
		<guid isPermaLink="false">http://charlesgancel.com/2008/02/10/sediments-et-sentiments/</guid>
		<description><![CDATA[Parfois le temps nous &#233;bahit. Nous sommes d&#233;sarm&#233;s. Il ouvre un trappe et d&#39;une simple bourrade nous fait basculer et tournoyer comme un pantin dans la tra&#238;ne sulciforme de nos vies. Cela peut arriver &#224; n&#39;importe qui. A n&#39;importe quel moment de la matin&#233;e, de la journ&#233;e, de la nuit. Parfois le mercredi. N&#39;importe o&#249;, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://charlesgancel.com/wp-content/uploads/2008/02/banania3.jpg" alt="banania3.jpg" width="394" height="295" align="left" />Parfois le temps nous &eacute;bahit. Nous sommes d&eacute;sarm&eacute;s. Il ouvre un trappe et d&#39;une simple bourrade nous fait basculer et tournoyer comme un pantin dans la tra&icirc;ne sulciforme de nos vies. Cela peut arriver &agrave; n&#39;importe qui. A n&#39;importe quel moment de la matin&eacute;e, de la journ&eacute;e, de la nuit. Parfois le mercredi. N&#39;importe o&ugrave;, aussi&nbsp;; en traversant une ville du sud au volant d&#39;une voiture de location&nbsp;; en croisant quelques coll&eacute;giens sur un trottoir, Chauss&eacute;e de la Haecht&nbsp;; en apercevant une silhouette famili&egrave;re qui dispara&icirc;t dans la foule de l&#39;a&eacute;roport de Bangkok&#8230;
<p>C&#39;est comme cela qu&#39;en levant les yeux, alors que les portes du m&eacute;tro pschitaient &agrave; Sablons, j&#39;ai vu cette affiche. La RATP refait la station et l&#39;habillage tr&egrave;s moderniste des ann&eacute;es soixante a &eacute;t&eacute; d&eacute;pos&eacute;. Sur les grands panneaux publicitaires de l&#39;&eacute;poque, subsistent les traces lacunaires des r&eacute;clames d&#39;un autre temps. Et l&agrave;, au centre de cette enclave d&eacute;vast&eacute;e mais pr&eacute;serv&eacute;e des fifties, le sourire en lambeaux de l&#39;Afrique &Eacute;quatoriale Fran&ccedil;aise. Banania. Et pour qui sait lire, l&agrave;, en bas &agrave; gauche, le Y apostrophe de &laquo;&nbsp;Y&#39;a bon&nbsp;&raquo;, ce slogan des matins glauques, lu et relu, paupi&egrave;res lourdes d&#39;avant l&#39;&eacute;cole, marcher dans la nuit froide, rue Ernest Renan&#8230; Le N&egrave;gre de de Gaulle et de Senghor avait fait place au Noir de Giscard avant que le Black de Jack Lang n&#39;impose ses rythmes dans les sous-sols nocturnes de Paris et qu&#39;enfin, Sarko l&#39;invite &agrave; gouverner. Une croisade mentale de cinquante ann&eacute;es. Et le voil&agrave; qui passait un sourire, un clin d&#39;&oelig;il, dans la muraille du temps, dans les s&eacute;diments d&eacute;chir&eacute;s de la ville marchande. Mercredi.<br /> Je suis retourn&eacute; le photographier.<br /> Un peu plus loin, le Crit&eacute;rium, ce privil&egrave;ge de bak&eacute;lite noire et cr&eacute;nel&eacute; qui laissait sur le bord de l&#39;index ses barrettes de peau rougie. Quelle id&eacute;e g&eacute;niale que ce crayon qui ouvrait sa gueule de mur&egrave;ne et qui crachait sa mine&nbsp;! HB, la neutre. 2H, la d&eacute;cevante qui ne marquait pas mais ne cassait jamais. 2B, grasse et fragile, douce sur la feuille, qui bavait sous le pouce. Au cul du stylo, un petit cylindre de m&eacute;tal blanc. D&#39;un c&ocirc;t&eacute; la petite gomme rouge, de l&#39;autre de quoi tailler la mine. Un syst&egrave;me moderne et ing&eacute;nieux&nbsp;! Tout le monde n&#39;avait pas un Crit&eacute;rium.<br /> L&agrave;-bas, l&#39;ancien logo du BHV, vert et massif. Ici, une jeune femme qui absorbe le chocolat renvers&eacute; sur la table de la cuisine -Formica bleu p&acirc;le -, qui essuie le beau poisson qu&#39;elle cuisinera ce soir - c&#39;est donc vendredi -, qui fait briller le chandelier du trousseau. Elle absorbe, elle essuie, elle fait briller. Que pouvait bien faire d&#39;autre une maman de 1957, l&#39;ann&eacute;e de la campagne Banania&nbsp;? Une m&eacute;nag&egrave;re au c&oelig;ur du nioudile fran&ccedil;ais de l&#39;apr&egrave;s-guerre.</p>
<p>En remontant dans la rame, je me suis demand&eacute; ce que seraient les s&eacute;diments de 2007, en 2057, sur quoi s&#39;arr&ecirc;teraient mes petits enfants futurs. Google&nbsp;? Ce mot qui ne d&eacute;signe plus le cr&eacute;tin poilu des voyages de Gulliver, qui n&#39;est pas non plus ce gargouillement terriblement embarrassant qui vous sabote un premier rendez-vous &agrave; fort enjeu, je me disais qu&#39;est-ce qui restera de nos milliards de pages digitales, de l&#39;immense bruit blanc de la toile&#8230; Il para&icirc;t qu&#39;il faut faire attention. Les Ptol&eacute;m&eacute;e de la c&ocirc;te ouest nous referaient une version Big Brother de la biblioth&egrave;que d&#39;Alexandrie. De plus en plus, para&icirc;t-il, on vous Google avant une rencontre. On sait, on saura donc tout de vous. Cuidado, il ne faut rien laisser dans le Global-File, para&icirc;t-il, car bient&ocirc;t, quelque hacker malveillant p&eacute;n&eacute;trera votre dossier m&eacute;dical - et ce furoncle malencontreux sur le bord inf&eacute;rieur du pr&eacute;puce, il y a douze ans, vous co&ucirc;tera ce job tant convoit&eacute;. Vos d&eacute;penses inavou&eacute;es, vos trajets secrets, vos escales improbables, vos appels subreptices, ceux qui se font &agrave; voix basse, tout sera sur le net, accessible, il vous faudra en r&eacute;pondre, de tribunal en tribunal&#8230;</p>
<p>Dans le sourire de Banania, il y avait le plaisir d&#39;un instant et le bonheur d&#39;un futur prometteur. Le sourire s&#39;est effac&eacute; et le futur nous fait peur. En 2057, je me serai sans doute digitalis&eacute; avec gr&acirc;ce et sans doute recombin&eacute; astucieusement, ou m&ecirc;me r&eacute;incarn&eacute;, en Tephritida du manguier ou en clitocybe anis&eacute;.</p>
<p>Mais il y aura bien un type que le hasard conduira sur cette page.</p>
<p><em>Vignette: m&eacute;tro Les Sablons, affiche d&#39;Herv&eacute; Morvan, Banania 1959.</em></p>
<p><a href="http://charlesgancel.com/wp-content/uploads/2008/02/criterium.jpg" title="criterium.jpg">criterium.jpg</a></p>
<p><a href="http://charlesgancel.com/wp-content/uploads/2008/02/absorbe.jpg" title="absorbe.jpg">absorbe.jpg</a> </p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://charlesgancel.com/2008/02/10/sediments-et-sentiments/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>Les oreilles et la queue</title>
		<link>http://charlesgancel.com/2008/02/05/les-oreilles-et-la-queue/</link>
		<comments>http://charlesgancel.com/2008/02/05/les-oreilles-et-la-queue/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 05 Feb 2008 18:27:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Paté de Campagne]]></category>
<dc:subject>Paté de Campagne</dc:subject>
		<guid isPermaLink="false">http://charlesgancel.com/2008/02/05/les-oreilles-et-la-queue/</guid>
		<description><![CDATA[Je rentre de Barcelone, &#231;a ne pouvait pas mieux tomber. Comme Toreador  - qui tient depuis longtemps un blog insolent, fi&#233;vreux et virulent - n&#39;arrivait pas &#224; sortir des &#233;lections sans d&#233;pression post-traumatique, il a pris la d&#233;cision de poursuivre et a lanc&#233; sur sa page le sondage des meilleurs blogs selon ses lecteurs. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://charlesgancel.com/wp-content/uploads/2008/02/torro.jpg" alt="torro.jpg" width="292" height="175" align="left" />Je rentre de Barcelone, &ccedil;a ne pouvait pas mieux tomber. Comme <a href="http://www.toreador.fr/">Toreador </a> - qui tient depuis longtemps un blog insolent, fi&eacute;vreux et virulent - n&#39;arrivait pas &agrave; sortir des &eacute;lections sans d&eacute;pression post-traumatique, il a pris la d&eacute;cision de poursuivre et a lanc&eacute; sur sa page le sondage des meilleurs blogs selon ses lecteurs. Le mien appara&icirc;t dans le toptenne, ce qui est, chacun le sait, l&#39;ambition de toute multinationale qui se respecte.</p>
<p>Mais au-del&agrave; de cette reconnaissance par un cercle, certes plus &eacute;troit que celui des pr&eacute;sidentielles, mais de qualit&eacute;, disons, quelque chose me touche ici&nbsp;: le fait d&#39;&ecirc;tre associ&eacute; &agrave; deux sites que j&#39;aime particuli&egrave;rement. Tout d&#39;abord <a href="http://www.koztoujours.fr/">Koz</a> , blog de droite humaniste et chr&eacute;tienne, toujours pertinent &agrave; qui l&#39;on doit des billets tour &agrave; tour pointus, touchants ou d&eacute;sopilants (je pense en particulier &agrave; sa participation bouleversante &agrave; un D&eacute;bat Participatif de S&eacute;go un soir de campagne pr&eacute;sidentielle). L&#39;autre est celui de Hugues, <a href="http://hugues.blogs.com/commvat/">Com-Vat</a> , un blog de gauche dont j&#39;admire le style et la finesse. Hugues aime S&eacute;gol&egrave;ne, mais son style est tel que je le lui pardonne volontier&#8230;</p>
<p>Alors un conseil, allez lire chez ceux-l&agrave;, vous ne le regretterez pas.</p>
<p><em>Vignette: El torro de Osborne&nbsp;</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://charlesgancel.com/2008/02/05/les-oreilles-et-la-queue/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>Mesurer, pour quoi faire ?</title>
		<link>http://charlesgancel.com/2008/02/02/mesurer-pour-quoi-faire/</link>
		<comments>http://charlesgancel.com/2008/02/02/mesurer-pour-quoi-faire/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 02 Feb 2008 17:33:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Paté de Campagne]]></category>
<dc:subject>Paté de Campagne</dc:subject>
		<guid isPermaLink="false">http://charlesgancel.com/2008/02/02/mesurer-pour-quoi-faire/</guid>
		<description><![CDATA[Un bonheur de bonne heure ce matin dans la radio. Une fois n&#39;est pas coutume. Le journaliste pr&#233;sente une initiative sauvage, d&#233;viante, scandaleuse, encore un truc de ces putains de sales jeunes qui ne respectent rien&#160;: un nouveau site internet permet aux &#233;tudiants de se connecter et d&#39;&#233;valuer leurs cours sur une s&#233;rie de crit&#232;res [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://charlesgancel.com/wp-content/uploads/2008/02/luca.jpg" alt="luca.jpg" width="373" height="306" align="left" />Un bonheur de bonne heure ce matin dans la radio. Une fois n&#39;est pas coutume.<br /> Le journaliste pr&eacute;sente une initiative sauvage, d&eacute;viante, scandaleuse, encore un truc de ces putains de sales jeunes qui ne respectent rien&nbsp;: un nouveau site internet permet aux &eacute;tudiants de se connecter et d&#39;&eacute;valuer leurs cours sur une s&eacute;rie de crit&egrave;res plut&ocirc;t bien choisis (contenu, clart&eacute;, animation, int&eacute;r&ecirc;t, mat&eacute;riel p&eacute;dagogique etc&#8230;). Les fumiers, ils ne respectent donc rien, je pense en trempant solitaire ma tartine dans un caf&eacute; au lait d&eacute;j&agrave; ti&egrave;de. Comme si leur profs n&#39;&eacute;taient pas parfaits&nbsp;? Les meilleurs du monde dans le meilleur syst&egrave;me universitaire du monde. Mais le journaliste continue et appelle un Grand T&eacute;moin Lambda, une professeuse de fac, vaguement syndiqu&eacute;e, qui s&#39;indigne en direct&nbsp;: <em>&laquo;&nbsp;Alors si un tel syst&egrave;me devait se d&eacute;velopper, &ccedil;a deviendrait probl&eacute;matique, il y aurait un risque que cela permette d&#39;&eacute;carter un professeur simplement parce que son cours est mauvais, et &ccedil;a, &ccedil;a serait d&eacute;sastreux&#8230;&nbsp;&raquo;</em>. Ca c&#39;est envoy&eacute;&nbsp;! Je reste fig&eacute;, la tartine &agrave; mi-hauteur entre le bol et ma bouche. Pas de <em>rewind</em> sur Europe 1, mais si j&#39;ai bien compris, il ne faudrait quand m&ecirc;me pas courir le risque d&#39;avoir un enseignement de qualit&eacute;. On comprend facilement. Pas question de demander aux &eacute;tudiants d&#39;&eacute;valuer, ils en sont bien incapables, ils sont tellement cons, et ainsi le syst&egrave;me scolaire et universitaire fran&ccedil;ais restera le meilleur du monde. Et laissons de c&ocirc;t&eacute; le <a href="http://www.oecd.org/document/29/0,3343,en_32252351_32236173_34023965_1_1_1_1,00.html">rapport PISA</a> , cette &eacute;valuation europ&eacute;enne assez contestable parce que non ma&icirc;tris&eacute;e par l&#39;&Eacute;ducation Nationale, ou le <a href="http://www.ugc.ac.in/notices/2006rankings.pdf">palmar&egrave;s de Shanghai</a>  qui souffre du m&ecirc;me d&eacute;faut.
<p>Quelques minutes plus tard, je suis dans ma voiture &agrave; cracher mon poids de CO2 pour aller au bureau. J&#39;&eacute;coute la radio. Le journaliste de BFM indique que Nicolas Sarkozy plonge dans les sondages (je le crois d&#39;ailleurs plong&eacute; dans une aventure bien plus captivante). Tiens, c&#39;est bizarre, je marmonne en frappant alternativement mon front et le volant de la paume de la main gauche, au feu rouge du Palais Royal, encercl&eacute; par les courageux V&eacute;liboys, lui on l&#39;&eacute;value une fois par semaine, mais on n&#39;&eacute;value pas les profs ou les fonctionnaires. Pourtant, on &eacute;value aussi les ministres. Ca n&#39;a donc rien &agrave; voir avec le fait d&#39;&ecirc;tre &eacute;lu ou non. Les fonctionnaires sont not&eacute;s aussi, par leur hi&eacute;rarchie. Pas par leurs clients, donc. Un rapport auquel aurait particip&eacute; <strong>Michel Rocard</strong> explique que la note doit imp&eacute;rativement &ecirc;tre comprise entre 18 et 19,5 / 20. Sortir de cet &eacute;cart est inacceptable. Simulacre, me dira-t-on&nbsp;? Mauvais esprit&nbsp;! Non, juste la preuve que nous avons une administration d&#39;excellence, et que d&#39;ailleurs le monde entier nous envie. Vous en voulez la preuve&nbsp;? Voyez la moyenne de la classe.</p>
<p>Nicolas, de son c&ocirc;t&eacute;, a promis d&#39;&ecirc;tre le pr&eacute;sident du pouvoir d&#39;achat, et &ccedil;a se mesure - et il le prouve d&#39;ailleurs par ses fr&eacute;quentation moyennement smicardes. Dont acte&nbsp;! Se dit alors <strong>J&eacute;r&ocirc;me K.</strong>, modeste employ&eacute; et trader fou d&#39;une grande banque que je ne citerai pas par souci de discr&eacute;tion. Pouvoir d&#39;achat pour pouvoir d&#39;achat, le gamin y va avec enthousiasme et la terre enti&egrave;re sait maintenant de quoi nous sommes capables&nbsp;! Mais je lis ce matin dans la Figaro (sondage Opinion Way) que seulement 13% des fran&ccedil;ais le consid&egrave;rent comme responsable de la crise passag&egrave;re que traverse son employeur. Non, la responsabilit&eacute; est clairement d&eacute;sign&eacute;e, elle est celle des dirigeants pour la majorit&eacute;, et des syst&egrave;mes de contr&ocirc;le pour les d&#39;autres&#8230; Nous y voil&agrave;&nbsp;: l&#39;irresponsabilit&eacute; est individuelle, la responsabilit&eacute; est institutionnelle. Le grand coupable, on le conna&icirc;t, c&#39;est Le Syst&egrave;me Auquel Personne Ne Peut Rien. Sinon Dieu. Et Dieu, en r&eacute;publique, c&#39;est le chef. Normal donc qu&#39;il baisse dans les sondages et qu&#39;&eacute;ventuellement on en change. Personnellement, je n&#39;ai jamais bien compris en quoi la responsabilit&eacute; d&#39;un syst&egrave;me pouvait d&eacute;passer celle de ses concepteurs, ou m&ecirc;me de ceux qui le subissent, s&#39;en arrangent ou en profitent. Je ne vois pas non plus en quoi les faiblesses du chef absolvent quiconque de sa responsabilit&eacute; individuelle. Peut-&ecirc;tre, dira-t-on, que je vire parpaillot. Mais &ccedil;a a du bon.</p>
<p>Au-del&agrave; de ce m&eacute;chant syndrome, reste le probl&egrave;me de la mesure. Dans sa logique de l&#39;honneur d&eacute;su&egrave;te et complaisante, la R&eacute;serve Nationale, je veux dire la France Publique, s&#39;est &eacute;loign&eacute;e d&#39;un r&eacute;el que l&#39;autre moiti&eacute; du pays assume et subit. &Eacute;valuer c&#39;est reconna&icirc;tre la r&eacute;alit&eacute;. Donc n&#39;&eacute;valuons pas car l&#39;ayant fait nous devrions agir pour progresser, pour changer les choses&#8230; Exposer la m&eacute;diocrit&eacute; l&agrave; o&ugrave; l&#39;illusion d&#39;excellence survit n&#39;est pas politiquement acceptable. Voyez le m&eacute;pris de la gauche pour ceux qu&#39;ils qualifient de &laquo;&nbsp;d&eacute;clinistes&nbsp;&raquo;. Ces types vulgaires qui croient aux courbes et aux chiffres&#8230; En les nommant ainsi, on en fait les contempteurs d&#39;une id&eacute;ologie nouvelle et pessimiste, et non de simples observateurs des faits.<br /> R&eacute;former, changer les choses co&ucirc;te cher en France. Certains mesurent aujourd&#39;hui le risque inh&eacute;rent &agrave; l&#39;action dans un pays qui croit pouvoir durer parce qu&#39;il est noy&eacute; de conservateur. <strong>Mitterrand</strong>, anesth&eacute;siste politique de talent, l&#39;avait bien compris en proposant aux Fran&ccedil;ais le Grand Projet du Ni-Ni. Un tabac assur&eacute;.</p>
<p>Non&nbsp;? Mesurer c&#39;est privil&eacute;gier le r&eacute;el sur l&#39;effet l&#39;optique ou de discours. Ca tue la complaisance. Une approche qui parfois sonne comme un r&eacute;veil strident sur fin de r&ecirc;ve. Y compris pour un prof lambda.<br /> A proscrire&nbsp;?</p>
<p><em>Vignette: </em><em>Jacopo de Barbari (vers 1495); </em><em>Portrait du math&eacute;maticien Luca Pacioli (1445-1514) (Un marrant&#8230;)&nbsp; &nbsp;</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://charlesgancel.com/2008/02/02/mesurer-pour-quoi-faire/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>De l&#8217;Amitié des frères d&#8217;armes, de l&#8217;Amour du prochain, de la République, de Dieu, de la Mort.</title>
		<link>http://charlesgancel.com/2008/01/25/de-lamitie-des-freres-darmes-de-lamour-du-prochain-de-la-republique-de-dieu-de-la-mort/</link>
		<comments>http://charlesgancel.com/2008/01/25/de-lamitie-des-freres-darmes-de-lamour-du-prochain-de-la-republique-de-dieu-de-la-mort/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 25 Jan 2008 14:55:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Paté de Campagne]]></category>
<dc:subject>Paté de Campagne</dc:subject>
		<guid isPermaLink="false">http://charlesgancel.com/2008/01/25/de-lamitie-des-freres-darmes-de-lamour-du-prochain-de-la-republique-de-dieu-de-la-mort/</guid>
		<description><![CDATA[La m&#233;t&#233;o, passe encore. Mais regarder le 20 heures m&#39;est tr&#232;s p&#233;nible. Insupportable, m&#234;me. Surtout apr&#232;s un arr&#234;t de tabac. C&#39;est nerveux. Impossible de me retenir, je maugr&#233;e, je bougonne, je m&#39;agite dans mon fauteuil. Ridicule. Un signe d&#39;&#226;ge, on dit. Et je produis en quelques minutes une quantit&#233; de bile que le d&#238;ner peine [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://charlesgancel.com/wp-content/uploads/2008/01/nicolas.jpg" alt="nicolas.jpg" width="271" height="353" align="left" />La m&eacute;t&eacute;o, passe encore.<br /> Mais regarder le 20 heures m&#39;est tr&egrave;s p&eacute;nible. Insupportable, m&ecirc;me. Surtout apr&egrave;s un arr&ecirc;t de tabac. C&#39;est nerveux. Impossible de me retenir, je maugr&eacute;e, je bougonne, je m&#39;agite dans mon fauteuil. Ridicule. Un signe d&#39;&acirc;ge, on dit. Et je produis en quelques minutes une quantit&eacute; de bile que le d&icirc;ner peine &agrave; r&eacute;sorber. Tout cela se termine dans un demi sommeil abruti, au c&oelig;ur de la nuit, mal au bide, &agrave; suivre seul la cent vingti&egrave;me rediffusion du fameux documentaire sur l&#39;ing&eacute;niosit&eacute; des castors b&acirc;tisseurs de barrages ou sur la grande sc&egrave;ne de chasse, quand la lionne puissante, massive et silencieuse - c&#39;est toujours la m&ecirc;me - s&#39;offre son cent-vingti&egrave;me impala avec le type en voix off qui marmonne des trucs r&eacute;alistes sur la cruaut&eacute; des cycles naturels.
<p>Mais de temps en temps, je ne le regrette pas, le 20 heures. Par exemple cette semaine - pour faire le lien avec la cruaut&eacute; sus-&eacute;voqu&eacute;e - une vignette de quelques secondes, l&#39;arriv&eacute;e du Pr&eacute;sident &agrave; Pau, accueilli par <strong>Bayou</strong>. Sc&egrave;ne de chasse.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Naturellement, tu viens avec nous&#8230; invite <strong>Sarkozy</strong>, &agrave; peine sorti de l&#39;avion, tout sourire, genre &agrave; la bonne franquette, Carla nous a fait une petite salade&#8230;<br /> - Les parlementaires n&#39;ont pas &eacute;t&eacute; invit&eacute;s, grimace l&#39;autre, pontifiant, mais c&#39;est son style. Je suis venu &agrave; l&#39;a&eacute;roport car je suis tr&egrave;s attach&eacute; au respect des principes r&eacute;publicains&#8230;<br /> - Y a pas qu&#39;la R&eacute;publique&#8230; propose Nicolas, qui marche d&eacute;j&agrave; vers l&#39;a&eacute;rogare, sans se retourner, un peu gavroche, genre tu vas pas nous faire chier avec ce genre de d&eacute;tails, la r&eacute;publique&nbsp;! On r&ecirc;ve&#8230; et de toute fa&ccedil;on, moi je dialogue avec Dieu, &agrave; la limite le pape, mais pas avec un sous-fifre g&eacute;orgique et d&eacute;mocrate tout court.<br /> - La R&eacute;publique, c&#39;est important&#8230; tente le b&eacute;arnais, mais d&eacute;j&agrave; chancelant.<br /> - Les principes r&eacute;publicains c&#39;est bien, mais il y a aussi <u>l&#39;a-mi-ti&eacute;</u>, tranche le pr&eacute;sident qui n&#39;ose pas encore l&#39;Amour. (Au second plan, on voit que le pr&eacute;fet se mord l&#39;int&eacute;rieur de la joue pour ne pas exploser.)<br /> - J&#39;ai pu v&eacute;rifier que l&#39;amiti&eacute; prenait des formes diverses, conclut Fran&ccedil;ois en courant derri&egrave;re, un peu minable, le regard flout&eacute; par le gentil coup de boule de l&#39;ami, d&eacute;j&agrave; effac&eacute; dans le coin gauche de l&#39;&eacute;cran&#8230;</p>
<p>Mais <strong>Nicolas</strong> n&#39;&eacute;coute plus, <strong>Nicolas</strong> avance sur la ligne sacr&eacute;e de son destin d&#39;exception, juste un l&eacute;ger haussement d&#39;&eacute;paules pour la gentilit&eacute; paloise et r&eacute;publicaine de l&#39;autre p&eacute;queneau, tout gonfl&eacute; des ors de sa mairie provinciale, qui n&#39;ont ni la profondeur c&eacute;leste de Notre Dame ni les dissonances d&eacute;chirantes et mystiques de la <em>Berliner Messe</em> d&#39;Arvo Part. <em>(Tiens, faudrait que je dise &agrave; Carla de se mettre &agrave; l&#39;orgue)</em>.</p>
<p>Car depuis peu, et comme nombre de ses pr&eacute;d&eacute;cesseurs, le pr&eacute;sident entend qu&#39;Il l&#39;appelle. Quelque chose s&#39;est ouvert dans la Grande Vo&ucirc;te, une Parole a &eacute;t&eacute; prononc&eacute;e. Il r&eacute;pond. Et nous revoil&agrave; tous &agrave; la case d&eacute;part. La mandature supr&ecirc;me singerait une fois encore le droit divin dont elle est finalement le rejeton et la parodie la&iuml;que et bourgeoise. Je d&eacute;sacralise en joggant avec mes Ray Bans et, dans la foul&eacute;e, je Lui parle. Le syndrome de sacralisation du pouvoir n&#39;est pas mort en France, et les fran&ccedil;ais le veulent.<br /> Personnellement, j&#39;ai mal v&eacute;cu le tango wahhabite d&#39;il y a quelques jours. Je ne me sens aucune parent&eacute; spirituelle avec les coupeurs de mains et de t&ecirc;tes qui op&egrave;rent sur le parking de Djeddah tous les mercredi matin. En Son nom. Apr&egrave;s, on passe un coup de jet et les bagnoles reviennent. C&#39;est qu&#39;on ne doit parler du M&ecirc;me&#8230;</p>
<p>Et tout cela me ram&egrave;ne &agrave; un mes lectures anciennes, un moment de la vie de <strong>de Gaulle</strong>, alors qu&#39;apr&egrave;s la guerre, vex&eacute;, il boude &agrave; Colombey, persuad&eacute; &agrave; tort qu&#39;on va le rappeler dardar&#8230; Le ministre de la d&eacute;fense de l&#39;&eacute;poque se rend compte que sa promotion au grade de g&eacute;n&eacute;ral (&agrave; titre temporaire) a &eacute;t&eacute; d&eacute;cid&eacute;e en pleine d&eacute;b&acirc;cle, alors que <strong>Charles -</strong> alors seulement colonel - vient de repousser une attaque allemande avec ses chars, &agrave; Montcornet. Et cette distinction n&#39;a jamais &eacute;t&eacute; ratifi&eacute;e. Il &eacute;crit donc au g&eacute;n&eacute;ral pour lui proposer d&#39;officialiser la nomination et de le faire au minist&egrave;re, avec les &eacute;gards dus au h&eacute;ros. A quoi, le g&eacute;n&eacute;ral (toujours &agrave; titre temporaire) lui r&eacute;pond gentiment - je cite de m&eacute;moire car j&#39;ai pr&ecirc;t&eacute; mes <em>De Gaulle</em> de <strong>Jean Lacouture</strong> &agrave; un ami socialiste pour l&#39;aider &agrave; se d&eacute;barrasser de la n&eacute;vrose tontonmaniaque obsessionnelle qu&#39;il tra&icirc;ne depuis les ann&eacute;es 80&nbsp;: <em>&laquo;&nbsp;Comment votre minist&egrave;re pourrait-il valider ce que l&#39;Histoire a elle-m&ecirc;me ratifi&eacute;e. Et s&#39;il subsiste des probl&egrave;mes, la mort, et la mort seule, se chargera de les aplanir&#8230;&nbsp;&raquo;</em>. Bref, je dialogue avec l&#39;Histoire et la Mort, pas avec votre minist&egrave;re, gros con. N&#39;est pas <strong>de Gaulle</strong> qui veut. D&#39;accord. Mais qu&#39;on le veuille ou non, Dieu n&#39;a jamais d&eacute;sert&eacute; la sc&egrave;ne r&eacute;publicaine. Le sacr&eacute;, la religion ne seraient-il finalement que les fleurs marcescentes d&#39;une r&eacute;publique spirituellement &eacute;triqu&eacute;e, pr&ecirc;ts &agrave; reprendre des couleurs&nbsp;?</p>
<p>Au fond, &ccedil;a ne me g&ecirc;ne qu&#39;&agrave; moiti&eacute;. L&#39;Eglise aussi a connu sa R&eacute;forme&#8230; en son temps. Tout bien consid&eacute;r&eacute;, je reste convaincu que <strong>Sarkozy</strong> est le seul homme politique fran&ccedil;ais assez fou pour lancer les r&eacute;formes n&eacute;cessaires au pays, et le seul assez courageux pour les r&eacute;aliser.<br /> With God On His Side.</p>
<p><em>Vignette: Saint Nicolas&nbsp;; ic&ocirc;ne Roumaine (on remarquera, au deuxi&egrave;me plan, une jeune femme aux maracas).</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://charlesgancel.com/2008/01/25/de-lamitie-des-freres-darmes-de-lamour-du-prochain-de-la-republique-de-dieu-de-la-mort/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>Millenium, First Bobo Polar</title>
		<link>http://charlesgancel.com/2008/01/19/millenium-first-bobo-polar/</link>
		<comments>http://charlesgancel.com/2008/01/19/millenium-first-bobo-polar/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 19 Jan 2008 17:07:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[World]]></category>
<dc:subject>World</dc:subject>
		<guid isPermaLink="false">http://charlesgancel.com/2008/01/19/millenium-first-bobo-polar/</guid>
		<description><![CDATA[Je referme Millenium - le polar de la d&#233;cennie selon la critique - bobo-thriller en trois tomes sur lequel on se doit d&#39;avoir trembl&#233; entre No&#235;l et le jour de l&#39;an, pour autant que les beaux livres publi&#233;s par Acte Sud - Actes Noirs, pour l&#39;occasion - aient tr&#244;n&#233; sous le sapin au c&#244;t&#233; &#34;de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://charlesgancel.com/wp-content/uploads/2008/01/salander.jpg" alt="salander.jpg" width="253" height="378" align="left" />Je referme <em>Millenium </em>- le polar de la d&eacute;cennie selon la critique - bobo-thriller en trois tomes sur lequel on se doit d&#39;avoir trembl&eacute; entre No&euml;l et le jour de l&#39;an, pour autant que les beaux livres publi&eacute;s par Acte Sud - Actes Noirs, pour l&#39;occasion - aient tr&ocirc;n&eacute; sous le sapin au c&ocirc;t&eacute; <em>&quot;de celui de celle dont nous sommes la plus elle histoire&quot;</em>. C&#39;&eacute;tait mon cas. J&#39;ai beaucoup aim&eacute; <em>Mill&eacute;nium</em>, et souvent ri nerveusement, on verra pourquoi.
<p>L&#39;auteur, <strong>Stieg Larsson</strong>, n&#39;a pas r&eacute;sist&eacute; &agrave; son intrigue. Il est mort en remettant le tome III &agrave; son &eacute;diteur. C&#39;est affreusement triste. Il n&#39;aura rien vu du succ&egrave;s mondial de sa trilogie. Mais venons-en au fait.</p>
<p>Le h&eacute;ros, <strong>Mikael Blomqvist</strong>, est un journaliste de gauche, donc naturellement &eacute;pris de v&eacute;rit&eacute; et profond&eacute;ment r&eacute;volt&eacute; par l&#39;injustice. Il a fond&eacute; un journal insolent et contestataire, <em>Millenium</em>, dont la mission principale est de faire toute la lumi&egrave;re sur les abominations &eacute;conomiques et sexuelles du monde des finances et du grand capital. Donc jusque l&agrave;, tout est normal.</p>
<p>Apr&egrave;s un divorce tr&egrave;s <em>smooth</em>, tr&egrave;s adulte-adulte, avec une femme dont il est rest&eacute; le v&eacute;ritable ami, il est rest&eacute; tr&egrave;s li&eacute; &agrave; sa fille. Mais la gamine a d&ucirc; disjoncter car elle s&#39;est mise &agrave; croire en Dieu. Forc&eacute;ment, &ccedil;a secoue son p&egrave;re qui se demande s&#39;il n&#39;est pas un peu responsable d&#39;une telle d&eacute;faillance psychologique. Mikael passe de femme en femme avec une pr&eacute;dilection pour son associ&eacute;e, une fille superbe, de la haute, avec qui il couche tr&egrave;s r&eacute;guli&egrave;rement. Mais <strong>Erika </strong>est simplement une &laquo;&nbsp;copine de baise avec un vrai feeling&nbsp;&raquo;, et tout se fait avec l&#39;assentiment de son mari qui trouve tout tr&egrave;s bien mais qui - allez, il est un peu coinc&eacute;, un peu ringard, un h&eacute;t&eacute;ro born&eacute;, m&ecirc;me pas bisexuel - h&eacute;site &agrave; rejoindre les deux amants au c&oelig;ur de leurs &eacute;bats. Ca fait sourire <strong>Blomqvist</strong>, cette timidit&eacute; un peu d&eacute;plac&eacute;e. Pas relax, l&#39;artiste. Jusque l&agrave;, donc, tout est normal.</p>
<p>Dans sa croisade contre le Grand Capital, il est &eacute;paul&eacute; par <strong>Lisbeth Salander</strong>, une gamine tr&egrave;s attachante parce que totalement asociale, semi-autiste, couverte de tatouages et de piercings, d&#39;une violence primale, radicale, extr&ecirc;mement intelligente et, par cons&eacute;quent, en r&eacute;volte aig&uuml;e contre l&#39;oppression institutionnelle, polici&egrave;re et m&eacute;dicale, dont elle a eu &agrave; subir l&#39;aveuglement, en HP <em>(pas les imprimantes, l&#39;asile)</em>. Lisbeth est la victime d&#39;un complot qui la d&eacute;passe et de la brutalit&eacute; stupide et forc&eacute;ment masculine d&#39;un p&egrave;re monstrueux, d&#39;un psychiatre pervers et du mod&egrave;le su&eacute;dois. Lisbeth est un g&eacute;nie de l&#39;informatique et du net, une hackeuse de talent qui peut s&#39;introduire dans votre Ipod en se connectant de Macao ou des toilettes du TGV et vous chourer tous vos titres de G&eacute;rard Palaprat ou d&#39;Enrico Macias. Elle est naturellement bisexuelle et aime beaucoup Mimi, une autre fille sympa, tatou&eacute;e, hyper-destroy, qu&#39;elle a rencontr&eacute;e &agrave; la Gay Pride et qui l&#39;attache sur le plancher avec des cha&icirc;nes et des lani&egrave;res de cuir pour lui donner davantage de plaisir. Une vraie copine, donc, tr&egrave;s en vogue dans les milieux SM tr&egrave;s sympas. En lisant <em>Millenium</em>, on kiffe vite pour Lisbeth. Elle a une vingtaine d&#39;ann&eacute;e, mais un corps d&#39;adolescente, voire de lolita pr&eacute;-pub&egrave;re. C&#39;est un d&eacute;tail important. Ca permet &agrave; Mikael de s&#39;&eacute;clater sans aller au gnouf. Mais comme il a aussi une copine de plus de cinquante ans, on se dit simplement que c&#39;est un gland &agrave; spectre large. Jusque l&agrave;, tout est normal, relax.</p>
<p>Les ennemis de Mikael et de Lisbeth sont tous des hommes riches, puissants et en surcharge pond&eacute;rale. Plut&ocirc;t des avocats ou des banquiers d&#39;affaires, des capitaines d&#39;industrie - donc pervers - m&ecirc;me pas f&eacute;ministes, pas forc&eacute;ment antiracistes et peu respectueux de l&#39;environnement. Ils ont en g&eacute;n&eacute;ral un parent proche qui a &eacute;t&eacute; dans la Waffen SS. Ce sont des types affreux, d&#39;une fa&ccedil;on g&eacute;n&eacute;rale sadiques et tous r&eacute;solument p&eacute;dophiles. Sur le disque dur de leur PC, on trouve des &eacute;tag&egrave;res enti&egrave;res de culottes Petit Bateau, davantage que dans le catalogue de La Redoute. Apparemment ils ne sautent que des mineures, &agrave; Tallinn ou ailleurs. Ca prouve bien que l&#39;argent pourrit tout. Mais c&#39;est compter sans <em>Millenium</em>. Jusque l&agrave;, tout est normal, on respire.</p>
<p>Mikael et Lisbeth se trouvent donc emport&eacute;s trois tomes durant dans un tourbillon crypto fasciste ou la droite haineuse appara&icirc;t enfin sous son vrai jour. Mais nos h&eacute;ros sociaux-d&eacute;mocrates triomphent. Lisbeth fait main basse sur la fortune colossale et mal gagn&eacute;e du plus m&eacute;chant des gros en p&eacute;n&eacute;trant le syst&egrave;me de sa banque. Mikael, de son c&ocirc;t&eacute;, p&eacute;n&egrave;tre Lisbeth et semble prendre enfin conscience de son sch&eacute;ma corporel. Enfin je crois.</p>
<p>Bref, sur presque deux-mille pages, on navigue de poncif en poncif mais, il faut bien le reconna&icirc;tre, avec passion tant les histoires sont bien construites, les personnages attachants et le myst&egrave;re nourri avec patience. L&#39;univers de r&eacute;f&eacute;rence de Stieg m&#39;a fait sourire, c&#39;est vrai, mais son talent de storyteller &eacute;tait exceptionnel.</p>
<p>Cette mort, comme beaucoup d&#39;autres, est un v&eacute;ritable scandale. Lisez Larsson&nbsp;!</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://charlesgancel.com/2008/01/19/millenium-first-bobo-polar/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>Dîner en Ville</title>
		<link>http://charlesgancel.com/2008/01/15/diner-en-ville/</link>
		<comments>http://charlesgancel.com/2008/01/15/diner-en-ville/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 15 Jan 2008 21:39:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Paté de Campagne]]></category>
<dc:subject>Paté de Campagne</dc:subject>
		<guid isPermaLink="false">http://charlesgancel.com/2008/01/15/diner-en-ville/</guid>
		<description><![CDATA[Local&#160;? National&#160;? Europ&#233;en&#160;? Plan&#233;taire&#160;? Galactique&#160;? Universel&#160;? Eschatologique&#160;? Depuis deux mois la presse chauffe la salle en &#233;voquant le &#171;&#160;Test des Municipales&#160;&#187; et s&#39;&#233;tonne aujourd&#39;hui de ce que Sarkozy &#171;&#160;politise&#160;&#187; un enjeu qui bient&#244;t n&#39;aura de local que le r&#233;sultat&#8230; C&#39;est-&#224;-dire, en fin de compte, le plus important. En d&#39;autres termes, mars 2008 sera la sanction [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://charlesgancel.com/wp-content/uploads/2008/01/riches_heures.jpg" alt="riches_heures.jpg" width="273" height="421" align="left" />Local&nbsp;? National&nbsp;? Europ&eacute;en&nbsp;? Plan&eacute;taire&nbsp;? Galactique&nbsp;? Universel&nbsp;? Eschatologique&nbsp;? Depuis deux mois la presse chauffe la salle en &eacute;voquant le &laquo;&nbsp;Test des Municipales&nbsp;&raquo; et s&#39;&eacute;tonne aujourd&#39;hui de ce que <strong>Sarkozy</strong> &laquo;&nbsp;politise&nbsp;&raquo; un enjeu qui bient&ocirc;t n&#39;aura de local que le r&eacute;sultat&#8230; C&#39;est-&agrave;-dire, en fin de compte, le plus important. En d&#39;autres termes, mars 2008 sera la sanction du quinquennat. Tout s&#39;acc&eacute;l&egrave;re.
<p>Les municipales seront donc un test national et l&#39;argumentaire en sera, en parall&egrave;le &agrave; la vague r&eacute;formatrice, une nouvelle <em>politique de la ville</em> dont, sauf conflit majeur avec la cheffe, <strong>Fadela</strong> sera le porte-parole d&#39;ouverture. Enjeu national, donc, c&#39;est maintenant &eacute;tabli, avec ce qu&#39;il faut de pertes ou de gains potentiels.</p>
<p>Le risque&nbsp;pour le pr&eacute;sident&nbsp;? De voir, non pas sa politique, mais son style &eacute;m&eacute;ch&eacute; sanctionn&eacute;. L&#39;&eacute;lectorat semble en effet agac&eacute; par des comportements disons, inhabituels, dans l&#39;exercice de la fonction. <strong>Pompidou-Carla</strong>, &ccedil;a aurait moins bien fonctionn&eacute;. Enfin, je dis &ccedil;a, c&#39;est intuitif&#8230; &nbsp;Le Fran&ccedil;ais, bien qu&#39;il s&#39;en d&eacute;fende, reste malgr&eacute; tout un peu poujadiste, un peu chr&eacute;tien de gauche, peu flambeur, vivons cach&eacute;s, paysan, m&eacute;fiant du m&#39;as-tu-vu. Quant &agrave; sa rationalit&eacute; au moment du vote, 2005 a montr&eacute; qu&#39;il pouvait passer aux oubliettes une constitution europ&eacute;enne qu&#39;il avait &agrave; peine lue, simplement pour adresser &agrave; l&#39;&Eacute;lys&eacute;e un message de m&eacute;contentement&#8230; Un vol en Falcon vaut-il Bordeaux ou Marseille&nbsp;? Paris vaut-il une fesse (pardon&#8230;). On peut tout craindre, le pire en particulier.</p>
<p>Le risque pour le PS&nbsp;? En politisant au plan national, <strong>Sarkozy</strong> contraint la gauche, et le PS en particulier, &agrave; inscrire sa campagne non seulement dans un cadre politique g&eacute;n&eacute;ral - et donc au c&oelig;ur du d&eacute;bat id&eacute;ologique qui l&#39;entrave aujourd&#39;hui -, mais encore dans la guerre feutr&eacute;e, polie, souriante que se livrent les chefs pour la prise de contr&ocirc;le d&#39;un appareil moyennement solidaire et le leadership de militants d&eacute;boussol&eacute;s et exc&eacute;d&eacute;s. En tout cas ceux qui restent. Or qui, aujourd&#39;hui, peut parler au plan national des positions du PS&nbsp;? Personne. L&#39;affaire de la ratification du mini-trait&eacute; vaut pour <em>run-test </em>du bordel qui pr&eacute;side au d&eacute;bat. Et c&#39;est donc sur l&#39;&eacute;vidence du vide, sur la division et sur l&#39;obsolescence id&eacute;ologique que s&#39;&eacute;panouiront les conflits de personnes et que se feront les ralliements futurs. Beau programme. Pour la droite.</p>
<p>Une fois encore, <strong>Sarkozy</strong> ne sera pas l&#39;int&eacute;grateur n&eacute;gatif qu&#39;on a voulu construire en 2007 avec le TSS puisque, pr&eacute;cis&eacute;ment, le PS se divisera au pr&eacute;alable pour savoir qui de ses hi&eacute;rarques serait seul en position de gagner contre lui en 2012. Le mot d&#39;ordre n&#39;est plus &laquo;&nbsp;<em>Tous contre Sarko</em>&nbsp;&raquo; mais &laquo;&nbsp;<em>Qui contre Sarko</em>&nbsp;?&nbsp;&raquo; ou, pire, qui est la &laquo;&nbsp;<em>Seule personne qui peut battre Sarko en 2012</em>&nbsp;&raquo;. D&eacute;j&agrave; vu. <strong>S&eacute;gol&egrave;ne</strong> a beau d&eacute;clarer que 2012 n&#39;est pas le probl&egrave;me, qu&#39;elle n&#39;y pense pas - pas m&ecirc;me en se rasant le matin - on sait pourtant depuis le 6 mai au soir qu&#39;elle s&#39;est engag&eacute;e &agrave; emmener la gauche vers d&#39;autres victoires. Quant &agrave; la mairie de Paris, on la sait &eacute;galement un bon marchepied.<br /> En ajoutant &agrave; cela le quadruple salto du Modem et la politique d&#39;ouverture, on y voit d&#39;un coup beaucoup plus clair&#8230;</p>
<p>Mais deux choses en particulier sont nouvelles et int&eacute;ressantes dans ces municipales.<br /> Tout d&#39;abord, nous verrons si l&#39;exp&eacute;rience accumul&eacute;e pendant la campagne pr&eacute;sidentielle par <strong>D&eacute;sir d&#39;Avenir</strong> va payer aux municipales. Autrement dit, l&#39;organisation au plan national des d&eacute;bats participatifs - qui &agrave; l&#39;&eacute;poque en ont fait rire plus d&#39;un -&nbsp; prend tout son sens au plan local. Or le r&eacute;seau existe et l&#39;exp&eacute;rience est r&eacute;cente et disponible. Il se pourrait bien que soit l&agrave; un avantage d&eacute;terminant pour <strong>S&eacute;gol&egrave;ne Royal</strong> et qu&#39;elle tire enfin profit d&#39;une op&eacute;ration peu cr&eacute;dible et peu rentable en 2007. <strong>Bertrand Delano&euml; </strong>a beau arguer qu&#39;il n&#39;a pas attendu l&#39;an pass&eacute; pour exercer la d&eacute;mocratie locale et participative &agrave; Paris, qui donc s&#39;y int&eacute;resse &agrave; Nogent-le-Rotrou&nbsp;?&nbsp; Si la m&eacute;thode <strong>Royal</strong> est valid&eacute;e par un succ&egrave;s municipal, nombre d&#39;&eacute;lus socialistes seront &agrave; ses c&ocirc;t&eacute;s quand il s&#39;agira de se choisir un leader, au congr&egrave;s. L&#39;UMP, de son c&ocirc;t&eacute;, excelle dans le show triomphant. Mais pour le reste, j&#39;ai en t&ecirc;te les images path&eacute;tiques du d&eacute;bat participatif de contre-attaque organis&eacute; par MAM en 2007&#8230;</p>
<p>Enfin, je me demande si, &agrave; l&#39;instar de ce qui a &eacute;t&eacute; r&eacute;v&eacute;l&eacute; en 2007 au plan national, une blogosph&egrave;re de proximit&eacute; citoyenne &eacute;mergera et quel sera son influence. Apr&egrave;s tout le cyber-communautarisme local existe d&eacute;j&agrave; et pourrait bien avoir un impact beaucoup plus d&eacute;terminant dans l&#39;espace born&eacute; de la ville. Or la blogosph&egrave;re est, pour beaucoup de raisons, davantage un levier de gauche.</p>
<p><em>Vignette&nbsp;: Les tr&egrave;s riches heures du duc de Berry&nbsp;;&nbsp; Les fr&egrave;res Limbourg&nbsp;; Vers 1416</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://charlesgancel.com/2008/01/15/diner-en-ville/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
	</channel>
</rss>
