les oeufs

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Arachnée 

bouquin.jpgOn ne peut pas prédire les comportements d'une araignée. Tout est inscrit dans les gestes, dans la posture de la victime. C'est elle au fond qui règle le ballet, qui écrit les séquences du drame, de sa propre mise à mort. L'araignée attend un mouvement, une sorte de confirmation de sa proie. Tant que le criquet ne bouge pas, elle se méfie, bien qu'elle voie, elle ne sait pas trop à quoi elle a à faire. Mais lorsqu'il se débat dans la toile et cherche à s'échapper, elle interprète les secousses, elle reconnaît sa victime et sait qu'elle peut attaquer sans risque. Alors, mais seulement alors, vous verrez, elle tuera. C'est un geste très rapide, brutal, impressionnant, il vous faudra des réflexes. Et des nerfs. C'est une mise à mort très codée, très systématique, toujours la même, avec toujours la même violence…

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La Saillie

bouquin.jpgLorsqu'on l'amène, l'étalon est un fauve. Un fauve debout. Une folie meurtrière accrochée aux prunelles, il est incontrôlable; arc-bouté à un tord-nez, le palefrenier le plus lourd le maîtrise à peine. L'encolure est ronde, les oreilles droites, les naseaux immenses, les muscles frémissent, la croupe est déjà basse, prête à soulever ce corps de brute, le cheval est comme s'il avait avalé du plomb fondu, comme s'il brûlait de l'intérieur. Il piaffe, le vacarme des sabots sur la dalle couvre les cris des hommes et le claquement des longes. On approche, il est dément, il sent la jument, la sait à quelques mètres, préparée, sanglée, il n'existe plus que pour cette croupe ronde et noire qui se dessine dans la pénombre du box, cette encolure gainée de cuir qu'il va mordre à pleines dents. Imaginez, imaginez un percheron dans cet état, une tonne d'os et de muscles au paroxysme du désir, et cette verge ahurissante qui bat, gonflée de sang sous la peau violacée. Et puis c'est la saillie, l'étalon soudain debout, les antérieurs qui accrochent la croupe, puis le dos, les dents qui claquent sur le garrot de la jument, un regard de tueur… La jument, n'en parlons même pas, elle n'est qu'un objet noyé de peur, un prétexte soumis, offert à cette lame écumante qui la submerge, la bouscule, la pénètre…   

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